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Environnement : l'UE célèbre les 30 ans de la directive «Oiseaux»
4577 lectures / 1 commentaire31 mars 2009, 15 h 37
Le 2 avril, on célébrera le 30e anniversaire de la directive «Oiseaux», premier texte législatif de l'UE en faveur de la protection de la nature. Ce texte est l’une des plus grandes réalisations de la politique européenne dans le domaine de l'environnement et se trouve au cœur de la stratégie de l'UE visant à enrayer la régression de la biodiversité.
La directive «Oiseaux» a joué un rôle clé dans l'inversion du déclin de certaines espèces d'oiseaux les plus menacées d'Europe, notamment grâce au réseau de zones de protection spéciale (ZPS) qu’elle a permis de mettre en place. Grâce à l'action ciblée de l'Union européenne, des gouvernements nationaux, des défenseurs de l'environnement et des bénévoles dans le cadre de la mise en œuvre de la directive sur le terrain, l'avenir de nombreuses espèces d’oiseaux est maintenant bien moins sombre. Il s'agit notamment de la spatule blanche (Platalea leucorodia), du pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) et de l'aigle impérial ibérique (Aquila adalberti). Il existe aujourd'hui près de 5 000 ZPS. Elles couvrent plus de 10 % du territoire de l'UE et font partie intégrante du réseau écologique Natura 2000. La directive «Oiseaux» est un excellent exemple de partage des responsabilités et de coopération entre les 27 États membres.
M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l'environnement, a déclaré à ce sujet: «La directive “Oiseaux” est l'un des plus grands succès de la politique européenne dans le domaine de l'environnement. C'est une expression concrète de notre engagement en faveur de la préservation de la biodiversité mondiale. Outre qu’ils présentent une beauté intrinsèque et qu’ils constituent une part inestimable de notre patrimoine naturel, les oiseaux sont aussi des indicateurs essentiels de l’état de l'environnement. Les oiseaux sauvages d'Europe ont grandement bénéficié des normes exigeantes établies par la directive. Il reste encore d'importants défis à relever afin d'assurer la vitalité à long terme des populations d'oiseaux. La directive “Oiseaux” a toujours autant de pertinence aujourd'hui qu'il y a 30 ans et elle jouera encore pour de nombreuses années un rôle clé dans la mise en œuvre de notre politique en faveur de la biodiversité.»
La directive «Oiseaux»: une réussite exemplaire
La directive «Oiseaux» demeure, 30 ans après son adoption, le texte législatif le plus important de l'UE en matière de protection des oiseaux d'Europe. C'est également l'un des plus grands succès de la politique de l'UE en matière d'environnement.
Une étude publiée dans la revue Science confirme que la directive a contribué de façon significative à enrayer le déclin de certains oiseaux parmi les plus menacés d'Europe. Ainsi, l'amélioration du sort d'oiseaux tels que le pétrel de Madère (Pterodroma madeira), le pélican frisé (Pelecanus crispus) et le cormoran pygmée (Phalacrocorax pygmaeus) est largement due à la création de zones de protection spéciale (ZPS). Un réseau de près de 5 000 ZPS couvre plus de 10 % du territoire de l'UE ainsi que d'importantes zones maritimes côtières.
La directive «Oiseaux» est un excellent exemple de coopération internationale réussie. Lors de l’adoption du texte en 1979, l'UE ne comptait que neuf États membres. Aujourd'hui, la coopération s'étend à toute l'UE élargie puisque l'ensemble des 27 États membres dispose de ZPS. Les mêmes règles en matière de protection des oiseaux s'appliquent à l’ensemble de l'UE et la Commission contrôle rigoureusement leur mise en œuvre, traduisant les États membres en justice si nécessaire.
La directive «Oiseaux» reconnaît l'importance des activités humaines qui coexistent avec la nature, telles que la chasse, la pêche et l'agriculture. Une grande partie des zones couvertes par le réseau Natura 2000 continuera probablement d'appartenir à des propriétaires privés, mais ils devront garantir à l'avenir une gestion durable, à la fois sur le plan écologique et sur le plan économique.
Les défis à venir
Malgré ces progrès, la riche diversité de l'avifaune européenne, qui compte plus de 500 espèces d'oiseaux sauvages, est toujours soumise à une pression particulièrement forte. Selon les études scientifiques les plus récentes, 43 % des espèces d'oiseaux d'Europe sont menacées ou subissent un sérieux déclin. C'est un enjeu majeur dans le cadre de l'achèvement du réseau Natura 2000, y compris de sa composante maritime.
Il est également nécessaire de protéger davantage les oiseaux communs qui dépendent des zones rurales. L'évolution des politiques agricoles a conduit à une diminution inquiétante des oiseaux des champs. Leur nombre a chuté de presque 50 % depuis 1980. Bien qu'on assiste actuellement à une stabilisation, il est nécessaire de faire davantage pour mieux intégrer les exigences en matière de protection des oiseaux dans la politique agricole et dans les autres politiques afin de rétablir des espèces importantes telles l'outarde canepetière (Tetrax tetrax) et le râle des genêts (Crex crex).
L’état des espèces d’oiseaux sauvages est symptomatique de la pression, par exemple liée au changement climatique, qui pèse à une plus large échelle sur la biodiversité. On assiste déjà à un déplacement de la répartition de certaines populations d'oiseaux. L'un des principaux défis à venir consiste à assurer une place adéquate à la nature et à adapter les mesures de conservation des oiseaux au changement climatique.
La directive «Oiseaux» permet également à l'UE de concrétiser ses engagements internationaux en faveur des oiseaux migrateurs. Dans la mesure où de nombreuses espèces passent une partie de leur vie en dehors de l'Europe, il est essentiel de travailler avec les pays tiers qu'elles survolent au cours de leur migration afin d'assurer la protection nécessaire au maintien de populations d'oiseaux prospères.
Contexte
La directive «Oiseaux» a été adoptée en réponse à l'inquiétude croissante qu’inspirait alors le déclin des populations d'oiseaux sauvages d'Europe en raison de la pollution, de la destruction des habitats et d’activités non durables. Il s'agissait également d’une façon de reconnaître que les oiseaux sauvages, dont la plupart sont des migrateurs, constituent un patrimoine commun à tous les États membres et que leur conservation effective nécessite une coopération internationale.
Auteur
© Communautés européennes, 1995-2011 ; date originale : 31 mars 2009, 15 h 37
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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