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www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre
4523 lectures / 5 commentaires26 octobre 2009, 12 h 34
Image au microscope de ReduviasporonitesD'après une nouvelle étude internationale publiée dans la revue Geology, la destruction en masse des forêts de la planète il y a plus de 250 millions d'années serait à l'origine d'une explosion fongique. Les chercheurs expliquent que des microorganismes, appelés Reduviasporonites, ont émergé et proliféré sur la surface de la planète suite à une extinction massive.
Les chercheurs de l'Imperial College de Londres (Royaume-Uni) ont évalué les contenus de carbone et d'azote des restes fossilisés de Reduviasporonites. L'analyse a révélé que la composition chimique était spécifique à une espèce de champignon se nourrissant de bois mort.
Les chercheurs britanniques, néerlandais et américains ont utilisé des équipements très sensibles (conçus notamment pour détecter les grains interstellaires dans les météorites) afin d'examiner de plus près la signature géochimique des Reduviasporonites. Ils ont comparé les résultats à ceux obtenus sur des espèces modernes de champignons et ont découvert que les Reduviasporonites et les champignons actuels possédaient des caractéristiques chimiques semblables.
Leurs observations ont confirmé les incertitudes antérieures des chercheurs: s'agissait-il de champignons ou d'algues ? «La chimie organique, les isotopes de carbone et d'azote, et les taux de carbone/azote confirment l'origine fongique», expliquent les auteurs de l'étude.
Leurs résultats écartent définitivement la théorie de la chute d'un astéroïde qui serait probablement à l'origine de la vague d'extinction ayant touché Pangée, le supercontinent qui rassemblait la totalité des terres émergées à l'époque du Paléozoïque et du Mésozoïque.
«Ce [champignon] était une espèce destructrice et a sans doute apprécié ce phénomène de destruction bien plus qu'il ne le fallait», explique Mark Sephton du Centre de recherche sur les impacts et les astromatériaux de l'Imperial College de Londres. «Il s'est répandu sur toute la surface du globe.»
Selon les chercheurs, les fossiles de Reduviasporonites indiquent des chaînes de cellules microscopiques, un signe que ces microorganismes se sont développés au cours du Permien-Trias, période considérée comme la plus catastrophique de toute l'histoire de la planète. Près de 96% de la vie marine et 70% de la vie terrestre ont disparu de la surface de la Terre pendant cette période. Les données montrent que le continent avait été touché par des vagues de lave basaltique (roche volcanique noire et solide, formée à partir de la lave liquide) provenant de l'actuelle Sibérie, en Russie.
Les résultats de l'étude suggèrent que la végétation de Pangée avait été totalement détruite suite à l'extinction de masse. Les données géologiques indiquent également que la population de Reduviasporonites s'est propagée à travers tout le supercontinent Pangée vers la fin du Permien.
«Notre étude indique qu'aucune plante ou vie animale n'a pu échapper à l'impact de cette catastrophe planétaire», explique le Professeur Sephton. «Le plus ironique est que les conditions les plus défavorables pour les plantes et les animaux se sont révélées être les meilleures pour Reduviasporonites.»
Les chercheurs supposent que la lave basaltique a libéré des gaz toxiques qui ont «étouffé» l'atmosphère. Ces gaz sont parvenus à générer des pluies acides qui ont affecté la couche d'ozone. Enfin, la destruction totale des forêts a favorisé la croissance de ces microorganismes, qui se nourrissaient de la végétation en décomposition.
L'étape suivante pour les chercheurs consistera à effectuer davantage de comparaisons entre Reduviasporonites et leurs éventuels homologues chez les espèces modernes de champignons. Ils pensent que leurs travaux permettront d'approfondir nos connaissances concernant la manière dont vivaient ces organismes primitifs.
Sephton, M.A., et al. (2009) Chemical constitution of a Permian-Triassic disaster species. Geology, 37:875. DOI:10.1130/G30096A.1.
Forum de discussions sur les catastrophes naturelles
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
kevin montceau les mines - 24/10/2009, 03:18
une espèce disparait une autre apparait...
c logique que lorsqu'une espèce s'éteint cela favorise la prolifération d'une autre...
quand au faite que reduviasporonite est proliféré sur dans des conditions de vie extrême prouve encore une fois que la vie trouve toujours sont chemin et peut subsister dans des conditions environnantes totalement différentes de celles dont nous avons besoins...alors posez cette question:qu'est-ce qui empeche a la vie de se manifester sur d'autre palnète dont l'environement et les conditions sont totalement différentes de celles de la Terre?...
Bernard, Louveciennes - 26/10/2009, 11:40
D'où l'auteur de l'article ci-dessus tire-t-il ses renseignements? L'article de Geology, que je viens de lire, n'aboutit qu'à la conclusion suivante: les composés chimiques restants de Reducianosporites n'excluent pas qu'il soit un champignon, alors que des travaux précédents avaient conclu qu'il ne pouvait s'agir que d'une algue.
Rien à propos des trapps de Sibérie, ni de la chute d'un astéroïde qui, dans les deux cas, auraient facilité la prolifération de Reduvianosporites. Est-ce que l'auteur de l'article pourrait nous indiquer d'où viennent ses affirmations? Les causes de l'événement de la limite Permien-Trias sont en pleines discussions actuellement et rien n'est vraiment sûr dans tout ce qui a été proposé.
Christophe Magdelaine - 26/10/2009, 12:37
@ Bernard, Louvecienne : je viens d'ajouter la source (Imperial College London) qui a inspiré cet article. Vous trouverez ainsi mention de l'extinction de masse.
Bastien - 26/10/2009, 16:45
Pourquoi aujourd'hui ne vois t on pas d'autres espèces dérivées de nos animaux actuels et remplacer ceux qui sont en voie d'extinction ? parce que le système de l'ADN est vérouillé. Scientifiquement il est impossible à une espèce de donner naissance à une autre espèce
Si 96 % vie marine et 70 % vie terrestre ont disparu, saurait dù rester en l'état
Bernard, Louveciennes - 02/11/2009, 10:45
Christophe Magdelaine,
ce n'est donc qu'une opinion, à prendre comme telle, tant qu'elle n'a pas été publiée.
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