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5661 lectures / 2 commentaires21 octobre 2009, 11 h 13
Près de deux cent jeunes sont employés aujourd'hui par onze équipes de projet pour débarrasser 300 000 habitants de Libreville de leurs orduresLes habitants des quartiers défavorisés de Libreville, au Gabon, ne se retournent plus au passage des hommes et femmes vêtus de combinaisons, de bottes et de masques de protection qui sont apparus il y a quelques années. Ces derniers poussent des brouettes chargées de sacs poubelles à travers les ruelles de la capitale.
Ils sont désormais familiers des "précollecteurs" qui participent à l'amélioration de leurs conditions de vie et à l'assainissement de la ville en collectant les ordures ménagères dans les zones très difficiles d'accès pour les sociétés conventionnelles de ramassage.
La question de la gestion des ordures ménagères est un véritable problème environnemental et de santé publique dans la capitale gabonaise. Pour y faire face, le PNUD, en partenariat avec la mairie de Libreville et le service d'hygiène du ministère de la santé publique a mis en œuvre le projet "Gestion urbaine partagée des déchets solides" qui s'appuie sur le Programme national de maîtrise des déchets. Il permet de mettre en œuvre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) grâce au renforcement de la lutte contre la pauvreté, à l'amélioration des conditions d'hygiène publique et de santé primaire et à l'assainissement de l'environnement.
Son impact est également positif sur le plan économique car il contribue à la résorption du chômage chez les jeunes, lesquels représentent près de 48% de la population.
La collecte des déchets par les sociétés de ramassage ne répondait pas entièrement aux besoins des populations. Elle ne bénéficie en effet qu'à 38% des familles. La collecte est sélective, orientée essentiellement vers les quartiers résidentiels et du centre-ville (taux de collecte de 80%), au détriment des quartiers défavorisés (taux de collecte de 6%), faute de voies de communication.
Ainsi, il est indispensable, en milieu urbain, de développer les précollectes dans les meilleures conditions possibles de proximité et de partenariat avec les usagers. L'objectif est de faire passer le nombre de ménages concernés par le ramassage des déchets de 40 à 80 % en cinq ans et de développer les mesures d'incitation, d'information et de sensibilisation.
L'approche stratégique du projet place les populations concernées au centre du mécanisme proposé. Ainsi, ce sont les jeunes issus des quartiers pauvres qui sont recrutés. Ils reçoivent des formations en gestion des déchets, en gestion administrative et financière et en approche participative avant d'être regroupés au sein d'équipes de projet. Au-delà de ces acquis , ils sont encouragés à sensibiliser les ménages qui souscrivent à ces prestations de précollecte sur le bien fondé d'avoir un environnement salubre.
Près de deux cent jeunes sont employés aujourd'hui par onze équipes de projet pour débarrasser quotidiennement les 300 000 habitants des onze quartiers sélectionnés, de leurs ordures ménagères. Les clients paient 5000 F CFA par mois (moins de 10 dollars) pour ces services. Ainsi, les jeunes ont fait de cette activité un métier avec l'ambition de devenir, à terme, des groupes organisés ayant un statut institutionnel et juridique leur permettant d'évoluer comme de vrais opérateurs économiques.
Au fil du temps, beaucoup de ces jeunes ont vu leur situation économique et sociale s'améliorer avec une augmentation de leur pouvoir d'achat. « Depuis mon recrutement, j'arrive, désormais, à satisfaire mes besoins immédiats, » dit un jeune précollecteur. « Je ne harcèle plus ma famille ». « Ma fiancée et moi-même mettons de l'argent de côté pour nous marier. Nous sommes tous deux précollecteurs et nous faisons des projets à long terme » a annoncé un autre précollecteur, responsable de son équipe de projet.
Leur engagement sur le terrain et les différentes évaluations du projet, dont les résultats ont été jugés positifs, ont amené les autorités locales à les impliquer dans l'élaboration de certains plans d'action municipaux, tout en leur confiant divers travaux d'assainissement tels le curage des caniveaux, le balayage des rues et des marchés, et le débroussaillage des espaces verts.
Les populations bénéficiaires ne cachent pas leur satisfaction. « Depuis que je suis abonnée à ces prestations, ma concession est propre. Les ordures ménagères ne s'entassent plus et cela a convaincu mes voisins qui, eux aussi, ont fini par prendre un abonnement auprès de ces jeunes. Nous sommes très satisfaits aujourd'hui car notre environnement est devenu salubre » a déclaré une femme au foyer.
Le projet « Gestion urbaine partagée des déchets solides » devrait, selon les autorités municipales, être dupliqué à une plus grande échelle. A la création d'emplois chez ces nombreux jeunes s'est ajoutée l'autonomisation des premières équipes de projet qui fonctionnent désormais comme des petites et moyennes entreprises.
Forum de discussions sur la gestion des déchets
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Docteur Michel ODIKA - 03/03/2010, 17:13
Reconnaissons d'emblée un fait observable et vérifiable sur le terrain: la gestion des déchets, au Gabon comme ailleurs (notamment dans mon pays, le Congo-Brazzaville), n'a pas d'autre choix que celui, inéluctable, d'évoluer. D'où la nécessité, cruciale et vitale, d'aborder le sujet en ayant recours à trois interrogations indissociables et convergentes, ainsi formulées:
1) Que pouvons-nous savoir?
2) Que devons-nous faire?
3) Que sommes-nous en droit d'espérer?
Ce qu'il faut savoir...
En tant qu'enjeu de société et de citoyenneté, la gestion des déchets se révèle être une thématique, autant écologique qu'économique, inscrite dans une dynamique environnementale, dont la problématique est globale et mondiale (voir http://www.gouv.ci/actualite_politique.php?recordID=592).
Ce qu'il faut faire...
Toute la question consiste à adopter et à adapter le modèle le plus adéquat possible, afin de concilier:
1) une réglementation transparente et une organisation cohérente;
2) les services intégrés - ou maillons d'une même chaîne - que sont la collecte, le tri sélectif, l'évacuation, mais aussi, inclus dans le traitement, la récupération, le recyclage et la destruction par incinération;
3) les impératifs de sécurité environnementale, de santé publique, de cohésion sociale, ainsi que de prospérité économique et de rentabilité financière.
Ce qu'il faut espérer...
A ce stade de nos analyses et réflexions, la gestion optimisée et sécurisée des déchets, selon une approche globale et innovante, constitue une opportunité de valorisation de notre capital environnmental. Ce qui en fait par excellence, non seulement un gage de modernité et de modernisation, mais également, plus qu'un simple outil, un atout au service du développement durable et équitable...
Tout compte fait, l'heure d'un nouveau modèle de gestion des déchets a - c'est peu dire - sonné. Souvenons-nous en, et l'Ecclésiaste en témoigne: "Il y a un temps pour toute chose et un jugement sur toute œuvre". Ainsi de notre sujet d'actualité, sujet dont l'Histoire, le moment venu, se chargera d'apprécier à sa juste valeur ce que nous pouvons, et devons, en faire. Maintenant. Oui, autant le rappeler quitte à le marteler, MAINTENANT, le présent n'étant rien d'autre que le moment, fatidique, de choisir et de décider...
Cordialement,
Docteur Michel ODIKA
NSONG EKANGO Séverin de Yaoundé - 24/02/2011, 21:58
ceci est une bonne initiative, je suis fier de savoir que cette initiative gagne l'Afrique. je suis l'actuel manager du GROUPE GREEN INNOVATION (GREENNOV), qui opère dans le même secteur d'activité dans la ville de Yaoundé. Depuis j'ai administré plusieurs projets de gestion des ordures dans la ville de Yaoundé. Loin d'être un refuge pour les désespérés il est important de se structurer en entreprise ou organisme communautaire dans l'optique d'assurer la pérennité. "HYSACAM, n'est pas né avec des grands contrats".Cependant les différents prestataire devraient respecter l'éthique du travail et non d'assainir un endroit pour aller un salir un autre. Vive l'Afrique positive...
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