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La destruction inquiétante de la couche d'ozone par les ChloroFluoroCarbones (CFC) a contribué au remplacement de ces molécules chimiques par les HydroChloroFluoroCarbones (HCFC) et les HydroFluoroCarbones (HFC) qui se dégradent plus rapidement dans la haute atmosphère. Si c'est une bonne nouvelle pour la couche d'ozone, ces gaz verront leur contribution à l'effet de serre s'accroître significativement, compromettant les efforts effectués par ailleurs sur le dioxyde de carbone.
Les HFC sont des gaz qui ne contiennent pas d'atomes de Chlore ou de Brome à l'origine de la destruction de la couche d'ozone. Ils se susbstituent donc aux CFC qui furent utilisés massivement dans les systèmes de réfigération, de conditionnement d'air et comme gaz propulseur dans les aérosols. Le protocole de Montréal, un accord international signé en 1987, permet progressivement l'abandon des CFC et leur remplacement par les HFC.
La demande en HFC ne cesse d'augmenter. En 2050, l'utilisation de HFC par les pays en voie de développement devrait être 800 % plus importante que dans les pays développés, participant au réchauffement de la planète équivalent à l'émission de 5 à 9 milliards de tonnes de dioxyde de carbone supplémentaires.
Ainsi, la plupart des composés chimiques qui permettent de préserver la couche d'ozone contribuent au réchauffement de la planète selon des scientifiques du laboratoire de la NOAA (Centre National Océanique et Atmosphérique) et leurs collègues dans une nouvelle étude publiée le 22 juin dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences.
Les auteurs de cette étude nous fournissent un regard actualisé sur l'impact de l'utilisation des HFC dans les décennies à venir. De nouvelles estimations montrent que les HFC, provenant notamment des pays en voie de développement, devraient accroître leur part de responsabilité dans le changement climatique en cours.
"Les HFC sont bons pour la protection de la couche d'ozone mais ne profitent pas au climat," indique David W. Fahey, un scientifique de la NOAA, second auteur de la nouvelle étude. "Nos recherches montrent que leurs effets sur le climat devraient devenir beaucoup plus significatifs qu'attendu si nous poursuivons dans cette voie."
Actuellement, la contribution des HFC sur le réchauffement climatique demeure marginale (moins de 1 %) par rapport à celle du dioxyne de carbone (CO2). Or, les auteurs montrent que d'ici à 2050, les HFC pourraient représenter de 7 à 12 % de la part du CO2 sur l'effet de serre. Ceci est inquiétant car même si les politiques internationales de stabilisation des émissions s'avéraient enfin fructueuses, la contribution des HFC - pourtant visés par le protocole de Kyoto - au réchauffement climatique, continuera d'augmenter...
Or, les HFC sont des gaz dont le pouvoir de réchauffement global est des milliers de fois plus puissant que le le CO2 ! Plus précisèment, une molécule de HFC peut contribuer jusqu'à 11 700 fois plus qu'une molécule de dioxyde de carbone !
Cette nouvelle étude estime qu'avec la forte demande attendue dans les systèmes de réfrigération et de conditionnement d'air dans les pays en voie de développement, la situation devrait empirer. En effet, le Protocole de Montréal vise l'élimination progressive des substances appauvrissant la couche d'ozone dans les pays en développement après 2012, puis l'élimination complète dans les pays développés en 2020. Par conséquent, ces étapes conduiront à une plus grande utilisation des HFC et d'autres alternatives.
Les décideurs politiques en Europe et aux Etats-Unis ont commencé à considérer les solutions visant à limiter l'impact futur des émissions de HFC pour l'effet de serre. Le PNAS a étudié plusieurs scénarios visant à diminuer la consommation de HFC.
Par exemple, une limite de la consommation mondiale, suivie d'une réduction annuelle de 4 % entraînerait une contribution maximale des HFC au réchauffement climatique dans les années 2040 pour ensuite diminuer avant 2050.
«Bien que la croissance effrénée de l'utilisation de HFC pourrait conduire à des conséquences climatiques d'ici 2050, nous avons montré quelques exemples de limites globales qui peuvent réduire efficacement l'impact des HFC", a déclaré John S. Daniel, un NOAA co-auteur de l'étude.
Les auteurs de l'étude de PNAS, «La grande contribution de projections des émissions de HFC forçage climatique à l'avenir», sont Guus JM Velders des Pays-Bas sur l'évaluation environnementale, et Daniel Fahey de la NOAA Earth System Research Laboratory, Mack McFarland Fluoroproducts de DuPont, et Stephen O. Andersen, de la US Environmental Protection Agency.
Forum de discussions sur le changement climatique
michele delpech couëron - 30/06/2009, 15:39
François HEYNDRICKX - L'AIGLE - 30/06/2009, 16:04
Latappy - Le Vigen - 08/07/2009, 12:01