Le site de référence en environnement
et sciences de la Terre depuis 2001

rss
Envoyer cette page
Actualités  Lundi 21 mai
14h10 : visites

connexion Se connecter

Login (email)  
Mot de passe mémoriser
 
Devenir membreRetrouver vos identifiants

Plus que 11 jours pour gagner
3 tee-shirts en coton bio !

actu21 décembre 2012 : la fin du monde ?
actu"Il est déjà trop tard" : l'espèce humaine devrait s'éteindre ce siècle
actuDémographie : la vraie vérité qui dérange
actuUn nouveau "continent" de déchets a été découvert dans l'océan Atlantique Nord !
actuLes abeilles, témoins du bon état de notre environnement, disparaissent massivement
actuManger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé
actuLe pic pétrolier mondial : on doit s'y préparer dès maintenant !
actuLimiter l'augmentation de la température planétaire à 2 ºC n'est plus réalisable
actu7 milliards d'habitants sur Terre
actuLa perte de la biodiversité, c'est la perte de ressources essentielles pour la médecine

Sondage Mai 2012

Découvrez tous les évènements
sciences et nature près de chez vous !

www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre

Recevoir une alerte mail à chaque nouvelle actualitéLes actualités sur votre smartphoneFlux RSS

Il y a finalement de l'eau à la surface de la Lune !

6817 lectures / 4 commentaires27 septembre 2009, 11 h 03

La Terre et la LuneLa Terre et la Lune
Crédit : CICLOPS

Une équipe franco-américaine(1), à laquelle appartient Olivier Groussin, astronome au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (LAM : INSU-CNRS, Université de Provence, Observatoire Astronomique de Marseille Provence), a mis en évidence pour la première fois de façon non-ambigüe la présence d'eau à la surface de la Lune. L'eau est présente sur quasiment toute la surface de la Lune, en faible quantité. Cette découverte majeure bouleverse les scénari de formation de la Lune et ouvre de nouvelles perspectives scientifiques et techniques pour l'exploration du système solaire. Ce résultat est publié dans la revue Science du 25/09/2009.

La Lune, satellite naturel de la Terre, a très probablement eu une naissance violente lors d'un impact géant entre la Terre et un corps de la taille de Mars. Suivant ce scénario, la chaleur dégagée par l'impact aurait évaporé la quasi-totalité des matériaux volatils de la Lune, dont l'eau. Les échantillons lunaires ramenés par les missions Apollo (NASA) dans les années 60 et 70 ont semblé confirmer cette hypothèse puisque leur étude n'a pas montré la présence d'eau. La Lune est donc considérée comme sèche, sans eau, contrairement à la Terre.

La quête de l'eau sur la Lune ne s'est toutefois jamais arrêtée depuis les années 60. Dans les années 90, grâce à la sonde Clémentine (NASA/SDIO), les scientifiques pensaient avoir découvert de la glace d'eau au fond de certains cratères, situés dans les régions polaires et jamais exposés au Soleil ; cette découverte n'a cependant jamais été confirmée. En 2008, une équipe scientifique américaine de l'Université de Brown (Rhode Island) a ré-analysé les échantillons des missions Apollo et, grâce à des instruments d'analyse plus performants, a finalement détecté de l'eau dans certaines roches lunaires, en quantité infime (quelques centaines de particules par million). Mais toujours aucune trace d'eau en surface!

En juin 2009, la sonde spatiale EPOXI(2) de la NASA est passée à « seulement » 600 kilomètres de la Lune. Grâce à son spectromètre infrarouge proche, la sonde a pu observer la surface lunaire dans le domaine des longueurs d'onde infrarouge, en particulier autour de 3 microns où l'on peut détecter des bandes d'absorption caractéristiques de la molécule d'eau. Ces observations ont permis de mettre en évidence pour la première fois de l'eau à la surface de la Lune, de façon non-ambigüe. Une telle découverte est impossible à réaliser depuis la Terre puisque l'atmosphère terrestre, elle-même remplie d'eau, est opaque autour de 3 microns.

« Grâce aux observations de la sonde spatiale NASA/EPOXI, nous avons pu démontrer que l'eau est présente en faible quantité sur presque toute la surface de la Lune, à toutes les latitudes supérieures à 10 degrés » déclare Olivier Groussin, astronome au Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (INSU-CNRS, OAMP) et collaborateur scientifique à la mission NASA/EPOXI.

La quantité moyenne d'eau à la surface de la Lune serait inférieure à 0,5% de la masse des matériaux de surface. Les scientifiques ont aussi découvert qu'au cours d'une journée « lunaire », plus le Soleil est haut dans le ciel, moins il y a d'eau à la surface de la Lune. Il y a donc des variations au cours des journées lunaires, avec moins d'eau en surface lorsqu'il est midi que le matin ou le soir, lorsque le Soleil est bas sur l'horizon. De même, il y moins d'eau à la surface de la Lune près de l'équateur, que près des pôles aux latitudes élevées.

Illustration du vent solaire transportant les ions hydrogène H+. Un des scénarios possible pour expliquer l'hydratation de la surface de la Lune est que, durant la journée, quand la Lune est exposée au vent solaire, les ions hydrogène libèrent l'oxygène contenu dans les minéraux lunaires pour former des molécules OH et H2O (eau). A haute température (zones rouges/jaunes), plus de molécules OH et H2O sont libérées que retenues en surface. En revanche, lorsque la température diminue (zones vertes/bleues), les molécules OH et H2O s'accumulent en surface.
Université du Maryland/F.Merlin/McREL

«L'eau détectée à la surface de la Lune est de l'eau adsorbée (avec un d) », précise Olivier Groussin. L'adsorption physique est un phénomène spontané par lequel les molécules d'eau se fixent faiblement à la surface des particules de poussière lunaire. Ces molécules d'eau adsorbées peuvent donc facilement être arrachées des poussières de surface sur lesquelles elles se trouvent, par une simple élévation de la température par exemple. Ce sont donc des molécules très « mobiles », et leur concentration en surface peut varier au cours d'un jour lunaire. Le mécanisme responsable de ces variations n'est aujourd'hui pas bien compris mais pourrait être lié au vent solaire.

Cette découverte d'eau à la surface de la Lune est confirmée par deux autres instruments ayant effectué des observations similaires de la Lune mais à des instants différents: l'instrument M3 de la mission Indienne Chandrayaan 1 et l'instrument VIMS(3)de la mission Huygens-Cassini (ESA/NASA).

La découverte d'eau à la surface de la Lune ouvre de nouvelles perspectives scientifiques et techniques pour l'exploration du système solaire. Scientifiquement, cela nous oblige à revoir les modèles de formation et d'évolution thermique et chimique de la Lune, en incorporant la présence d'eau. Plus généralement, l'eau semble être présente dans tout le système solaire, depuis les régions glacées au-delà de Neptune jusqu'au plus près du Soleil, avec certains astéroïdes et maintenant la Lune. « Nous trouvons de l'eau dans tout le système solaire, même là où nous ne l'attendions pas il y a encore quelques années ! », déclare Olivier Groussin. Techniquement, cette découverte est aussi primordiale puisque l'eau est une ressource vitale pour l'homme. La présence de molécules d'eau à la surface de la Lune, même en faible quantité, renforce donc son rôle potentiel de base de départ pour les futurs vols habités, vers Mars notamment.

En savoir plus

Notes

(1) L'équipe scientifique est constituée de :

- O. Groussin, Laboratoire d'Astrophysique de Marseille (LAM/OAMP, INSU-CNRS, Université de Provence), France;
- J. M. Sunshine, T. L. Farnham, L. M. Feaga. F. Merlin et M. F. A'Hearn, Université du Maryland, Etats-Unis;
- R. E. Milliken, Jet Propulsion Laboratory, Etats-Unis.

(2) EPOXI est la prolongation de la mission Deep Impact de la NASA. Cette sonde a pour objectif le survol de la comète 103P/Hartley 2, qu'elle atteindra en novembre 2010.

(3) Spectromètre imageur visible et  infrarouge

Référence

« Temporal and spatial variability of adsorbed OH/H2O on the Moon as observed by the Deep Impact spacecraft ». Jessica M. Sunshine, Tony L. Farnham, Lori M. Feaga, Olivier Groussin, Frédéric Merlin, Ralph E. Milliken, Michael F. A'Hearn. Science 25/09/2009.

Liens

Forum de discussions sur les géosciences

Auteur

Institut national des sciences de l'univers

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

Sur le même sujet

Actualités

Dossiers

4 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar Robert CLEMENT - Richardménil (54) -

correction d'un bug :
La sonde EPOXI(2) n'est pas passée à 600 millions de km, mais à seulement 600 km de la lune.
NB: la distance terre-lune est voisine de 400 000 km, ce n'est pas la peine d'aller à 600 millions de km pour observer le satellite de la terre !

avatar Jp -BLOIS -

Un indice de plus : Est-ce que les "scintifiques" vont enfin admettrent qu'ils ne sont pas les seuls êtres "intelligents" de l'univers ? (Ce qui est une évidence pour beaucoup d'initiés). La vie est présente et trés propère, et nous sommes plutôt en retard...

avatar Christophe Magdelaine -

@ Robert CLEMENT - Richardménil (54) : merci pour votre coup d'oeil, je viens de corriger.

avatar ngoagounit@yahoo.fr -

je voudrais savoir si cette eau là a une source ou ça pourrai se disparaitre à la longue?

Votre nom et lieu de résidence :

Pour éviter les abus des robots spammeurs, merci de répondre à cette question :

Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

Votre commentaire :

Tout commentaire qui spam, flood, troll, est irrespectueux, choquant, incompréhensible (style SMS), religieusement ou politiquement trop engagé, non constructif ou qui a des visées publicitaires, sera immédiatement supprimé. Toute récidive entraînera le bannissement définitif du posteur.


Haut de page ^ Offres d'emploi et CV     Associations     Communiqués     Agenda     Partenaires     Soutenir le site

Page mise à jour le 27/09/2009   connectés© 2001-2012 notre-planete.info® v. 5.73 - tous droits réservés
notre-planete.info est un site indépendant qui informe et sensibilise objectivement sur l'environnement, l'écologie, les sciences de la Terre, la nature et le développement durable
Plan du site  |   Mentions légales  |   Presse  |   Publicité  |   Contact  |   Liens et logos