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7715 lectures / 3 commentaires08 octobre 2009, 11 h 42
A la cantine, ce n'est pas souvent bio et bon...Selon le nouvel Observatoire national de la Bio en Restauration collective de l'Agence BIO, 36% des responsables des restaurants collectifs proposent des produits bio à leurs convives, ne serait-ce que de temps en temps. Un premier pas qui deviendra une obligation pour les restaurants collectifs d'Etat d'ici 2012 puisque le Grenelle de l'Environnement a fixé comme objectif d'y intégrer au minimum 20% de produits en bio d'ici 2012.
Pour faciliter le développement de l'agriculture biologique (Bio) en restauration collective, l'Agence BIO a lancé en février 2008 l'Observatoire national des produits biologiques en restauration collective. Début 2009, une étude approfondie a été confiée au cabinet Gressard en partenariat avec CSA pour mesurer plus précisément le niveau d'introduction des produits biologiques dans le secteur de la restauration collective à caractère social, les différentes voies retenues ainsi que les clés et perspectives de développement.
Les résultats de cette étude ont été dévoilés lors d'un déjeuner bio d'excellente qualité, le 1er octobre 2009 à l'école Grégoire-Ferrandi(1).
Cela fait près de 18 ans que le bio s'est invité dans la restauration collective comme le soulignait en ouverture du déjeuner Elisabeth Mercier, directrice de l'Agence BIO : "l'introduction de produits issus de l'agriculture biologique date de 1992 avec une première initiative enregistrée dans un établissement scolaire dans le Gard".
Actuellement, 15 millions de Français prennent chaque jour un repas hors de leur domicile(2), dont environ la moitié en restauration collective. Les comportements varient d'une région à l'autre : les habitants d'Ile de France et de Bretagne se distinguent en consommant le plus en collectivité, avec respectivement 56 et 54 repas par an et par habitant en moyenne. Au final, l'équivalent de 6 repas/an/habitant est pris en restauration dite d'Etat en France.
En 2007, selon les estimations de Gira Foodservice, 72 700 structures de restauration collective, publiques ou privées, ont distribué plus de 3 milliards de repas, soit 8 millions de repas chaque jour, répartis en trois secteurs principaux :
Ces secteurs ont totalisé 7 milliards d'euros HT d'achats alimentaires en 2007, dont 2,7 milliards de produits frais, 2,2 milliards de produits surgelés et 2,1 milliards de produits d'épicerie. Notons que 61% des établissements de restauration collective fonctionnent en gestion directe et 39% en gestion concédée à des sociétés spécialisées.
L'introduction des produits biologiques a pris un réel essor depuis 2006, accentué par les conclusions du Grenelle de l'Environnement et par la parution de la circulaire pour un Etat exemplaire.
Début 2009, les estimations issues de l'étude Gressard/CSA/Agence BIO(3) font apparaître que 36% des établissements de la restauration collective (soit 26 000 établissements environ) ont déclaré proposer des produits bio ne serait-ce que de temps en temps.
Parmi tous les établissements proposant des produits bio début 2009, 35% ont pris cette décision en 2008, 25% en 2007, 14% en 2006 et 26% avant 2006.
L'introduction est plus significative dans le secteur public (41% des établissements) que dans le privé (26% des établissements). Le secteur de l'enseignement est le plus concerné, avec 46% des établissements qui déclarent proposer des produits bio.
En 2008, les produits biologiques les plus introduits en restauration collective étaient, par ordre d'importance(4) :
Cette hiérarchie traduit la frilosité des gestionnaires de restauration collective qui considèrent encore le bio comme une source marginale d'apport alimentaire. En effet, les constituants principaux des plats (légumes, riz, pâtes, viandes) sont plus rarement représentés dans les offres des restaurants collectifs. Le bio reste encore cantonné à quelques fruits et produits laitiers par ailleurs déjà bien distribués dans les grandes surfaces.
Faut-il y voir aussi la faiblesse de l'offre pourtant en augmentation constante (5) ? A ce titre, Philippe Cabarat, président de la commission viande bio d'Interbev(6) précisait au déjeuner que des efforts étaient engagés pour convaincre et convertir les éleveurs de viande afin que la filière bio puisse répondre à la demande croissante, sans avoir à importer, le point noir du bio en France.
Récemment, une étude sur les conséquences de l'introduction du bio dans les cantines d'ici 2012 soulignait que le bio implique un surcoût de 10% à 45% en ce qui concerne l'achat des produits alimentaires(7). Un simple calcul montrait pourtant que le surcoût des denrées bio ramené au prix du repas n'est plus que de 2% vu le poids des dépenses annexes et la part restreinte du bio (20% d'ici 2012) dans le plateau repas.
Toutefois, selon l'étude Gressard/CSA/Agence BIO, 86 % des établissements ayant introduit des produits bio ont déclaré un surcoût de 23% en moyenne. La majorité des restaurants collectifs a cherché à le réduire principalement via la limitation du gaspillage, le remplacement de certains produits par d'autres moins coûteux et l'optimisation des coûts logistiques.
En effet, on constate facilement l'importance du gâchis alimentaire en restauration collective, que ce soit à cause d'une mauvaise gestion de la direction du restaurant collectif mais aussi des convives qui ont bien trop souvent les "yeux plus gros que le ventre" à cause notamment de prix parfois dérisoires(8).
Le baromètre CSA/Agence BIO 2008 « perception et consommation des produits biologiques » montre qu'un enfant sur quatre a déjà eu un repas avec des produits biologiques et que 78% des parents des enfants qui n'en ont jamais eu le souhaiteraient.
Les enfants sont l'objet de meilleures attentions que les adultes puisque le baromètre précise que 42% des Français se disent intéressés par des repas bio au restaurant et que seulement 38% des actifs souhaiteraient des produits bio dans leur restaurant d'entreprise.
Pourtant, force est de constater que la qualité gustative des aliments en restauration collective est souvent médiocre, le bio pourrait alors être un bon moyen de relever le niveau tout en diminuant par exemple les quantités servies pour éviter les surcoûts et un gaspillage manifeste.
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
gl.restauration Eymoutiers -
Bonjour,
C'est quand même triste qu' une loi doit passer pour que nos enfants puissent manger correctement et ce !
Que de temps en temps.
http://www.gl-restauration.com ,
Ma Cantine Bio -
Il y a de plus en plus de cantines scolaires qui introduisent le bio à la cantine.
Le bon moment pour mettre la pression est quand la commune renouvelle le contrat de gestion de la cuisine centrale avec un prestataire privé.
Pour en savoir plus:
http://macantinebio.wordpress.com/
André Molsheim -
Cette sensibilisation à une nourriture saine, en particulier en direction des enfants aura sûrement, outre les effets immédiats sur leur santé, sur notre santé à tous, des effets sur les méthodes de production agricole, pourra au delà susciter une réflexion sur la vente et la consommation de produits alimentaires (comportant des ingrédients absolument superflus) et enfin mettre un terme à la "malbouffe"
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