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Quelle qualité de l’air à vélo dans Paris ?

5579 lectures / 6 commentaires25 février 2009, 12 h 06

Quelle qualité de l’air à vélo dans Paris ? © C. Magdelaine / notre-planete.info
Airparif a mesuré la qualité de l’air respirée par les cyclistes en fonction du type d’aménagement de voirie emprunté, avec le soutien financier de l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail). C’est dans le flux de circulation, au plus près des émissions routières, que le cycliste est en moyenne le plus exposé à la pollution. Par comparaison avec les résultats d’une étude précédente effectuée par Airparif sur l’exposition des automobilistes, la qualité de l’air respirée à vélo est néanmoins moins dégradée qu’en voiture, du fait de la possibilité pour le cycliste de s’éloigner plus ou moins du flux de la circulation en empruntant notamment les aménagements qui lui sont dédiés.

Pour cette étude, quatre trajets types ont été effectués dans le centre de Paris au cours de l’été 2008 (à l’exception de la période du 15 juillet au 15 août pendant laquelle le trafic routier est plus faible) : le long du port de l’Arsenal, sur les quais de Seine, rue de Rivoli et avenue Daumesnil. Ces circuits ont été sélectionnés en fonction de leur densité de trafic et de la présence ou non de différents aménagements pour les cyclistes (pistes plus ou moins éloignées des véhicules, couloirs de bus ouverts aux vélos), afin d’évaluer leur influence sur la qualité de l’air respirée à vélo.

Comparaison des aménagements étudiés

Sans surprise, et quel que soit le polluant mesuré, les niveaux les plus importants auxquels sont soumis les cyclistes sont toujours mesurés dans le flux de la circulation. Pistes cyclables plus ou moins séparées de la circulation, et couloirs de bus, les aménagements de voirie ont tous un effet bénéfique en éloignant le cycliste du flot de véhicules mais son exposition à la pollution n’est pas la même selon les aménagements et selon le polluant mesuré.
Les pistes cyclables séparées sont généralement plus favorables. Par exemple, en empruntant une piste cyclable sur le trajet choisi le long des quais, sur la rive droite de la Seine (entre le 1er et le 4 ème arrondissement), l’exposition des cyclistes est en moyenne réduite de 30 à 45 % par rapport à un cycliste resté dans le flux de circulation. Pour les pistes cyclables, les mesures ont aussi permis de mettre en évidence des phénomènes de «bouffées» pour les particules mais qui proviennent vraisemblablement d’autres sources que le trafic (bouches d’aération, ventilation du métro ou d’un parking, mais aussi toutes causes contribuant à la remise en suspension des particules comme l’activité sur les trottoirs).
Quant aux couloirs de bus, ils conduisent à une exposition intermédiaire. Compte tenu de leur largeur, ils éloignent les cyclistes de la circulation et réduisent leur expos ition à la pollution, notamment en l’absence de véhicules motorisés dans ces aménagements.
Pour les niveaux les plus élevés, le dioxyde d’azote et les particules peuvent présenter des comportements très différents avec des pics ponctuels qui peuvent ne concerner qu’un seul des deux polluants. Des pics importants, même s’ils sont très brefs et peu fréquents, sont aussi observés lors de passages à proximité de bus ou de taxis (voire de deux roues motorisés bien que ceux-ci ne soient pas autorisés). Cependant, ces résultats ne sont pas comparables aux normes de qualité de l’air qui concernent les PM10 et les PM2,5 et qui n’existent ni pour le comptage de particules, ni pour un pas de temps si court (toutes les 10 secondes), même pour le dioxyde d’azote.

Un vélo équipé d’appareils automatiques

Pour effectuer les mesures, un vélo de livraison a été spécialement équipé avec une prise d’air à hauteur du nez du cycliste et des appareils de mesure automatiques, pour deux polluants représentatifs du trafic routier : les oxydes d’azote et les particules. L’analyseur de dioxyde d’azote est similaire à ceux des stations fixes d’Airparif, et pour une mesure toutes les 10 secondes. Pour les particules, les appareils de mesure du réseau automatique n’étaient pas compatibles avec une utilisation sur le vélo (pesée de particules PM10 et PM2,5). Afin d’avoir des résultats toutes les 10 secondes également, une méthode par comptage des particules encore plus petites (de 1 à 0,02 micron, soit une taille comprise entre un globule rouge et un virus) a été adoptée. Cette méthode permet d’obtenir le nombre de ces très fines particules et leur évolution le long des parcours.

Quelques conseils pratiques

Le Ciamt (Santé au travail) a demandé à Airparif une ét ude sur l’exposition à la pollution de livreurs à vélo. Selon le docteur Patrick Le May, coordonnateur du projet, il y a plus de bienfaits à faire du vélo, même dans des conditions polluées, qu’à rester sédentaire. Moyennant quelques précautions simples :
- pratiquer le vélo à un rythme modéré pour éviter l’hyperventilation,
- inspirer par le nez et souffler par la bouche,
- bien choisir son trajet : préférer les axes les moins fréquentés et les mieux adaptés pour les cyclistes
- descendre du vélo et marcher sur le trottoir en cas d’inconfort respiratoire ponctuel lié au trafic.

Enfin, le docteur Le May estime que le risque principal à vélo reste la sécurité : « En terme de protection de la santé, il me paraît plus indispensable de porter un casque qu’un masque ! »

Référence

AIRPARIF actualité N°32, février 2009 : A Paris à vélo... - Airparif (format PDF)

Auteur

Airparif ; date originale : 25 février 2009, 12 h 06

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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6 commentaires

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avatar André MOLSHEIM - 27/02/2009, 16:57

Je salue cette initiative qui se préoccupe de la santé des cyclistes en ville et tiens à exprimer mon admiration pour ces courageux qui continuent à chevaucher leur deux-roues dans nos villes infestées par l'automobile. La liste des divers polluants générés par l'automobile est longue (chez nous, les voitures ne sont encore classées que selon leur émission de CO2!!!) Les Suisses étudient la question depuis fort longtemps et on peut se procurer ces enquêtes sur Internet (par ex. sur http://www.ate.ch/). Sur la sellette: les moteurs diesel sans FAP. On ne le répètera jamais assez: ce sont des générateurs de particules (voir les traces noires sur la carrosserie de véhicules de couleur claire ou lors de l'accélération). Quand je pense qu' en France, on vante les moteurs diesel sous prétexte qu'ils produisent moins de CO2! Et on continue à commercialiser des voitures diesel sans FAP! Bonjour les dégâts en matière de santé publique!

Mais d'une façon générale, diesel, essence ou autre, il nous faut revoir notre copie et considérer la ville comme un lieu de vie. Les voitures individuelles doivent être bannies du centre-ville, les rues être investies par les piétons, les cyclistes, les transports en commun. Utopie? Dans un avenir proche, nous n'aurons plus le choix.

avatar Chalim - 01/03/2009, 00:05

et surtout foutre tous ces gros 4X4 à la poubelle

Dire que les gros nases continuent à les acheter

sans se soucier du reste. L'égoïsme dans toute sa splendeur ! Vraiment dans quelle société vit-on ?

avatar Alain A (Illkirch, Bas Rhin) - 01/03/2009, 23:12

Séparer les flux cyclistes des flux automobiles peut favoriser la sécurité des cyclistes et aussi fluidifier la circulation automobile. Attention toutefois à ne pas déporter à tort la circulation des cyclistes sur des trottoirs trop étroits en créant d'autres dangers (obstacles et risques de collisions avec les piétons) comme c'est malheureusement souvent le cas sur certains aménagements cyclables récents dans la communauté urbaine de Strasbourg. Certains secteurs (carrefours de Landsberg à Strasbourg Neuhof et Allée Cassini au palais des Droits de l'homme à la Robertsau pour ne citer que ceux-ci) réservent un espace restreint aux piétons vélo dans les virages (1m50 de large au plus) contraignant les cyclistes à subir en plus multitude de feux pour traverser un carrefour alors que 2 voire 3 voies sont réservées par sens aux automobilistes... et il arrive que des trajectoires cyclables sur trottoir débouchent sur des places de parking. A cela s’ajoutent les bordures de trottoirs pour passer d’une rue à une piste vélo voire même en plein carrefour. Les cheminements vélo ne doivent imposer aucun franchissement de bordure et ne pas se transformer en Paris-Roubaix !

Les aménagements cyclistes ne doivent pas compromettre les cheminements piétons dans la mesure du possible. Au besoin supprimer des places de parking ou mettre la rue en zone 30. Si la rue est à sens unique avec contre sens vélo, autoriser le stationnement à droite dans le sens auto côté opposé du contre-sens vélo.

Réserver plus de places aux piétons vélo en réduisant les flux auto (certaines doubles files pourraient devenir de simples files) diminuera la circulation et de ce fait la pollution induite. Sauf axe importants et assez larges pour séparer piétons vélos et autos (voire aussi bus en sites propres) toutes les rues devraient être limitées à 30 km/h !

avatar Lucien Alessio Bourg-lès-Valence - 03/08/2009, 08:38

Merci pour cette analyse et vos recommandations.

Mais in fine l'air respiré en ville à vélo est-il meilleur ou pire qu'en voiture ?

avatar Christophe Magdelaine - 03/08/2009, 19:03

@ Lucien Alessio Bourg-lès-Valence

"la qualité de l’air respirée à vélo est néanmoins moins dégradée qu’en voiture" ;-)

avatar Guillaume - 20/11/2009, 22:26

Merci pour l'info.



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