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Les députés européens proposent de limiter les expérimentations animales sans entraver la recherche

3133 lectures / 9 commentaires11 mai 2009, 16 h 42

Un bonoboUn bonobo (Pan paniscus) le 21 mai 2000 dans une réserve près de Kinshasa
crédit : Desirey Minkoh / AFP
Les expérimentations animales sont depuis longtemps un sujet de discorde entre plusieurs groupes, notamment l'industrie, les institutions de recherche et les décideurs politiques. De longs débats ont eu lieu concernant la restriction de l'utilisation des animaux dans les expériences scientifiques et l'amélioration de leur bien-être. Cependant, une telle action pourrait-elle avoir un impact sur la recherche en Europe?

Des membres du Parlement européen (MPE) à Strasbourg et le Conseil des ministres de l'UE déclarent que les limitations et les progrès ne doivent en aucun cas entraver les objectifs de l'Europe visant à réaliser des activités de recherche pour lutter contre les maladies graves.

Un projet de directive devant être approuvé dans le cadre de la procédure codécisionnelle entre le Parlement européen et le Conseil de l'UE préconise une réduction drastique du nombre d'animaux utilisés dans la recherche et également la mise en place d'une évaluation éthique pour tous les essais sur animaux. Cette décision prendrait également en compte les inquiétudes exprimées par le public sur le sujet.

Lors d'une session plénière, les députés ont adopté à une large majorité par 540 voix pour et 66 voix contre (avec 34 abstentions) le rapport du député Neil Parish en première lecture, qui soutient largement ces objectifs.

«Nous souhaitons tous réduire le nombre de tests effectués sur les animaux. Mais les citoyens européens exigent aussi à juste titre les meilleurs traitements médicaux les plus efficaces possibles», a déclaré M. Parish. «Le rapport du Parlement européen clarifie les cas où les expérimentations animales doivent être autorisées et dans quelles circonstances», ajoute-t-il. «C'est un compromis entre la nécessité d'assurer que la recherche puisse se poursuivre dans l'UE et celle d'améliorer le bien-être animal.»

Les députés sont en particulier favorables à l'interdiction de l'utilisation des grands singes tels que les gorilles, les chimpanzés et les orangs-outans. Ces espèces, qui sont menacées d'extinction, ne peuvent être utilisées que dans le cas d'expérimentations ayant pour but leur conservation.

Au mois de mars dernier, un groupe d'experts (EG, de l'anglais expert group) des conseils de recherche médicale de la fondation européenne de la science a décrété que les primates non humains ne devaient pas être utilisés dans le cadre de procédures d'essais, à l'exception de celles entreprises en vue d'éviter, de prévenir, de diagnostiquer ou de traiter des maladies cliniques débilitantes ou représentant un danger mortel pour les hommes.

Cependant, le rapport rejette l'idée selon laquelle l'utilisation des primates non humains doive être restreinte aux seules maladies à la fois invalidantes et potentiellement mortelles; en effet, un certain nombre de maladies graves sont testées sur les primates. D'après les directives européennes et internationales, le feu vert concernant certains médicaments n'est accordé que dans le cas où les primates sont utilisés à des fins de tests.
On peut également lire dans le rapport que la Commission européenne doit réévaluer l'utilisation des primates non humains dans les expériences scientifiques tous les deux ans à partir de la date de mise en oeuvre de la directive.

Toutefois, certains éléments du projet pourraient pénaliser la recherche européenne au profit de ses concurrents américains ou asiatiques. Les députés ont donc adopté un certain nombre d'amendements visant à rééquilibrer le texte pour que les recherches médicales puissent être poursuivies.

Le groupe d'experts, pour sa part, a déclaré qu'une interdiction totale des activités de recherche fondamentale sur les grands singes «mettrait fin à toutes perspectives d'une telle recherche en Europe à l'avenir, et pourrait avoir un impact considérable sur la capacité de l'UE à lutter contre des maladies qui visent particulièrement les humains ou autres primates avancés.»

Les amendements clarifiant le texte de loi ont également été adoptés. De fait, trois catégories de gravité des souffrances infligées aux animaux ont été définies: «nul à léger», «modéré» et «sévère». La Commission souhaite que les mêmes animaux ne puissent être réutilisés que dans les cas de souffrances «nulles à légères». Pour les députés, appliquer des critères trop stricts conduirait à devoir utiliser encore plus d'animaux pour faire les tests. Ils demandent donc que les animaux puissent être également réutilisés dans le cas de procédures «modérées».

Les députés soutiennent notamment le développement d'un Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (CEVMA), ce qui lui confèrerait un véritable rôle de coordination et de promotion du développement et de l'utilisation des méthodes de substitution à l'expérimentation animale.

L'une des particularités de cette directive est qu'elle n'empêchera pas les États membres d'appliquer ou d'adopter des mesures nationales plus strictes en vue d'améliorer la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques.

Compte tenu des contraintes de calendrier en cette fin de législature, il reviendra au Parlement nouvellement élu de confirmer ou de modifier la position de l'Assemblée sortante quant à cette directive.

Auteur

© Communautés européennes, 1990-2012 / CORDIS, http://cordis.europa.eu/

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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9 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar chatou 78 -

Rien ne justifie l'exploitation d'animaux à d'autres fins que la survie de leur propre espèce.
Arrêtons de considérer que nous pouvons asservir des êtres vivants en leur faisant subir des souffrances souvent intolérables, sans oublier les dégâts du stress et la captivité.
Des méthodes de substitution éthiques existent et ont déjà fait leurs preuves ! - voir le site Antidote "Pour une science responsable avec des méthodes de recherche modernes et fiables"
http://www.antidote-europe.org/dixmensonges_fr.htm

"Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" Rabelais.

une anti-spéciste :-)

au passage, comment réclamer sa carte de donneur d'organe et de tissus humains : http://www.france-adot.org/demande-carte-donneur.php

avatar Marie-Laure Montpellier -

Je suis triste car hormis les Gorilles des Plaines - Parc Virunga essentiellement- qui se maintiennent grâce à l'écotourisme et la Fondation Dian Fossey les autres sont génétiquement en trop petit nombre pour permettre à l'espèce de survivre - consanguinité génétique .

La souffrance immonde de nos frères primates maintenus en cage au prétexte de la survie d'une seule - toujours et encore l'espèce humaine auto-proclamée comme dominatrice et spoliatrice sui généris depuis toujours ,j'excepte certains peuples chasseurs cueilleurs en voie d'occidentalisation ...- est déjà une abjection.

N'oublions pas les primates enlevés enfants à leur mère pour servir d'animaux de compagnie ,le trafic illégal donc, et les primates tués pour servir de viande de brousse sous la pression de l'espèce humaine infichue de s'autoréguler .
Les Orang Outang sont déjà une espèce vacillante et la plantation imbécile de palmiers à huile détruisant les forêts indonésiennes les contraints à finir enchainés comme animaux de foire .

Yves Pacalet écrivait à peine provoc' :" L'homme disparaitra,bon débarras" ....

Certes mais ce sera la dernière à disparaitre et il sera trop tard.

Pour ce qui est des maladies graves - dégénératives, cancers-, le vieillissement de la population et la détérioration de l'environnement en sont la cause .
A ce jour aucun traitement de la maladie d'Alzheimer n'est véritablement efficace .

Et les souris restent le meilleur modèle neurologique

Ah quoi bon infliger des traitements barbares à nos cousins en génétique ???

avatar Gérard Chaulgnes -

Et pourquoi les souris plus que les primates?
La souffrance est la même pour tous.
Si nous voulons supprimer la souffrance animale, il faut arrêter d'acheter des produits de beauté par exemple, refuser la nourriture animale issue d'élevages concentrationnaires, éviter les médicaments de synthèse et préférer les remèdes de "grand-mère".
Il existe d'autres façons de tester les médicaments voir "http://www.antidote-europe.org/dixmensonges_fr.htm" entre autres.
A force de vouloir tous soigner, on bousille la planète pour le plus grand bien des multinationales de la "santé" (surtout celle de leurs comptes en banque)



avatar Marie-Laure Montpellier -

@Gerard Chaulnes

Car les souris sont un moindre mal et ne possèdent pas les capacités phénoménales conceptuelles des Grands Singes .

Et qu'à vouloir être trop radical dans certains domaines ,on n'obtient rien...

Sauf à être naïf vous devez savoir quelle est la "force de frappe" des Industries Médicales et Pharmaceutiques et que quand l'adversaire est très puissant et défendu consensuellement par un occident tout puissant,il faut y aller STEP BY STEP.

En clair, à refuser toute expérimentation y compris sur les souris ,vous n'êtes pas un interlocuteur avec qui il est envisageable de négocier.

C'est stratégique : Pour obtenir d'abandonner les expérimentations sur nos cousins génétiques , il ne faut pas demander l'inadmissible à savoir l'arrêt de toute recherche animale.

Par ailleurs, les Grands Singes sont encore prélevés en milieu naturel ,pour certains,ce qui met en péril de façon majeure, leur survie en tant qu'espèce.

Si comme ma mère, ma sœur - décédées à ce jour d'une maladie génétique rare- vous considériez que faire des recherches sur les hamsters est un moyen de permettre de soigner ,d'abréger les souffrances , vous verriez les choses de façon moins drastique .

avatar Françoise PERRIN -

Je suis entièrement d' accord avec chatou 78, jusques dans la citation de Rabelais . Ne serait-il pas temps de financer la recherche fondamentale pour trouver des techniques alternatives utilisant des cultures cellulaires ou des organes humains maintenus en survie ?. Peut-on réellement être sûrs qu' utiliser les êtres vivants d' une autre espèce, si proche soit-elle de la nôtre peut nous garantir d' erreurs d' appréciations, telles que certaines AMM l' ont montré ces dernières années ?

avatar vivian Var -


> Sent: 03 March 2009 20:11
> To: LAPERROUZE Anne; TRAUTMANN Catherine; FONTAINE Nicole; LOUIS Patrick;
> SCHENARDI Lydia; VLASTO Dominique; AUDY Jean-Pierre; CORNILLET Thierry;
> FLAUTRE Hélène; GROSSETETE Francoise; HENIN Jacky; LE RACHINEL Fernand;
> mn.lienemann@nordpasdecalais.fr; PRIBETICH Pierre; LE FOLL Stéphane; DAUL
> Joseph; DENANOT Jean-Paul; MARTINEZ Jean-Claude; mathieuve@wanadoo.fr; PEILLON
> Vincent; AUBERT Marie-Hélène; LEFRANCOIS Roselyne; NERIS Catherine; VERGNAUD
> Bernadette; DE VILLIERS Philippe
> Subject: Directive européenne concernant l'expérimentation animale
>
> Mesdames et Messieurs les députés Européens
>
> J'ai l'honneur par la présente,
> à l'occasion de la révision de la directive 86/609 régissant
> l'expérimentation animale en Europe, de vous prier instamment
>
> 1 d'interdire la vivisection SUR TOUS LES MAMMIFÈRES, pratique barbare et
> indigne d'un être humain quelles qu'en soient les finalités. IL y a
> suffisamment de monstres et de monstruosités, ce n'est pas la peine d'en
> rajouter.
>
> 2 d'interdire l'importation d'animaux sauvages capturés dans leur milieu
> d'origine, qui, quelles qu'en soient les modalités débouchent sur des
> pratiques désastreuses.
>
> 3 de mettre en place dés à présent, et en partenariat avec les associations
> de protection animale, un calendrier visant à l'interdiction totale de
> l'expérimentation animale et son remplacement par les méthodes alternatives.
>
> 4 de voter un budget conséquent à cet effet.
>
> 5 de mettre en place un système d'évaluation TRANSPARENT des expériences
> soit disant non traumatisantes ayant cours dans les laboratoires, qui trop
> souvent , encouragent l'insensibilité et le sadisme de ceux qui les
> pratiquent.
>
> Ce mail émane de quelqu'un qui SAIT qu'aucune action humaine n'est neutre,
> d'une part sur son environnement naturel, mais encore moins sur son
> psychisme; et il n'est pas question là de "sensiblerie" ni
> "d'anthropomorphisme". L'humanité est telle que nous l'envisageons.
> Pour ma part, et j'espère qu'il en est de même pour vous: je ne souhaite
> l'enfer ni pour moi ni pour mes congénères, ni pour ce qui peuple la TERRE;
>
> Vous êtes nos représentants, (en tout cas de ceux qui votent et c'est mon
> cas,) aussi je souhaite que vous soyez aussi fermes que je le suis dans mon
> existence, (qui comme la votre n'a qu'un temps), et dans cette conviction
> que l'humanité ne peut se satisfaire d'en rester à une mentalité d'arriérés,
> qui croyant au "progrès" comme d'autres à la cartomancie, se contente de
> rester bête.
>
> Avec tout le respect que je vous dois, et que j'espère, je pourrais encore
> vous devoir.
>

avatar Gérard Chaulgnes -

@Marie-Laure Montpellier

Sauf, qu'à force d'aller pas à pas on fait plus de pas en arrière que d'avancée spectaculaire. La preuve, il existe des procédés de substitution moins coûteux qui ne sont pas utilisé. On pourrait se demander pourquoi ? Tout simplement parce qu'il faut investir un peu d'argent en matériel et formation.
La recherche sur les espèces animales (ce sont des chercheurs qui le disent) n'est pas très fiables. Très souvent, des médicaments testés ainsi, sont retirés du marché après avoir fait quelques dégats.

Voir le SIDA exemple d'un beau dérapage.

Sans parler des élevages concentrationnaires qui génèrent beaucoup de pandémies comme la dernière à la mode : la grippe porcine.

avatar Marie-Laure Montpellier -

@Gérard Chaulnes

Vous mélangez tout dans une espèce de grande soupière y compris l'élevage concentrationnaire des animaux d'élevage dont ne sont aucunement responsables les chercheurs.

Dites moi comment tester l'amélioration de la surdité évolutive neurosensorielle -handicap social lourd - et donc les traitements potentiels sans tester sur des modèles animaux.

Comment soigner certaines maladies génétiques rares alors même qu'elles sont au nombre de 8000 en testant sur des cellules dans une boite de pétri ???

Sans rire ....

Je crois qu'il faut savoir de quoi on parle et savoir aussi comment sont opérées les souris ???
Comme un patient, avec monitoring et anesthésie, et vérification que tout les paramètres vitaux sont OK.

Comme pour tout le reste, rien n'est tout blanc ou tout noir. Autant refaire indéfiniment les mêmes expériences sur des chiens Beagle ou des lapins pour la cosmétologie est minable autant condamner la recherche sur les souris d'élevage est irresponsable .

On fait quoi, on arrête les recherches sur les souris et on euthanasie les malades en attente de traitement ???

avatar Eléonore Visart Belgique -

Je suis choquée par le commentaire de Marie-Laure de Montpellier qui parle des souris comme d'un moindre mal! La vivisection est un crime abominable, un point c'est tout et c'est monstrueux de la part d'êtres qui se qualifient d'humains de faire souffrir des animaux pour son bien-être...cette "humanité" qui accepte ces crimes me fait horreur. Ma fille a le cancer et je suis heureuse qu'elle ait refusé la chimio. En tout cas, si on me disait aujourd'hui on va torturer un animal pour sauver ton enfant, je refuserais. Je ne vois pas pourquoi il faudrait torturer un être vivant pour un autre! Comme Gandhi la vivisection m'inspire une horreur sans nom....

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