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Les changements environnementaux pourraient contraindre 200 millions de personnes à migrer

4620 lectures / 4 commentaires12 juin 2009, 16 h 25

Crédit : CARE

A moins que des mesures drastiques ne parviennent à stopper le réchauffement climatique, l’impact de ce dernier sur la migration et le déplacement de personnes pourrait atteindre une dimension largement supérieure à tout ce que nous avons pu connaître jusqu’à présent. Les changements climatiques affectent déjà la migration et les déplacements. Les estimations les plus importantes prévoient toutes que cette tendance s’accentuera et que des dizaines de millions de personnes devront migrer dans les années à venir.

Au cours des prochaines décennies, les changements climatiques pourraient avoir des retombées catastrophiques sur les efforts fournis en matière de sécurité humaine. C’est l’une des conclusions principales du nouveau rapport intitulé « En quête d’abri : cartographie des effets du changement climatique sur le déplacement de populations et la migration humaine. »

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avance l’hypothèse de 200 millions de migrants environnementaux d’ici à 2050. « Bien que de nombreux facteurs soient responsables du déplacement et de la migration des populations, le climat occupe une place de plus en plus importante dans la décision des personnes d’abandonner leurs moyens de subsistance et leur maison » déclare Charles Ehrart, Coordinateur de CARE sur les changements climatiques et coauteur du rapport.

Le Mexique et les pays d’Amérique centrale subissent déjà les retombées négatives des changements climatiques, telle la baisse des précipitations ou des phénomènes climatiques extrêmes comme les ouragans, les inondations ou les sécheresses. Dans certaines régions le niveau des précipitations devrait diminuer de 50 % d’ici à 2080, ce qui éliminerait de nombreux moyens de subsistance locaux et augmenterait considérablement le risque de famine chronique.

« L’impact potentiel de la future hausse du niveau des mers est tout aussi inquiétant. Au Vietnam par exemple, dans le delta du Mékong densément peuplé, une hausse de 2 mètres du niveau de la mer inonderait les maisons de 14,2 millions de personnes - d’après l’actuelle densité de population - et submergerait la moitié des terres agricoles de la région » ajoute Charles Ehrhart.

La majorité des personnes trouveront refuge dans leur propre pays, tandis que d’autres traverseront les frontières. Certains déplacements et migrations peuvent s’anticiper par la mise en place de mesures d’adaptation. Toutefois les pays les plus pauvres manquent d’équipement pour soutenir une large adaptation. C’est pourquoi des communautés touchées par les changements climatiques pourraient se retrouver piégées dans un cercle vicieux de dégradation écologique, où les protections assurant la sécurité des populations s’écrouleraient tandis que la violence et les tensions augmenteraient. D’après ce scénario catastrophe, tout à fait plausible, des populations entières se verraient obliger de migrer pour des questions de survie immédiate.

D’après le Dr Koko Warner, chef de section de l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’Université des Nations Unies (UNU-EHS) et auteur principal du rapport : « De nouvelles réflexions et de nouvelles pratiques sont nécessaires pour faire face aux menaces que la migration environnementale fait peser sur la sécurité et le bien–être des hommes. »

Les hommes ont toujours considéré la migration à court et à long terme comme un moyen de faire face aux changements climatiques. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes de la migration environnementale et des déplacements de populations, et d’intégrer la mobilité humaine dans le cadre de plans nationaux et internationaux afin de l’adapter aux changements climatiques.

Ce nouveau rapport fournit des témoignages concrets provenant d’une enquête inédite réalisée sur plusieurs continents. Il analyse les menaces et propose des solutions potentielles et des recommandations pour les décideurs politiques. Des cartes originales indiquent l’impact des changements climatiques et schématisent la distribution de la population. « La migration ne doit plus être considérée comme un phénomène négatif en soi, mais comme une réponse nécessaire à l’impact négatif des changement climatiques. Les mesures pratiques que nous prenons aujourd’hui détermineront si la migration sera un choix, une mesure d’adaptation proactive ou si elle sera, avec les déplacements de populations, la preuve tragique de notre échec collectif à trouver de meilleures alternatives » conclut Warner.

Notes

Ce rapport a été rédigé par CARE, l’Institut pour l’environnement et la sécurité humaine de l’Université des Nations Unies (UNU-EHS) et le Centre pour un Réseau international d’information en sciences de la terre (CIESIN) de l’Université de Columbia. Il a été présenté aux médias le week-end dernier lors de la Conférence de Bonn sur le climat, placée sous l’égide de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC).

Auteur

CARE

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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4 commentaires

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avatar geneghis, Lausanne, Suisse -

Je trouve incroyable que l'on parle de menace quand on parle de migration. Certes, les migrants climatiques vont aller là où ils pourront survivrent et je crois que c'est humain. D'autant plus que ce sont nos entreprises de pays riches qui exploitent sans complexes ces pays et dérèglent le climat. Peut-on alors considérer que ce sont les migrants qui sont une menace...ou la montée du protectionnisme de notre confort de pays riches qui provoquerait des comportements plus que fâcheux?

avatar Stéphane LAGASSE BRUXELLES -

Là comme ici des gens s'en font et d'autres s'en foutent et/ou s'en mettent plein les poches.
Même si c'est d'abord dans nos pays qu'il faut agir, partout des familles rêvent d'atteindre notre niveau de vie. De quel droit et même comment pourrions-nous les en empêcher?
La science ne nous sauvera pas! Il n'y a que la conscience qui peut et doit à la fois nous rendre capable de baisser notre niveau de vie et d'augmenter sa qualité.
C'est sans précédent!

avatar michele delpech couëron -

Les migrations forcées sont la dernière chance pour les populations de subsister, quelles qu'elles soient . Malheureusement, l'homme étant un animal grégaire, il va se trouver dans une situation insoluble quand il s'entassera dans un espace de plus en plus réduit. Cela donnera lieu à de nombreuses rixes et drames sociaux de grande envergure. Alors, s'il ne s'active pas à changer sa manière de concevoir l'existence, il se détruira jusqu'à un seuil résonnable où il pourra de nouveau respirer. Mais il aura à ce moment-là détruit une bonne partie de la biomasse dont il se nourrissait. Je pense que l'humanité doit faire un choix cornélien, en ce sens qu'elle doit choisir entre l'autodestruction et le ressourcement

avatar Guillet Ph LE MESNIL ESNARD -

Nikola Tesla , grand savant et inventeur , voici 100 ans avait mis au point une machine pouvant modifier les climats entre autre ... une arme à 2 tranchants pouvant servir ou détruire mais les peuples ne sont pas encore assez sages pour s'en servir à bon escient !

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