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Le méthane des océans contribuerait davantage à l'effet de serre

8925 lectures / 11 commentaires08 juillet 2009, 16 h 30

Source hydrothermale de type Source hydrothermale de type "fumeur noir"
Crédit : Ifremer/Pico

Une étude publiée le 5 juillet 2009 dans la revue Nature Geoscience montre que la contribution du méthane océanique à l'effet de serre serait fortement sous-estimée. Une mauvaise nouvelle pour les prédictions futures en matière de réchauffement climatique...

C'est en étudiant six sites du Golfe du Mexique où des panaches de méthane s'échappent des fonds océaniques qu'Evan Solomon et ses collègues de l'Université de Californie à San Diego, ont déclaré avoir trouvé des sources "considérables" d'émission de méthane. Or, le méthane est un gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement global est 21 fois plus important que le dioxyde de carbone.

Un robot submersible motorisé a exploré le plancher océanique du Golfe du Mexique, a 500-600 m de profondeur, sur des sites où des panaches de bulles de méthane s'échappent de véritables "cheminées" naturelles. Des échantillons d'eau ont été prélevés tous les 20 mètres dans une colonne d'eau à proximité des émanations de méthane, puis analysés pour en déterminer les concentrations en méthane.

Maximale à la sortie des cheminées à gaz, la concentration en méthane diminue rapidement, avant d'augmenter à nouveau dans les eaux superficielles, signe que des bulles ont relargué leur méthane près de la surface.

En effet, contre toute attente, les bulles émises à ces profondeurs atteignent les eaux de surface, et le méthane qu'elles contiennent s'échappe ensuite dans l'atmosphère, alors que dans de précédentes études, des bulles émises à plus de 200 mètres de profondeur ne parvenaient pas en surface. La persistance de ces bulles de méthane s'expliquerait par la présence d'un film de pétrole autour des bulles, ce qui limite la fuite de méthane.

Les mesures des concentrations en méthane des eaux de surface ont permis aux chercheurs de calculer la vitesse de diffusion de méthane dans l'atmosphère : cette vitesse est de 10 à 1 000 fois supérieure aux précédentes estimations. Des résultats qui "soulignent l'importance des cheminées à gaz comme source de méthane atmosphérique", selon les chercheurs.

Ces nouvelles informations seront confrontées à d'autres mesures prochainement réalisées dans d'autres bassins riches en hydrocarbures comme le Golfe persique, l'Afrique de l'Ouest, le versant nord de l'Alaska et la Mer caspienne.

Les implications sur le réchauffement climatique

Les conséquences de ces mesures sont au moins de deux ordres :

  1. la contribution du méthane dans le réchauffement climatique actuel est sans doute sous-estimée. C'est aussi une bonne nouvelle puisque les activités humaines pourraient voir leur responsabilité légèrement diminuer face à cette source naturelle.
  2. Les modèles de prédiction climatique, qui ne tiennent pas compte de ce nouveau paramètre, devraient proposer des estimations futures encore plus inquiétantes.

Dans l'état des connaissances actuelles, le méthane est majoritairement émis par l'élevage intensif des bovins, les déjections animales, les cultures (comme le riz), la fermentation des déchets organiques, les feux de forêts, l'utilisation du bois pour le chauffage et la cuisson.

Référence

Evan A. Solomon, Miriam Kastner, Ian R. MacDonald & Ira Leifer, Considerable methane fluxes to the atmosphere from hydrocarbon seeps in the Gulf of Mexico - Nature Geoscience, 5 July 2009, doi:10.1038/ngeo574

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

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11 commentaires

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avatar douds -

interessant, mais ces sources existent depuis la nuit des temps. la conclusion c'est qu'il faut encore réduire notre conso de fossile pour compenser ces flux naturels ou avoir quelques dixièmes de degré de plus...

avatar Robert, Grenoble -

Après relecture, j'ai eu exactement la même réaction que douds. Si maintenant on en est rendu à expliquer l'accélération du réchauffement climatique par le constat de phénomènes naturels comme ces émissions de méthanes où va t-on ?
En dehors de ce qui reste naturel et se manifestatnt parfois de manière cyclique, l'activité humaine reste bien la première responsable du dérèglement climatique actuel. Et en tant qu'acteurs responsables donc, à nous de faire ce qu'il faut pour rectifier le tir.
A voir la réaction de certains lors du G8 de ces jours-ci en Italie, le fait de persister et signer sur la poursuite de nos développements sur le modèle actuel, est sans aucun doute bien plus inquiétant.
Il est sans doute un ou des points de non retour que nous risquons de franchir un jour.
Dommage !

avatar geneghis, Lausanne, Suisse -

On a oublié la fonte du permafrost qui libère aussi une quantité de méthane, ainsi que la déforestation et l'assainissement des marais. Ces deux dernières activités étant des facteurs humains!

avatar Perpignan -

Le Methane CH4 est un Gaz utile pour le chauffage, quand on le brule on dégage du CO² et de l'eau H²O.
quand on le récupère de nos ordure ménagères il s'appelle le BIO GAZ: alors pourquoi ne pas le capter et l'utiliser au lieu de raconter des conneries !
le "pet" des vaches produit aussi du méthane, le "pet" de l'homme en produit de même. 6 milliards de "pets" par jour ca fait des litres de GAZ.
merci dame nature. !
www.importsolaire.fr

avatar Haller Christian 88120 Vagney France Métropolitain -

Bonsoir,
Quoi que l'on fasse, nous sommes "les habitants de cette planette" tous condamnés car nous sommes allés trop loin dans notre mode de consomation voir, de surconsomation pour nous les pays riches.
D'autre part , vu l'adéquation qui existe entre la capacité de cette terre à nous nourrir et le nombre que nous sommes il est évident que mathématiquement c'est impossible.
"Non pas pessimiste mais réaliste" !!!!!

avatar aetos france -

Bcp de méthane emprisonné dans la glace est réjeté par la fonte à cause du réchauffement climatique !

avatar Sami (Touraine) -

Bah oui !!! Le réchauffement climatique accélère le réchauffement climatique et nos modes de consommations actuelles ne le ralentissent PAS !

On continue de forer, de puiser et d'épuiser !



avatar Le Lama Castans -

Une petite note, qui fait une grosse différence : Le Co2 est très stable dans l'atmosphère 200 ans et plus, le Co2 que nous émettons aujourd'hui sera encore actif au niveau du réchauffement de notre planète dans 200ans... Le méthane CH4 se dégrade lui en moins de 20ans ! Cela dit je reste très pessimiste, l'énergie à utiliser de toute urgence étant celle de nos neurone pour changer notre système économique, donc notre façon de vivre et de voir le monde, qui tue notre planète

avatar Yann, Orsay -

(réactions aux réactions - merci de persévérer sur le site!)
Que de fatalités!
A Perpignan (Centre du monde ferroviaire bien connu) on positive. En consommant le méthane émis par combustion on gagne un facteur 20 sur l'effet de serre et on gagne des millions d'heures de Nintendo en plus : c'est pas le bonheur ça? A quand les centrales sous-marines?
1. Réchauffement ou non, les sources d'énergie durables augmentent les capacités de production matérielle et immatérielle de nos sociétés en les rendant moins oilo-addict.
2. Réchauffement du à des facteurs humain ou non, il faut bien y faire face et commencer à s'y adapter y inclu par un aménagement géographique
3. Réchauffement du à des facteurs humains réversible à terme ou non, quoi de mieux à faire que d'en faire le plus et le mieux possible pour y pallier?

Dans tous les cas, il s'agit d'un phénomène de masse donc la solution réside dans une réaction de masse. Si on se prive seuls ou à quelques uns (des "purs" cathares!) , on est sûr à la fois des privations immédiates et de la catastrophe future qu'on encaissera comme les autres. Ca n'a d'intérêt qu'à titre de préparation psychologique.
Mais là aussi si on est tout seul c'est du kiff "derniers survivants de l'hiver nucléaire quand l'humanité a presque disparu" et ça c'est plutôt bof. Pourquoi tant de misanthropie?
Bel été à tous!
Yann
PS: C pa cool i parai que not tr ne s apl pa GAIA

avatar Sam Touraine -

On verra si les mômes de demain seront plus instruit avec des heures de nintendo en plus dans les neurones... ce n'est pas ça qui va faire baisser la température..

Les Pic chaud de Bagdad en pleine campagne française ou anglaise c'est pas bon non plus pour les virus, les épidémies et la proliférations des parasites... ça, même la centrale dernier crie qui te permettra de visionner un Brad Pitt en taille réel dans ton salon ne te sauvera pas de la déshydratation du cerveau.

Pour l'aménagement géographique c'est déjà penser, toutes les côtes doivent être viré, les zones montagneuses sécurisées, tous les point d'eaux doivent être préservé des pollutions, les promoteurs immobiliers n'ont plus qu'a construire des baraques anti choc de pointe et herbivore etc etc... pffff je doute que les forrages en mer soit cohérent avec cette politique :

Les ressources naturelles, ne les gaspillons plus bètement dans des produits high tech durée de vie 18 mois. Les années 70-80 s'est fini, ya plus qu'a en tiré des leçons de bonne conduite.

avatar Candide St Germain en Laye -

Eh bien, il est clair :
1) que les auteurs du présent article n'ont pas très bien compris l'article d'origine.
2) que les lecteurs du présent article n'ont pas eu la curiosité d'aller à la source, ce qu'il fait qu'ils ont en général encore moins bien compris..

.résumons :
L'article de base (dont les conclusions sont d'ailleurs diamétralement opposées à celles d'un article publié le 23 juin 2009 dans le Journal of Geophysical Research par Rhee, Kettle et Andreae) annonce que les quantités de méthane montant du fond du Golfe du Mexique sont de 10 à 1000 fois plus grandes que celles estimées par le GIEC pour l'ensemble des mer du monde. (Pas trop surprenant, le Golfe du Mexique regorge d'hydrocarbures). L'article s'arrête là.
Les auteurs de l'article de Notre Planète Info, eux, vont beaucoup plus loin : pour eux, "les modèles climatiques ...devraient proposer des estimations futures encore plus inquiétantes". Pourquoi donc, grand diable ? Le méthane, quelle que soit son origine, se retrouve dans l'atmosphère, et on sait combien il y en a, même si on se trompe sur les sources. Les modèles considèrent, en gros, que les émissions de méthane sont proportionnelles à la population mondiale (ce qui s'avère légèrement faux, sa concentration augmentant de moins en moins vite, contrairement à la population).
Mais, le fait de trouver une nouvelle explication à la présence de méthane ne signifie pas qu'une nouvelle source vient s'ajouter aux précédentes que diable !
Quant aux commentateurs, comme d'habitude, ils en rajoutent sur le méthane humain. Mais, grands Dieux, il ne s'agit pas de ça dans l'article !
L'un d'eux (Robert, Grenoble) se plaint même que cet article l'indispose, parce qu'il n'accuse pas les hommes.... On croit rêver.

NB. Soyons juste : l'article de IP reprend tout de même avec exactitude les ordre de grandeur cités dans l'article de base, ce qui n'est pas le cas d'Ushuaïa (http://www.ushuaia.com/ushuaia-terre/info-planete/actu-en-continu/environnement/0,,4464710,00-methane-oceanique-quels-effets-sur-le-climat-.html) qui les multiplie carrément par dix...

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