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Bientôt une taxe carbone européenne contre le réchauffement climatique ?

5169 lectures / 7 commentaires29 septembre 2009, 11 h 42

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Crédit : Commission européenne

La Commission européenne envisage l'imposition d'une taxe carbone sur les émissions de CO2 à l'échelle européenne dans des secteurs comme le transport ou l'agriculture, qui ne sont pas couverts actuellement par le système d'échange de permis européen pour le dioxyde de carbone, a appris EurActiv.

L’amendement proposé à la directive de 2003 sur la taxation de l’énergie obligerait les Etats membres à lever une taxe CO2 sur les carburants afin de réduire leurs émissions.

La Commission reconnaît que le cadre politique de l’UE a radicalement changé depuis l’adoption des législations existantes, qu’elle souhaite mettre en phase avec les ambitieux objectifs climatiques de l’Union.

La proposition est à l’agenda de la Commission depuis l’an dernier mais elle est restée bloquée dans des consultations internes, selon des sources se confiant à EurActiv. L’exécutif de l’UE se préoccupe de nouveau de cette question après que la présidence suédoise de l’UE ait pesé dans cette direction. De plus, la Commission espère que cela pourrait donner à l’UE un levier pour s’assurer d’un résultat ambitieux lors des négociations climatiques des Nations Unies en décembre.

Ce nouvel élément lié au CO2 est destiné à compléter une taxe générale sur la consommation énergétique permettant aux Etats membres de collecter des revenus. Cette dimension supplémentaire créerait des taxes CO2 nationales qui pourraient être fixées à un niveau plus important – mais pas moins important – que les niveaux spécifiés par l’exécutif européen.

Le projet suggère qu’un impôt minimum de 0,01 euro par kilogramme de CO2 pourrait être ajouté au prix de combustibles comme le gazoil, le kérosène ou le gaz naturel. Les carburants pour moteurs seraient taxés 0,01 euro ou 0,03 euro par kg/CO2, selon l’endroit où ils sont utilisés.

L’exécutif européen se réserve le droit de proposer des taux plus élevés dans l’hypothèse où l’UE déciderait d’augmenter son objectif de réduction d’émissions, actuellement de 20 % en dessous des niveaux de 1990 pour 2020. L’UE s’est engagée à aller jusqu’à 30 % si les autres pays industrialisés l’accompagnent dans le cadre d’un nouveau traité climatique qui doit être négocié en décembre.

Les Etats membres devront appliquer ces taxes CO2 à partir de 2013, selon le projet de document.

Une taxe principalement pour le transport et l’agriculture

La Commission espère que cette réforme éliminera tous les chevauchements avec le système européen d’échange d’émissions (SCEQE - UE ETS), qui est le principal instrument de l’Union pour combattre le changement climatique. Elle a donc prévu d’étendre la portée de la directive sur la taxation énergétique révisée aux produits énergétiques qui tombent sous le coup de l’ETS mais qui sont exemptés de taxes relatives au CO2.

La directive amendée viserait notamment deux importants secteurs polluants, le transport et l’agriculture, qui étaient originellement exemptés de paiement pour leurs émissions. La Commission espère que la taxation de la teneur en CO2 des carburants apportera un signal prix approprié du CO2 dans le secteur du transport.

Les prix du carbone seront encore renforcés dans le cadre de la directive puisque les petites installations exclues du système d’échange devront payer pour le CO2 dans le cadre de leur consommation énergétique.

Promotion des biocarburants

La biomasse sera exemptée de la taxation du CO2 dans le cadre de la directive car elle est neutre en carbone lors de son utilisation finale, selon la Commission. De plus, les entreprises qui auront fait des investissements précoces dans les technologies pauvres en carbone obtiendront des exemptions transitionnelles, a-t-elle ajouté.

Cependant, l’industrie s’inquiète du fait qu’une politique promouvant les biocarburants au détriment de tous les autres carburants pourrait bouleverser le processus de développement technologique et les gains d’efficacité réalisés en termes d’utilisation des énergies fossiles. De plus, l’affirmation selon laquelle les biocarburants ne produisent pas de CO2 est remise en question par les experts, qui pointent du doigt la déforestation comme résultat des changements de l’utilisation des sols.

Nous devons veiller à ne pas bloquer les progrès des carburants alternatifs existants, a déclaré Paul Voss, conseiller en matière de politique européenne à l’Association européenne du GPL (AEGPL). Il a prévenu qu’une directive européenne promouvant les renouvelables serait plus appropriée après 2020, lorsque ces nouvelles sources d’énergie seront plus développées.

Mais dans les dix prochaines années, le GPL et le gaz naturel sont nos meilleures chances de réduire nos émissions dans les transports, selon M. Voss.

Soutien de plus en plus important

De nombreux Etats membres de l’UE ont compris les bénéfices qu’une taxation du carbone pourrait avoir en termes d’augmentation de leurs revenus et de contribution à la satisfaction de leurs objectifs d’émissions. La Finlande et la Suède ont été les premières à imposer une telle taxe sur les carburants au début des années 1990, avec des résultats encourageants en termes de réduction d’émissions (EurActiv 12/05/09).

Plus récemment, la France a mis en avant des projets visant à introduire une taxe carbone nationale, qui démarre à 17 euros par tonne de CO2.

Mais la Commission a déclaré que bien que ces taxes nationales pouvaient combler ou éviter les chevauchements entre l’ETS et l’actuelle directive taxation énergétique, elles ne pourraient pas résoudre les problèmes de distorsions à l’intérieur du marché intérieur. Elle a donc adopté le point de vue suivant : une taxe carbone harmonisée est nécessaire.

L’actuelle présidence tournante de l’UE, occupée par la Suède, a mis en avant cette question, mais certains Etats membres craignent qu’une telle taxe interfère avec leur discrétion budgétaire. D’autres se montrent anxieux quant à l’impact d’une augmentation des prix énergétiques sur leurs citoyens et leurs industries.

Le ministre d’Etat britannique pour l’Energie et le changement climatique, Joan Ruddock, a déclaré la semaine dernière au journal français Les Echos que son pays ne soutiendrait pas une taxe carbone harmonisée au niveau européen, expliquant que cela ne conviendrait pas au Royaume-Uni, où les taxes sont ciblées de manières spécifiques.

Surmonter les craintes des Etats membres

Le projet de la Commission cherche à répondre aux craintes des Etats membres en autorisant certaines exemptions. Les capitales nationales pourront continuer à exempter les ménages de taxation puisque les impacts de répartition varient d’un Etat membre à l’autre.

De plus, les Etats membres de l’Europe de l’Est seraient autorisés à introduire ces taxes carbone à un rythme plus lent, avec une période de transition qui s’étendrait jusqu’à 2021.

Malgré les faibles chances de voir une proposition de taxe carbone adoptée par les 27 Etats membres, qui ont seuls la compétence en matière de fiscalité directe, le soutien d’un nombre croissant de capitales augure d’une certaine forme d’arrangement.

Cela peut prendre du temps, mais la volonté politique existe pour y parvenir, a déclaré Christian Egenhofer, chargé de recherche au Centre for European Policy Studies (CEPS).

M. Egenhofer a expliqué que la législation pourrait être adoptée si la Commission la présentait dans le cadre de la disposition du traité de Nice relative à la coopération renforcée. Cela signifierait qu’un certain nombre d’Etats membres iraient de l’avant en matière de fiscalité si les autres ont la possibilité de les rejoindre par la suite.

Il existe un intérêt réel de la part d’un certain nombre d’Etats membres, a déclaré M. Egenhofer. Et je pense que dans ce contexte, cela pourrait passer, a-t-il ajouté. Mais de nombreuses parties intéressées sont moins optimistes, s’attendant à ce que la proposition soit enterrée une fois qu’il sera clair qu’elle ne passera pas le Conseil.

Contexte

Depuis le début des années 1990, on a connu plusieurs tentatives d’introduction d’une taxe carbone unique sur le territoire de l’Union.

Mais une taxe carbone européenne ne s’est jamais matérialisée, puisque des pays comme le Royaume-Uni ne souhaitaient pas transférer à Bruxelles leurs compétences nationales en matière de fiscalité. De plus, les Etats membres les plus affectés par la crise financière actuelle, notamment l’Espagne et l’Irlande, ont expliqué qu’ils seraient frappés plus durement par cette taxe que les Etats membres plus industrialisés.

En conséquence, l’UE a construit sa politique climatique autour d’un système d’échange d’émissions (SCEQE - EU ETS), qui oblige des importantes installations industrielles à acheter et vendre des permis de libérer du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Cependant, les défauts de l’ETS ont conduit à douter du potentiel de réduction des émissions de l’UE. Le trop-plein d’allocation de crédits de pollution au départ a entraîné un plongeon des prix du carbone, ce qui a amené à repenser le plafond de CO2 et baisser de 10 % les permis de CO2 par rapport à ce qui était prévu pour la période 2008-2012.

De plus, l’ETS n’inclut pas deux des principaux secteurs polluants, l’agriculture et le transport, qui pourraient être facilement couverts par une taxe carbone.

Dans une tentative de trouver davantage de moyens de réguler les émissions de carbone et de remplir les coffres de l’Etat, des pays initialement opposés à cette idée – et en particulier la France – sont maintenant engagés dans des débats nationaux sur une fiscalité du carbone au niveau national.

En savoir plus

Source

Bientôt une taxe carbone contre le réchauffement climatique ? - EurActiv.com

Auteur

EurActiv.com

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


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7 commentaires sur cette actualité

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commentaire HERBAIN a BERNES/SUR/OISE 95 - 29/09/2009, 12:36

c'est toujour le petit consomateur qui paye le plus alors
que c'est les industrielles qui pollu le plus il y a quelque
chose qui ne va pas

commentaire Hdrass Bourges - 29/09/2009, 16:47

Bientôt une taxe mondiale anti carbone ?

commentaire Jean-pierre Bertemes - 29/09/2009, 18:13

Herbain c' est surtout l' orthographe qui ne va pas ...

commentaire az - 03/10/2009, 17:16

à quand une taxe contre la délocalisation/l'importation ! produire et consommer localement ! pourvu que le pétrole soit de plus en plus cher pour faire augmenter le prix du transport et ainsi relocaliser la production !

commentaire Sartori, Pantin - 07/10/2009, 09:30

Les émissions de gaz à effet de serre ; dioxyde de carbone ou CO2, méthane etc… etc…
Ils viennent d'où ?
- La voiture ?
- Le chauffage ?
- La climatisation ?
- Les vaches et autres mammifères ?
- Les usines ?
- Les avions ?
- Les bateaux ?
- Les produits chimiques ?
Même ensemble ils ne représentent qu'une partie d'une pollution qui est aussi vieille que le monde.
Vous avez trouvé ?

Celle des Volcans !

Combien de tonnes rejettent-ils chaque jour à l'insu de leur plein gré ?
Ces volumes ne sont-ils pas rejetés de manières constantes ou aléatoires avec des pics plus ou moins effrayants ?

Pourrons-nous un jour les taxer, eux, aussi ?

commentaire HERBAIN a BERNES/SUR/OISE - 03/12/2009, 22:01

MON ORTHOGRAPHE NE VA PAS JAIS PAS ETE A L'ECOLE
TOUT LES JOURS NOUS DEVIONS ALLER AU CHAMPS
POUR VIVRE ET DES GENS COMME MOI ILS EN FAUT
POUR NOURIRE CEUX QUI ONS PU ALLER REGULIEREMENT A L'ECOLE CELUIS LA A PAS VU DE GURRE ET EN A PAS FAIT ?

commentaire DS Liège - 26/04/2010, 19:57

Le réchauffement climatique est dû à un cycle naturel qu'effectue le soleil par rapport à la Terre,alors qu'on essaie de nous faire payer une taxe pour financer leurs conneries. Je ne suis pas daccord. Le jour ou il y aura une grosse catastrophe naturelle ,les gros ont déjà une place prévue dans des abris qui sont conçus avec vos taxes! Mais vous ,vous n'y aurez aucune place, vous disparaitrez avec tout le reste,alors payez,oui allez-y payez les yeux fermé encore longtemps comme cela.

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