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7624 lectures / 4 commentaires10 juillet 2009, 19 h 34
Vue panoramique de la réunion finale du sommet du G8 en ItalieLe sommet du G8, qui réunit les huit pays les plus puissants de la planète vient de s'achever sur un bilan une nouvelle fois mitigé quant aux objectifs politiques partagés pour atténuer et s'adapter aux changements climatiques en cours.
Le sommet du G8 s'est tenu du 8 au 10 juillet à L'Aquila, en Italie, dans la zone sinistrée par le terrible séisme du 6 avril 2009. Le G8 regroupe le Canada, la Russie, la France, l'Allemagne, le Japon, l'Italie, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
Cette rencontre des chefs d'état n'est que l'aboutissement d'un travail continu, mené toute l'année par les ministres et les hauts fonctionnaires. Des sujets majeurs ont été abordés comme la crise économique, la crise alimentaire et la lutte contre les changements climatiques. Sur ce dernier thème, afin d'impliquer le plus grand nombre possible de pays aux décisions de ce sommet, les pays émergents, les membres du Forum des Economies Majeures (MEF) (1) et des organisations internationales ont été conviées aux discussions.
Le G8 s'est accordé mercredi sur un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50% d'ici 2050 au niveau planétaire et de 80% pour les pays développés afin de contenir le réchauffement à moins de 2°C. Aucun objectif intermédiaire n'a été retenu contrairement à l'Union européenne qui s'est fixé une réduction de 20% d'ici 2020.
Notons que c'est la première fois que le G8 fixe officiellement cette limite de 2°C, seuil à partir duquel les scientifiques s'accordent sur la portée irréversible des dégâts. "Il n'avait pas été possible de l'inscrire dans les conclusions du sommet l'an dernier. C'est la première fois que le G8 se réfère à la cible des 2°C", a déclaré le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, qui a participé au sommet du G8 en tant que président en exercice du Conseil européen.
Un article récent(2) publié dans la revue Nature, fait le point sur tous les engagements nationaux actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les résultats sont catastrophiques. Dans le meilleur des cas, les politiques en cours de tous les pays aboutiraient à plus qu'un doublement des émissions mondiales en 2050... très loin de l'objectif minimal de -50% ! Cette projection alarmante relève à la fois l'urgence de décisions fortes et l'inertie irresponsable dans laquelle sont enlisés nos sociétés.
Au niveau financier, il est prévu de doubler fonds publics pour la recherche dans les technologies vertes. La toute récente Agence Internationale de l'Energie rappelle que les besoins d'investissements publics et privés sont de 300 milliards de dollars supplémentaires par an d’ici à 2020 pour l’énergie et que « beaucoup reste à faire ». A ce titre, la délégation indienne estime elle que les pays riches doivent d'abord définir un plan de financement pour aider les pays en développement à faire face aux conséquences déjà visibles du réchauffement (inondations, canicules, tempêtes, élévation du niveau des océans...).
Les dirigeants du MEF prennent acte du "point de vue de la science selon lequel l'augmentation de la température planétaire moyenne par rapport aux niveaux préindustriels ne saurait dépasser 2°C", sans toutefois se fixer d'objectif.
Cette absence d'engagement de la part des pays émergents n'est pas nouveau puisqu'ils considèrent, à juste titre, que les pays industrialisés sont les principaux responsables du réchauffement climatique en cours.
En effet, les pays du G8 représentent près de 62% des émissions de gaz à effet de serre de la planète émis entre 1900 et 2000. Actuellement, ce sont les pays industrialisés du Nord qui sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre avec toutefois une palme pour la Chine, qui vient de se hisser depuis 2007 devant les Etats-Unis pourtant responsables de près d'un tiers des émissions.
Pour autant, les émissions de CO2 des pays industrialisés devraient être divisées par 3 d'ici 2050 sous l'effet des évolutions technologiques et des contraintes politiques. Au contraire, les pays en voie de développement dont les populations vont doubler et se hisser aux niveaux de consommation des pays industrialisés, devraient multiplier par 6 leurs émissions de CO2 ! En 2050, leurs émissions seront alors 7 fois supérieures aux pays industrialisés...
Le MEF a ajouté que "cette réaction devra être respectueuse du caractère prioritaire du développement économique et social des pays en voie de développement" et "prévoir un bon équilibre dans l'attention accordée à l'atténuation (des émissions) et à l'adaptation (des économies)". Toutefois, ils se disent résolus à ne ménager aucun effort pour parvenir à un accord entre eux et avec les autres parties lors de la conférence de Copenhague, qui doit donner en décembre une suite au protocole de Kyoto (3) sur la lutte contre le réchauffement climatique : "nous oeuvrerons d'ici Copenhague (...) à identifier un objectif mondial pour une réduction marquée des émissions planétaires à l'horizon 2050".
Notons enfin l'absence du président chinois Hu Jintao, rentré à Pékin pour gérer les troubles ethniques au Xinjiang. Bien que représenté par son conseiller Dai Bingguo, cette absence a également pesé dans l'objectif des 50%. Un haut responsable européen à confié que "Nous l'évoquerons de nouveau au G20 (de septembre) lorsque la Chine sera là".
Le WWF déplore ces divergences et l'attitude de certains pays industrialisés qui ont tenté d'incriminer les économies émergentes quant à leur absence de progrès suffisants : "les dirigeants des nations riches ont échoué à prendre leurs responsabilités face au changement climatique", en réponse à la déclaration du président du Conseil italien Silvio Berlusconi : "Il ne serait pas productif que les pays européens, le Japon, les Etats-Unis et le Canada acceptent des réductions économiquement pénalisantes tandis que plus de cinq milliards d'habitants des autres pays continueraient comme avant".
Pourtant, "il y a des signes de bonne volonté qui, si ils perdurent, pourraient conduire à un accord. Nous sommes convaincus qu'un accord à Copenhague reste possible, c'est parfaitement faisable tant que la volonté politique est là" explique Kim Carstensen, chef de l'Initiative globale pour le climat du WWF.
Celui-ci a ajouté que "l'échec du MEF à accepter de diviser par deux les émissions de GES d'ici 2050 est un signe de méfiance entre les nations en développement et les nations développées".
De son côté, France Nature Environnement s'inquiète des moyens qui seront mis en oeuvre : "Les dirigeants se félicitent des progrès réalisés mais ceux-ci sont encore symboliques. L'année de référence pour les réductions d'émission n'est pas fixée avec précision ce qui enlève beaucoup de leur sens aux objectifs. Il n'est pas non plus fait mention d'objectifs intermédiaires à l'horizon 2020 : on déclare des ambitions, mais qu'en est-il des moyens de s'y tenir ?" s'interroge Arnaud Gossement, porte parole de France Nature Environnement.
En ce qui concerne les étapes intermédiaires, Nicolas Sarkozy a déclaré que "nous aurions souhaité que le G8 se donne un objectif intermédiaire comme l'Europe", mais cette absence devrait permettre à Barack Obama de négocier plus souplement son prochain plan de lutte contre le réchauffement climatique avec le Sénat.
Même si le G8 n'est pas parvenu à rassembler les grandes puissantes émergentes autour d'objectifs chiffrés, l'objectif de 50 à 80% pour les pays développés est une bonne ambition, espérons seulement que cette date trop éloignée ne soit pas une excuse pour continuer à laisser faire...
(1) Le FEM, créé à l'origine par les Etats-Unis, comprend les pays du G8 (Etats-Unis, Russie, Canada, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Japon), le G5 des grands émergents (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud), l'Australie, l'Indonésie et la Corée du Sud, ainsi que l'Union européenne et le Danemark.
(2) « Halfway to Copenhagen, no way to 2°C », J. Rogelj et al., in Nature Reports Climate Change, Vol 3, July 2009.
(3) Avec l'expiration du Protocole de Kyoto en 2012, la Convention des Nations Unies sur le changement climatique prépare d'importantes négociations pour donner suite aux réductions contraignantes des émissions en gaz à effet de serre. Ces négociations auront lieu à Copenhague à la fin de l'année.
Forum de discussions sur le changement climatique
Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés
Bertand à Villenave d'Ornon -
Vous passez sous silence les réactions du collectif "Sauvons le climat" ( celui des prix Nobel de physique) . Il prône,pour diminuer encore plus les émissions de CO2, de développer en France le nucléaire, en utilisant cette énergie à la disparition des chauffages à flamme, au développement de la voiture électrique, voire à la production d'hydrogène. Dans 30 ans, les surgénérateurs, dont l'expérimentation avait été stoppée par une écologiste convaincue, prendraient la relève comme énergie renouvelable ( quel gachis) .
En suivant le programme que vous décrivez, il est à peu près sûr qu'on sera loin des objectifs fixés, surtout pour La Chine, l'Inde, le Bresil...Mais en Europe , croyez vous que les Allemands respecteront les normes en construisant à tour de bras des centrales au charbon ( bien entendu ils réinjecteront le CO2 dans les anciens réservoirs d'hydrocarbure, inch Allah ......)
Prof C.E.Chitour Ecole Polytechnique Alger -
"La maison brûle et on regarde ailleurs !"
C'est par ces mots que l'ancien président Jacques Chirac caractérise les changements climatiques. Au delà de la "kermesse" des 3 jours du G8 qui a permit l'envoi dans l'atmosphère de quelques milliers de tonnes de CO2, il faut se poser la question pourquoi les pays émergents sont réticents à ces contraintes de 50 %. prenons le cas de l'Inde, voilà un pays de 1, 2 milliards de personnes qui consomme globalement 1 milliard de tep. Si on compte la biomasse de l'Inde profonde ( 75 %) qui a un effet nul sur l"éffet de serre du fait de la photosynthèse, il resterait 200 millions de tonnes soit 500 mllions de tonnes de CO2 moins que la France ou l'Italie pour une population 20 fis plus importante. Réduire donc de 50 % quelque chose de négligeable n'a pas de sens. En fait on ne peut empêcher les pays de la BRIC (Brésil Russie , Inde,Chine) de se développer . Ils sont dans une phase ascentionnelle.
Par ailleurs le premier ministre indien pour justifier son refus a fait appel à l'historique de la consommation des pas occidentaux depuis deux siècles. Nous avons fait un petit calcul uniqement pour le dernier quart de siècle (1960-2010) la consommation dénergie fossiles est d'environ 5 milliards de tep/an soit 250 milliards de tep qui ont généré 625 milliards de tonnes de CO2. 80 % de cette énergie soi 200 milliards de tep est à imputer aux pays développés ( 1 milliard d'individus) Les 20% restants (soit 5 milliards d'individus) se partagent 50 milliards de tep. Pour se mettr au niveau en toute rigueur des pays occidentaux, les PVD doivent en principe avoir le droit de "polluer" pour égaler les pays industrialisés à hauteur de 625 milliards de tonnes de CO2.
La plaète exploserait surement !!!
Que faut il faire ? Une étude américaine dédiée à la taxe carbone et publiée début juillet dans le PNAS parle d'inividualiser la consommation d'énergie. Partons de cela. Pour ne pas dépasser les 2°C, il est probable que la consommation mondiale ne devrait pas dépasser les 2tep/hab /an ( en énergie carbonée soit 13 milliards de tep/hab/an et 16 milliards en 2030. l'effort serait à faire par les pays industrialisés qui tourneraient le dos aux énergies fossiles. Ils passeraient de l'ébriété énergétique à la sobriété énergétiqueLes pays en développement pourraient continuer leur développement en prenant "un autre chemin" que celui des énergies fossiles ; les énergies renouvelables (solaire ,éolien,..) les énergies du futur en améliorant aussi l'intensité énergétique. Ce monde serait alors vivable. Nous l'appelons de nos veoux . Si Dieu le veut. In chaa Allah...
lavoisier -
extraordinaire ces politiques
objectifs pas de probléme, un pettit discours de kermess suffit
comment faire, autre problème pour ne pas heurter l'opinion publique sur certaines réalités
si on laisse le bébé au prochain mandat
comme le surendettement, le réchauffement climatique et les déficits à gogo et autres
pauvres générations du futur
peut être que cela peut marcher éternellement
la preuve la SS
qui a déja vu en bénéfice, enfin c'est pas fait pour cela
Gael Nantes -
"Sauvons le climat" serait moins hypocrite s'il affichait son vrai nom: "Sauvons le nucléaire"...
Il ne s'agit que de l'une des émanations du lobby nucléaire, dont la puissance en France explique largement le matraquage monolithique CO2=RC da,s les médias. Les avis sont bien plus partagés en Allemagne ou aux Etats-Unis, par exemple.
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