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Des centaines de millions de Sud-Asiatiques pourraient faire face à des pénuries d'eau
5920 lectures / 2 commentaires13 février 2009, 14 h 17

© UNESCO
La surexploitation, le changement climatique et la coopération inadéquate entre pays menacent certains des plus grands bassins fluviaux du monde, qui alimentent environ 750 millions de personnes.
Telles sont certaines des conclusions clé du nouveau rapport :
Eau douce en danger : l'Asie du Sud produit par l'Organisation des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Institut asiatique de technologie. (AIT).
Le rapport montre l'état des ressources en eau douce dans certains grands bassins fluviaux d'Asie du Sud. Il identifie les principales menaces au développement et à la gestion des ressources d'eau, et évalue les défis auxquels la région est confrontée en faisant face à ces menaces.
Un quart de la population mondiale vit en Asie du Sud, y compris certains des plus pauvres du monde, ont accès à moins de 5 pour cent des ressources mondiales d'eau douce.
Les trois bassins fluviaux transfrontaliers évalués dans le rapport incluent les plus grands bassins de l'Asie du Sud : le bassin Gange-Brahmapoutre-Meghna (GBM) (qui couvre le Bangladesh, le Bhoutan, la Chine, l'Inde et le Népal), le bassin de l'Indus (en Afghanistan, en Chine, en Inde, au Népal et au Pakistan) et le bassin Helmand (qui couvre l'Afghanistan, l'Iran et le Pakistan).
Le Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner a déclaré : "Ces grands systèmes fluviaux sont des artères économiques importantes mais aussi des atouts sociaux et environnementaux pour l'Asie du Sud. Investir dans leur gestion durable est donc un investissement dans la prospérité actuelle et future de l'Asie et ce sera un élément central et un facteur déterminant dans la transition. »
"L'eau est une ressource vitale pour la santé et les moyens de subsistance des personnes, particulièrement en Asie du Sud, où ces trois bassins fluviaux transfrontaliers soutiennent environ la moitié de 1,5 milliards de personnes de la région, dont certaines des personnes les plus pauvres du monde», a dit M. Young-Woo Park, le directeur régional du PNUE et représentant de l'Asie et du Pacifique, qui a lancé le rapport d'aujourd'hui au Sommet du développement durable à Delhi.
Selon Mukand Babel de l'AIT, cette ressource vitale fait face à un certain nombre de menaces de la forte croissance démographique, aux modes de consommation non viables, de la mauvaise gestion a l'utilisation des ressources d'eau, de la pollution a l'insuffisance des investissements dans l'infrastructures, ainsi que le changement environnemental, et particulièrement le changement climatique. "Cette situation est exacerbée car les pauvres sont particulièrement vulnérables", a-t-il ajouté.
Le rapport utilise un indice de vulnérabilité basé sur le manque de ressources, la pression du développement, la santé écologique et les défis de gestion afin d'évaluer la vulnérabilité de chacun des bassins hydrographiques.
Les principales conclusions de l'étude
- Le
changement climatique est susceptible de conduire à de graves pénuries d'eau dans tous les bassins dans le long terme, car environ 67 pour cent des glaciers himalayens sont en train de régresser, réduisant ainsi le ruissellement glaciaire qui alimentent ces rivières.
- Les ressources d'eau des bassins fluviaux de l'Indus et de Helmand, sont particulièrement vulnérables. Ceci est causé principalement par l'insécurité écologique illustrée par la diminution du couvert végétal et la baisse de la qualité d'eau.
- Le bassin de l'Indus est le plus affecté au niveau des ressources, basé sur la disponibilité d'eau par personne et la variation des précipitations, ce bassin est également le plus exploité des trois bassins fluviaux.
- Les bassins GBM et Helmand ne sont pas actuellement en pénurie d'eau, mais la dotation et l'exploitation inégales montrent la nécessité de développer et de gérer le bassin. Les défis de gestion présentent le plus grand risque pour le bassin GBM, qui est également très vulnérable.
- Les niveaux des eaux souterraines sont en baisse au rythme de deux à quatre mètres par an dans de nombreuses parties du GBM et des bassins de l'Indus a cause des pompages intense ; ceci menace la qualité du sol et de l'eau, conduisant à l'intrusion d'eau salée dans les nappes souterraines.
Selon le rapport, une attention urgente et une recherche accélérée sur l'impact du changement climatique sur les ressources d'eau, l'infrastructure et les pratiques de gestion sont nécessaires pour éviter de graves vulnérabilités liées à l'eau, à l'avenir. Le rapport appelle à une amélioration de la coopération entre les pays riverains et la gestion intégrée du bassin.
En savoir plus
Notes
Eau douce en danger : Asie du Sud est le premier rapport dans une série produite par le PNUE, qui couvrira les trois sous-régions du Nord-est de l'Asie, de l'Asie du Sud et du Sud-est de l'Asie. Une évaluation similaire a été achevée pour certains bassins fluviaux en Afrique. Le but des rapports est de compléter les efforts des gouvernements, des organisations non gouvernementales et des agences de développement engagées dans l'amélioration des systèmes d'eau en Asie. En outre, ils fournissent la connaissance et la compréhension nécessaires à une coopération visionnaire entre États riverains en ce qui concerne les demandes d'eau.
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Programme des Nations Unies pour l'Environnement ; date originale : 13 février 2009, 14 h 17
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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Dossiers
lecouteur michel rouen - 15/02/2009, 07:41
Cet excellent article me fait immédiatement penser au gaspillage de l'eau dont se livre la ville de Rouen depuis plus de 50 ans, pour le nettoyage des rues , où 1500 bouches de lavage sont ouvertes à tour de rôle par les cantonniers. alors que bientôt la terre entière va manquer d'eau potable et à Rouen on est incapable de mettre fin rapidement à ce non sens écologique, je me bats depuis deux ans en vain, c'est désespérant, la bêtises humaine est incommensurable !
empedocle
André MOLSHEIM - 27/02/2009, 17:24
Je partage l'indignation de Michel Lecouteur, bien que ce gaspillage public ne soit pas pratiqué ici dans ma commune. Pour faire évoluer les mentalités, il faudrait une véritable campagne , relayée par les grandes chaînes d'information. Mais que constate-t-on? A part Arte (une émission sur l'écologie vient d'être lancée vendedi soir) et France Culture (Terre à Terre le samedi matin de 7h à 8h), les médias n'accordent pas assez d'importance aux problème environnementaux . Dans toutes les écoles primaires, on devrait organiser une véritable initiation à la défense de l'environnement, avec visites sur le terrain, travaux pratiques (avec le concours d'organisations comme greenpeace). Et augmenter le prix de l'eau? Elle est apparemment trop bon marché! Dans tous les cas, il y a du pain sur la planche! Bientôt, la gestion intelligente de ce précieux liquide sera la condition de notre survie. N'attendons pas qu'il soit trop tard.