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4982 lectures / 5 commentaires02 septembre 2009, 11 h 56 - mise à jour : 02 septembre 2009, 17 h 04
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L'Afsset attire l'attention sur le dioxyde d'azote (NO2) émis par les véhicules diesel. Cet irritant respiratoire, typique de la pollution due au trafic routier, n'a pas diminué depuis le milieu des années 90 en situation de proximité au trafic routier et continue de poser des problèmes sanitaires en agglomération (exacerbation de l'asthme, irritations respiratoires...).
La réglementation européenne « EURO » sur les émissions des véhicules a pris du retard sur la maîtrise des émissions de NO2. Elle a fait une priorité de la lutte contre les polluants organiques et les particules. Elle fixe ainsi des contraintes sur les émissions de particules pour les véhicules diesel qui entraîneront une généralisation des filtres à particules dans les années à venir. En contrepartie, elle a négligé le NO2, qui n’est aujourd’hui comptabilisé qu’au sein d’un agrégat, les oxydes d’azote (NOx).
Selon les scénarios étudiés par l’Afsset, si rien n’est fait, l’application des normes EURO successives sur les émissions des véhicules ne produira pas d’effet significatif sur ce polluant d’ici à 2014 (entrée en vigueur d’EURO VI et EURO 6). Il faudra maintenant attendre 2014 et la sixième génération de norme EURO avec de nouvelles réductions à l’émission sur plusieurs polluants (hydrocarbures et NOx notamment) pour envisager de premiers effets bénéfiques.
Pour ne pas attendre plus longtemps, l’Afsset recommande de prendre dès maintenant les mesures suivantes pour contrer les émissions de NO2 par les véhicules diesel :
Retenir systématiquement le NO2 comme critère dans toutes les nouvelles réglementations sur les émissions de véhicules routiers, et non plus seulement l’agrégat « NOx totaux ».
En particulier, il conviendrait de mesurer le NO2 lors des tests sur les véhicules neufs (cycles d’homologation) et de le retenir comme un des critères de choix pour évaluer les performances des technologies moteur et de post traitement des émissions. En particulier, certains filtres à particules accroissent les émissions de NO2 ; les technologies de ces filtres évoluant rapidement, seules les plus performantes vis à vis du NO2 doivent être retenues par les industriels.
Une avancée sera faite à partir de 2014 avec la future norme Euro VI (poids lourds) qui impose la mesure des émissions de NO2 et qui laisse la possibilité de définir ultérieurement une valeur limite portant sur ces émissions. Cette avancée n’a pas été retenue par la norme EURO 6, son pendant pour véhicules légers qui entrera en vigueur également en 2014. L’Afsset regrette que cette possibilité n’ait pas été ouverte pour les véhicules légers et recommande de définir une valeur limite portant sur les émissions de NO2 des poids lourds (Euro VI).
Ne retenir que les filtres à particules les moins émissifs de NO2 lorsqu’ils sont installés sur les flottes captives de véhicules (bus, véhicules utilitaires, taxis, etc.).
Le nouveau « deuxième plan national santé environnement » encourage la mise en place de filtres à particules, par exemple sur des flottes captives. L’Afsset recommande de retenir le critère NO2 pour le choix des technologies de filtres. Ceci est d’autant plus important que la ville de Londres a effectivement mesuré une augmentation du NO2 dans l‘air à proximité du trafic entre 2002 et 2004 en lien avec l’installation de filtres à particules sur ses bus avec un choix de technologie de filtre défavorable.
Mettre en place un dispositif d’évaluation de l’efficacité des technologies de contrôle des émissions diesel (y compris filtres à particules, catalyseurs d’oxydation, technologies de contrôle des NOx) en s’appuyant sur les expériences de la Suisse, de l’Allemagne, de l’Autriche et des Etats-Unis. Un tel dispositif prendrait notamment en compte la réduction des particules, la réduction des NOx, la limitation des émissions de NO2 et la résistance dans le temps des performances des technologies.
Renforcer les connaissances dans le domaine de la toxicologie des émissions des véhicules diesels équipés de dispositifs de post-traitement. En particulier, il est préconisé de renforcer les travaux sur la toxicité des émissions considérées dans leur globalité (aérosols émis comprenant les phases gazeuse et particulaire).
Le dioxyde d’azote (NO2) est avec les particules fines un des indicateurs majeurs de la pollution atmosphérique. Ils sont tous deux associés au trafic routier dans les agglomérations. Le NO2 réagit en plus dans l’air des villes et contribue à la formation d’autres polluants, ozone et particules secondaires.
C’est un gaz oxydant puissant, qui pénètre facilement dans les poumons. A des concentrations dépassant 200 µg/m3 sur de courtes périodes, il provoque des irritations et des inflammations de l’appareil respiratoire et une augmentation de l’hyperréactivité bronchique chez les asthmatiques.
Il est ainsi soumis à un dispositif d’information et d’alerte en cas de pics de pollution (niveau d’information : 200 µg/m3 sur une heure ; niveau d’alerte : 400 µg/m3 sur une heure).
Dans l’air ambiant, les niveaux de NO2 ont eu tendance à stagner ou augmenter en proximité du trafic automobile depuis le milieu des années 1990. A l’heure actuelle, la valeur limite annuelle (40 µg/m3) n’est pas respectée sur de nombreux sites trafic, en particulier au sein de grandes agglomérations telles que Paris, Lyon, Marseille, Nice, Grenoble, Rouen.
C’est actuellement essentiellement dans le flux de circulation en agglomération et notamment à l’intérieur de l’habitacle de véhicules que des niveaux de NO2 les plus importants sont relevés (de 100 à plus de 500 µg/m3).
Ces niveaux peuvent tout à fait induire des effets toxiques sur le système respiratoire, en particulier pour les populations sensibles (asthmatiques notamment).
Le problème lié au NO2 est un effet secondaire indésirable des technologies de traitement des gaz d’échappement diesel (catalyseurs et certains filtres à particules catalysés). De nouvelles générations de ces technologies, encore en développement, pourraient notablement alléger cette contrepartie problématique sur le NO2. Il faudra cependant encore plusieurs années avant d’en percevoir les bénéfices sanitaires.
Les filtres à particules pour les moteurs diesel sont très efficaces sur les particules (abattement d’un facteur 100 à 1000 du nombre de particules émises). Mais les suies piégées dans le filtre doivent être régulièrement brûlées pour régénérer le filtre. Or la combustion des particules s’effectue vers 550°C et la température des gaz d’échappement est très inférieure et ne suffit pas. Des catalyseurs sont alors utilisés pour abaisser la température nécessaire à la combustion. A ce jour, deux technologies de filtres se répartissent le marché : les FAP catalysés(1) et les FAP additivés(2). Les technologies avec catalyseur d’oxydation entraînent globalement une augmentation
significative des émissions de NO2, sans pour autant modifier les émissions globales d’oxydes d’azote (NOx).
Les catalyseurs, rendus obligatoires en 1996 sur les véhicules diesel légers par la norme EURO 2, avaient déjà provoqué une augmentation des émissions de NO2. Aujourd’hui, avant même que les filtres à particules ne se généralisent plus sur les véhicules diesel, les émissions de NO2 des véhicules légers sont déjà le fait principal des véhicules diesel catalysés (sans filtre) d’Euro 2 à Euro 4 (voire Euro 5).
Une analyse du parc automobile montre que les perspectives de réduction des émissions de NO2 sont faibles pour les quelques années à venir. L’Afsset a testé plusieurs scénarios en fonction du taux de répartition des FAP additivés et catalysés parmi les parmi les véhicules diesel en équipés de FAP. Si le taux de pénétration des FAP additivés était de plus de 30%, les émissions de NO2 dues aux véhicules légers se réduiraient d’ici à 2014. Mais si ce taux était inférieur à 30% environ, alors les émissions augmenteraient à terme.
Ces travaux de l’Afsset ont été réalisés à la demande des ministères chargés de l’écologie, de la santé et du travail.
(1) Les FAP catalysés font appel à un catalyseur d’oxydation, placé en amont ou intégré dans le média du filtre, et dont l’une des
fonctions consiste à accroitre les concentrations de dioxyde d’azote (NO2), mettant ainsi à profit son pouvoir oxydant pour la
combustion des particules.
(2) Les FAP additivés, dont le catalyseur est incorporé dans le circuit carburant (ex : catalyseur à base de cérium), ne font pas
appel à une augmentation des concentrations de NO2 pour la combustion des suies.
Télécharger l´avis et le rapport de l´Afsset (6,7 Mo - août 2009)
Consulter la synthèse d´expertise collective
La pollution de l'air
Forum de discussions sur les transports
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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Papyboum-61 - 05/09/2009, 14:46
Cela fait des années que cet état est annoncé et rien est fait. Quand, les moteurs diesel seront-il interdits, en commençant par les voitures automobiles dont les propriétaires disent que leur voitures ne polluent pas !
aetos - 05/09/2009, 17:08
chaque année la pollution aérienne (transport, chauffage, industrie...) fait beaucoup plus de morts que les accidents de la route, mais on en parle pas !
André MOLSHEIM - 06/09/2009, 17:10
"une généralisation des filtres à particules dans les années à venir". Cette phrase reflète bien l'immobilisme des pouvoirs publics en matière de santé publique. La diésélisation du parc automobile français par le fait d'une moindre taxation de ce carburant est un scandale. Renault et les autres ont incité les gens à acheter des dci, hdi ... et continuent à le faire sous prétexte que ces moteurs là consomment moins, donc rejettent moins de GES. Les voitures diesel représentent aujourd'hui 74% du parc! L'essentiel de ces modèles n'est pas équipé de FAP mais bénéficie d'un bonus écologique! Cela défie l'entendement. Quand on sait que les particules fines, émises essentiellement par les motorisations diesel sans FAP, adorent nos globules rouges! La désinformation et/ou le manque d'information sur cette question n'a que trop duré. Combien de temps va-t-il falloir attendre avant que cette masse de véhicules diesel soit résorbée?
Et on s'aperçoit maintenant des effets néfastes du NO2, encore un rejet de la motorisation diesel. Mais attendons encore quelques années, n'est ce pas? Tous ces polluants ne tuent pas du jour au lendemain! Et puis, si l'on recherche de la documentation sur les biocarburants, le GNV et tout ce qui pourrait diminuer l'impact du transport routier sur la qualité de l'air et sur notre santé par conséquent, on peut chercher longtemps une information digne de ce nom et accessible à tous. Et pourtant, ça "urge".
SLIM ALGER - 15/09/2009, 09:41
ajoutez dans vos articles un autre moyen de lutte qu'est le transport ene commun, je serai curieux de lire une analyse de ce type de Transport commun versus le transport automobile en zone urbaine, pareiilelement le train versus pollution generée lors des trajet inetrvvilles etc...
imaginez la pollution due au transport s'il n'y avait pas le métro de paris et de tant d'autres villes.
gg - essonne - 19/01/2010, 11:18
Quand on voit l'inertie avant de pouvoir appliquer des lois comme Euro 6, il est plus qu'urgent de légiférer sur le NO2 pour forcer les constructeurs à trouver des solutions dès maintenant.
Peut-être qu'il serait plus efficace de taxer de manière égale l'essence et le diesel (quitte à reverser une partie des taxes aux transporteurs pendant quelques temps pour éviter la paralysie). Car avec un diesel plus cher que l'essence comme dans de nombreux pays, les gens seraient moins prompt à acheter des petites citadines diesels...
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