Le PNUE lance le Projet 'Douanes Vertes' dans le but d'aider les agents des douanes à prendre le dessus sur le commerce illicite des produits chimiques, des déchets dangereux et des espèces menacées d'extinction.Les agents des douanes du monde entier vont recevoir du renfort dans la bataille en cours contre le commerce illicite des substances qui appauvrissent la couche d'ozone, des produits chimiques toxiques, des déchets dangereux et des espèces menacées d'extinction ; commerce qui actuellement vaut plusieurs milliards de dollars.
Visant essentiellement à former les gardes-frontières à mieux repérer et appréhender les trafiquants de 'marchandises environnementales', un nouveau site web intitulé 'Douanes vertes' a été mis en ligne (visitez :
http://www.unepie.org/ozonaction/customs/). Le Site fait partie d'une initiative dont l'objet est d'arrêter la croissance du crime environnemental, une des nouvelles facettes les plus rentables et à croissance rapide de l'activité criminelle internationale.
Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement qui est à l'origine de cette initiative, a déclaré pour l'occasion : « Le trafic de l'ivoire, des os de tigres et des orchidées rares menace directement la survie des espèces. Le commerce illicite des déchets toxiques affecte négativement l'environnement et la santé de milliers de personnes à travers le monde en développement. En même temps, des groupes criminels font passer des produis à effets délétères sur l'environnement tels que les chlorofluorocarbones (CFC) qui appauvrissent la couche d'ozone et dont le commerce légal se prête à de strictes restrictions internationales. »
M. Toepfer ajoute : « Il est essentiel de renforcer les capacités des officiers des douanes, qui sont les soldats en première ligne de tous les efforts déployés au niveau national pour combattre le commerce illicite. »
Le crime environnemental est une activité commerciale importante et de plus en plus lucrative.Thomas L. Sansonetti, le Procureur général adjoint de la Division chargée de l'environnement et des ressources naturelles du Ministère de la justice des Etats- Unis, déclare : « Selon un rapport daté de décembre 2000 du gouvernement des Etats-Unis, les réseaux criminels locaux et internationaux à travers le monde gagnent entre 22 et 31 milliards de dollars annuellement de la décharge de déchets dangereux, du trafic de matières dangereuses interdites et de l'exploitation et de la contrebande de ressources naturelles protégées. Pour ce qui est de l'application de la loi et la formation douanière dans le monde, nous avons urgemment besoin d'une intervention internationale coordonnée afin de renforcer les capacités des pays à combattre ce problème au niveau national. L'initiative 'Douanes Vertes' menée par le PNUE peut pourvoir aux besoins en formation exhaustive efficace afin de renforcer les capacités institutionnelles des pays à faire face au crime de l'environnement et à appliquer les accords environnementaux multilatéraux. »
Ce même rapport du Gouvernement américain,
Evaluation de la menace du crime international, stipule que le rendement annuel des organisations criminelles est de 10 à 12 milliards de dollars, profit tiré essentiellement de la décharge d'ordures et de déchets dangereux. Le rapport souligne également l'importance du vol et du commerce illégal des ressources naturelles (dont l'exploitation illicite des forêts et le commerce en gros bois d'oeuvre) en tant qu'activités extrêmement rentables pour les organisations criminelles, qui en tirent 5 à 8 milliards de dollars par an.
Les substances qui appauvrissent la couche d'ozone constituent un marché noir de 20 000 à 30 000 tonnes métriques. L'importation illégale de ces substances coûte bien moins cher que les CFC recyclables légalement ou obtenus des stocks existants limités.
Afin d'aider à combattre ces problèmes, le PNUE a proposé l'initiative 'Douanes Vertes'. Le projet vise à améliorer la coordination de la collecte de renseignements et l'échange d'informations, ainsi que la rédaction de directives (tels que des codes de pratiques d'excellence) et la formation parmi les organisations partenaires impliquées.
Les premières organisations à entrer en partenariat pour ce projet sont le PNUE, Interpol (l'organisation internationale de police criminelle), l'Organisation mondiale des douanes (OMD) et les secrétariats des accords environnementaux multilatéraux qui contiennent des provisions sur le commerce. Ces traités administrés par le PNUE comprennent la Convention de Basel sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction et le Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone.
Auteur
Programme des Nations Unies pour l'Environnement