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19056 lectures / 4 commentaires16 juillet 2009, 17 h 23
Le requin n'a pas bonne réputation. Qui n'a tremblé devant cet animal souvent présenté par le cinéma comme un tueur sanguinaire ? Et ce ne sont pas les surfeurs et autres baigneurs qui subissent l'agressivité des requins qui diront le contraire. Mais qui des deux, l'homme ou le requin, représente le plus grand danger de menace de l'équilibre naturel ?
S’il est vrai que les requins se hasardent de plus en plus souvent près des côtes, ce n’est pas pour le plaisir de grignoter de l’humain. Non. N’en déplaise à la légende, les requins ne sont des dévoreurs d’hommes. Comme de nombreuses espèces animales, ils deviennent agressifs à cause des problèmes climatiques. Le changement de la température des courants océaniques oblige les animaux marins à s’engager dans des zones inconnues. Les bancs de poissons ayant modifié leurs circuits de migration, les requins les suivent tout naturellement. C’est ainsi que l’on retrouve des requins à des endroits inhabituels, provoquant inquiétude et panique.
Rappelons que les requins ont évolué durant près de 400 millions d’années, sans connaître de modifications majeures. Positionné au sommet de la chaîne alimentaire dans l’océan, le requin contribue à un équilibre car il participe à la survie d'autres espèces et à la régulation des populations marines. Il joue donc un rôle déterminant dans les écosystèmes marins. Mais ce prédateur terrifiant semble avoir trouvé plus méchant que lui : l’homme. Qui tue des dizaines de millions de requins par an. Intentionnellement – en le pêchant – ou accidentellement, dans le cadre de pêcheries industrielles. Une autre menace pèse sur l’espèce : l’intérêts des industries pharmaceutique et cosmétique, qui convoitent la chair et l’huile de foie de l’animal. Enfin, un phénomène nouveau amplifie la catastrophe et positionne l’homme comme prédateur sanguinaire du requin. En effet, pour satisfaire les papilles de riches consommateurs qui s’offrent une soupe d’ailerons de requins à prix d’or, les pêcheurs n’hésitent pas à trancher les ailerons de requins tout juste pêchés et hissés à bord, en les rejetant aussitôt à l'eau, vivants, mais se vidant de leur sang.
L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a répertorié plus d’une vingtaine d’espèces sérieusement menacée d’extinction. Les populations de requins de l’Atlantique Nord ont chuté de moitié au cours des 15 dernières années et certaines espèces côtoient le point de non-retour (source « Science » magazine). La Méditerranée n’est pas en reste puisque d’après une étude réalisée dans cette mer[1], il est apparu que plusieurs espèces vivant dans cet environnement étaient en voie de disparition, notamment le requin bleu, une espèce de requin renard, deux espèces de requins taupes communs et une espèce de requin marteau.
L’analyse[2] des livres de bord de nombreuses flottilles de pêche pendant 14 ans a mis en exergue une baisse considérable du nombre de requins tués lors de pêches au thon ou à l’espadon.
Prisonniers des filets des pêcheurs ou convoités pour leur intérêt financier, le requin-marteau, le grand requin blanc, le requin-tigre et le renard de mer n’en finissent pas de décliner. Par ailleurs, de nombreuses espèces juvéniles sont capturées et tuées, ce qui nuit gravement au renouvellement de leurs populations. Car il ne faut pas oublier que le requin se reproduit lentement. Comme l’homme, il lui faut du temps pour atteindre l’âge adulte et quand il atteint sa maturité sexuelle, il a peu de petits. Les gros requins ont en moyenne quatre petits par an, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche.
La disparition des populations de prédateurs menace sérieusement l’équilibre des écosystèmes. Malheureusement, certains pêcheurs n’ont toujours pas compris que les ressources naturelles ne sont pas inépuisables. Et le phénomène de pollution des eaux amplifie cette situation déjà dramatique. Face à ces données, l’impact sur les océans de la diminution du nombre de requins devient source d’inquiétudes. D’autant que les efforts internationaux pour protéger les espèces de requins sont insuffisants. Débat après débat, les actions tardent à être mises en place. Ainsi, en France, aucune mesure de protection n’a été prise. L’Union Européenne est encore avare en terme de limitation de captures de requins dans les eaux communautaires.
Pourtant, il suffirait de peu de choses... Certains requins migrent le long de voies données à des moments précis de l’année. En interdisant la pêche pendant ces périodes de migration, il serait possible de réduire les prises « accidentelles ». En établissant des zones d’interdiction de pêche à certains endroits de l’océan, les requins et autres poissons pourraient se reproduire en sécurité et reconstituer ainsi des réserves décentes.
Effectivement, il suffirait de peu de choses...
Jackie Péric-mercierLes opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
michele delpech couëron -
Il faut interdire la pêche sur toutes les mers, tous les océans, tous les lacs. Nous pouvons survivre sans les poissons sauvages. Par pitié, écoutez ses paroles sencées.
Florent Brest -
Interdire la pêche!!! Certained populations, c'est leurs seul gagne pain, leurs seules source d'alimentation, il faut voir au delà de son propre nez d'européen.
Nous autres, on veut du pas chers, mais pour les population, leur acheter du pas chers, les poussent à pecher plus pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaire.
Il faut continuer sur la voie du commerce équitable, le commerce responsable, acheter un peu plus chers, voir parfois moins chers que du produit industriel mais qui aide réélement les populations. Si ces populations on suffisament d'argent, elles n'iront pas exploiter ou plutôt détruire leur environnement. A partir de ce moment, le travail de maintient de quota pourra être réalisable.
Tout est de la faute du consommateur final, il veut du pas chers sans réfléchir parce que la société lui à retirer cette possibilité.
En ce qui concerne les Requins, avec les asiatiques qui rafolle de soupe à l'aileron de requin baignant dans un velouter de volaile pour que les clients y trouve du goût, sa va pas être simple de mettre tous le monde au pas!!
Stéphanie / France -
Article très intéressant mais comme toujours ce sont les éco-citoyens, déjà impliqués par l'environnement dans lequel ils vivent, qui lisent ce type d'article! Quand nos gouvernements prendront-ils leurs responsabilités? Quand les pêcheurs adopteront-ils une attitude plus respectueuse vis-à-vis de cette mer nourricière? Ainsi les vers de Baudelaire trouveront-ils toujours un échos décennies après décennies avec notre actualité?... Quand à l'interdiction de la pêche, je trouve cette conception assez radicale. Sous prétexte de conserver nos milieux marins, cela vaut-il le de manger (peut-on dire manger d'ailleurs) du poisson d'élevage bourré d'OGM, de farines animales, hormones et antibiotiques en tout genre?... Pour moi, la réponse est toute faite!...
Alice - Orléans -
En faisant mes courses hier à Auchan, j'ai vu qu'ils avaient affiché une pancarte mentionnant qu'ils ne vendaient pas de requin et en expliquaient les raisons.
Pour une entreprise certifiée 14001, je trouve cette démarche parfaitement en cohésion avec sa politique. D'autres magasins devraient prendre exemple...
Très bon article, instructif qui plus est.
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