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Vague de froid et consommation record d'électricité en France

10996 lectures / 11 commentaires19 janvier 2009, 11 h 33

Vague de froid et consommation record d'électricité en France© C. Magdelaine / notre-planete.info
La vague de froid remarquable qui sévit sur la France a dûrement sollicité le réseau électrique avec des consommations records pendant quatre jours consécutifs. Sans être exceptionnelles, ces conditions météorologiques soulèvent une nouvelle fois la question de la maîtrise de nos consommations et de la diversité de nos sources de production.

Une vague de froid remarquable

Selon Météo-France, "depuis le 23 novembre 2008, la France est soumise à un froid précoce. Cette vague de froid a atteint son intensité maximale dans la nuit du 6 au 7 janvier 2009, avec des températures négatives de –20°C dans les Ardennes, -14°C à Melun et -9°C dans le centre de Paris. De plus, cette période de grand froid a été accompagnée d'épisodes neigeux, déjà précoces en novembre et décembre, sur le Massif Central, le Nord et sur les reliefs des Alpes et des Pyrénées."

Si cet épisode de froid est remarquable, il n'est pas exceptionnel comme en témoigne l'historique des périodes de froid en France maintenu par Méteo-France.
Toutefois, depuis 1950, les dix hivers les plus froids se retrouvent tous avant 1991 dans un contexte de réchauffement climatique. Depuis l'hiver 1996/1997 (-11°C à Paris et –22°C à Troyes), le pays n'avait pas connu de telle vague de froid. Cette situation est due a l'anticyclone situé sur le nord de la France. Cet anticyclone a dirigé, dans un flux d'est, de l'air froid Sibérien.

Record de consommation battus !

Conséquence inévitable, la France a battu, pendant 4 jours consécutifs son record de consommation électrique et la valeur historique maximale de 88 960 MWh, atteinte le 17 décembre 2007, selon les données fournies par le gestionnaire du Réseau de transport d'électricité en France (RTE).
Ainsi, pour la première fois, la consommation électrique a dépassé les 90 000 MWh du 05 au 08 janvier 2009 inclus avec un nouveau record de 92 500 MWh le 07 janvier 2009 à 19h ! Ces pics sont tous enregistrés à 19h, heure à partir de laquelle la consommation des ménages croît fortement : chauffage, produits électroménagers...
Puisque l'électricité ne peut être stockée, sa production (l'offre) doit en permanence être égale à sa consommation (la demande). C'est pourquoi 56 réacteurs nucléaires sur 58 étaient en activité à cette période, tandis que des centrales thermiques (gaz + fioul + charbon) ont été sollicitées pour subvenir aux besoins croissants du pays. Ce complément représente une hausse de 76% de la production thermique, fortement émettrice de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique. Les émissions excédentaires de C02 correspondantes ont été estimées par Climpact à 62% (soit un volume de 660 000 tonnes équivalent CO2).

RTE notait qu'en raison de la disponibilité des centrales des différents producteurs français, et des capacités d'échange avec nos voisins européens, ces pointes de consommation n'ont pas conduit à des ruptures d'approvisionnement, même si la situation a été plus tendue dans la Région Ouest et en PACA. Dans l'ouest, des appels à la maîtrise de la consommation pour risques de coupures ont été lancés notamment via le réseau Ecowatt en alerte rouge pendant ces 4 jours. A ce titre, un pic historique de consommation a été atteint mercredi 7 janvier dans l'Ouest avec une consommation de 17 000 MW.

Pour une maîtrise de la consommation d'électricité

Selon RTE, en hiver, une baisse de 1°C de la température entraîne une augmentation de la consommation d'électricité d'environ 2 100 MW, soit l'équivalent du double de la consommation de la ville de Marseille. Si la vague de froid est remarquable, les records battus trouvent leur origine dans l'évolution de la population et de nos modes de vie. Ainsi, d'année en année, la consommation d'électricité en France poursuit sa progression essentiellement à cause de la consommation des ménages.
Sur ce point, force est de constater que les appels à la maîtrise de notre consommation restent peu efficaces même si des gestes assez simples existent.

Au niveau des municipalités, la ville de Paris a conseillé, via notamment ses panneaux lumineux (...), aux Parisiens et aux commerçants de limiter leur consommation énergétique à un moment où la ville s'illumine pour les fêtes. A ce titre, la Ville a mis fin à l'éclairage extérieur des bâtiments municipaux à partir de 22h au lieu de minuit. De plus, pour la seconde année consécutive, l'éclairage nécessaire aux illuminations de Noël s'est fait grâce à des LED, bien moins énergivores que les ampoules traditionnelles. En effet, celles-ci consomment 100 000 watts, au lieu des 2 millions de watts consommés par les 500 000 ampoules à incandescence installées auparavant.

Vers une diversité des sources d'approvisionnement

Cette vague de froid accompagnée "mécaniquement" d'une hausse de la consommation d'électricité est l'occasion pour les producteurs alternatifs de vanter les autres sources d'approvisionnement d'électricité. A ce titre, le Syndicat des énergies renouvelables qui regroupe les industriels de l'ensemble des filières énergies renouvelables a souligné dans un communiqué que le parc éolien français contribue à hauteur de 1000 MW à l'approvisionnement électrique de la France. "Les éoliennes permettent déjà d'économiser l'usage de deux centrales thermiques et se substituent à cette production, la plus émettrice de CO2. De plus, le coût de l'électricité éolienne est inférieur à celui des centrales thermiques permettant un gain net pour la collectivité."
Dans le cadre des décisions prises lors du Grenelle de l'environnement, le parc éolien devrait compter 25 000 MW installés en 2020. C'est à dire près de 10 % de la consommation électrique sera d'origine éolienne, soit l'équivalent de la totalité de la production thermique (charbon et gaz) actuelle.
Contrairement aux détracteurs de cette source d'énergie, la production éolienne française est plus stable que dans tous les autres pays européens puisqu'elle bénéficie de trois régimes de vent décorrélés. Du coup, la production éolienne du 6 janvier dernier a été d'environ 800 MW et celle du lendemain a légèrement augmenté pour atteindre les 1 000 MW en soirée, au moment du pic de consommation : preuve que l'énergie éolienne est en mesure d'apporter une source complémentaire d'électricité.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 12 janvier 2009, 14 h 16 - Tous droits réservés

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11 commentaires

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avatar Alain A (Illkirch, Bas Rhin) - 12/01/2009, 23:15

Nous sommes bien loin au-dessus des 59000 MW d’électricité consommés le 16 Janvier 1985 alors que le froid qui sévissait en France ce jour (et depuis 2 semaines) dépassait de très loin ce que nous avons connu cette année (nombreuses Tn < -15°C dans l’Ouest et le centre et Tx < -10°C !. Pour rappel l’essence gelait dans les moteurs et le fuel dans les cuves, dans le Poitou où je vivais alors).

Qu’en serait-il 24 ans plus tard avec nos consommations galopantes si l’hiver avait atteint cette rigueur, avec le gel des fleuves pouvant conduire à la fermeture de certains réacteurs ? Peut-être même certaines éoliennes seraient arrêtées. Ce serait sûrement la panique avec des ruptures d’approvisionnement. Sans compter les ruptures de livraison en pétrole par la paralysie de la circulation due à la neige (souvent plus épaisse en 1985).

Un juste rappel concernant les hivers auquel nous n’étions plus habitués, la situation n’a rien d’exceptionnel et nous avons connu pire 3 années de suite (Janvier 1985, Février 1986, Janvier 1987). Le radoucissement global des 20 dernières années nous aurait trompé, le climat varie d’une année à l’autre, d’une décennie à l’autre sans que nous n’y soyons pour quoi que ce soit (ça ne veut pas dire que nos émissions de gaz sont neutres, attention !). Des hivers comme celui que nous connaissons, probablement des pires se produiront à l’avenir, même dans le contexte actuel de réchauffement. Si nous ignorons leur fréquence et leur intensité nous devons nous y préparer.

L’inertie du mode de production essentiellement nucléaire ne favorise pas l’adaptation aux pointes de consommation. Ces dernières ont été aggravées par la progression du chauffage électrique. Les années 1980 et 1990 ont vu des publicités pousser à consommer toujours plus d'électricité. L’éclairage public s’est développé plus que de raison mais dans ce domaine nous commençons à nous assagir. Il n’est pas question toutefois de renoncer à la déco de Noël : des efforts de sobriété remarquables ont été entrepris cette année à Strasbourg : moins de « débauche » de lumière mais des effets d’esthétique réussis, l’utilisation de LED pour les guirlandes…

Dans ces périodes extrêmes il est judicieux d’éteindre en premier certains éclairages commerciaux aux heures de fermeture (obligatoires pour des questions d’assurance ?) et les panneaux publicitaires. Supprimer aussi les projecteurs aveuglants à l’extérieur utilisés pour éclairer certains parkings. Les appels à la maîtrise lancés par les distributeurs sont aussi une initiative judicieuse mais les gestes sont encore mal connus. Ensuite des actions sur le long terme bien sur : isolation, lampes plus efficaces et lumière orientée au sol (éclairage public) et diversification des sources d’énergie. L’objectif n’est pas de pouvoir consommer plus mais de pouvoir consommer mieux, le même service rendu avec moins de ressource.

avatar olivierameau Levallois-Perret - 13/01/2009, 07:10

Et oui, et c'est à ce moment là que la centrale de Levallois qui chauffe toute la ville est tombée en panne le soir.

Je n'avais jamais vu mon appartement refroidir si vite, il ne faut pas grand-chose pour que les disfonctionnements se produisent au pire moment.

avatar Hervé P (Bourges Cher) - 17/01/2009, 02:51

Pourquoi parlez-vous de mégawatt (MW) lorsqu'il s'agit de production ou de consommation électrique (surtout quand celle-ci est d'origine éolienne) ?

Je rappelle que la production ou la consommation se mesure en mégawattheure (MWh), et que c'est la puissance nomimale (ou potentielle) qui est exprimée en mégawatt.

Ainsi, par exemple un parc éolien de 10 MW ne produira pas 10 MW par heure de moyenne, il faut tenir compte du facteur de charge (vent moyen lissé sur une année) qui est de l'ordre de 0,2 à 0,35 selon le potentiel éolien du site, ce qui donne 2 à 3,5 MWh par heure moyenne de production.

Certaines études démontrent qu'il faudrait encore diviser ces chiffres par 2 pour tenir compte de l'irrégularité du vent, ces centrales ne pouvant fonctionner sur commande mais au gré du vent qui est par nature très irrégulier.

On reparlera certainement de l'efficacité réelle des éoliennes dans quelques années, quand on aura le recul suffisant pour faire le bilan de leur véritable rendement .

Cordialement

avatar lavoisier - 17/01/2009, 12:51

Un parc éolien de 25 000 Mw, c'est une annoncçe de puissance crête installée et seulement potentielle.

L'image de la puissace réellement produite dépend des m/s de la vitesse du vent

on commençe déja par diviser par 4 la production moyenne sur l'année

Mais enfin le reccord de consomation tient plus à l'absurdité du chaufage électrique

Il y a d'autre moyens plus écologiques de faire de l'électricité et de la chaleur en mème temps

avatar Bruno Herblay; France - 17/01/2009, 16:03

Bonjour,



Il semble évident que ce n'est pas avec des éoliennes qu'on va résoudre le problème des hivers froids.



Il faut arreter de réver (ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas installer des éoliennes dans les emplacements appropriés), ce n'est pas non plus avec le gaz qui est une ressource épuisable et géopolitiquement instable.



Donc que reste il?



1. maîtriser notre consommation = faire des efforts

2. le nucléaire (désolé mais c'est incontournable).



Et si vous voulez diminuer 2 et privilegier 1 il faut pousser les gens à faire des efforts. C'est pas marrant les efforts hou la la c'est ringard.



Et bien, la solution est simple, un coup de bambou sur le prix de l'énergie et en plus cela réglera le problème du déficit budgétaire. Vive la taxe, mettons des taxes sur l'electricité, l'essence, le gaz, etc. etc.



Ca ralera mais en fin de compte on s'en portera mieux!!!!

avatar jeanpaul d Mâcon - 17/01/2009, 18:41

le coût de l'électricité, donne des exemples dérisoires d'économie budgétaire pour les ménages. De même les qutés économisées individuellement sont souvent faibles, c'est le fait d'être des millions à ne pas couper l'alimentation des appareils en veille par exemple qui finit par représenter une centrale nucléaire (une veille ça peut être de 1 à 19 w pendant des heures) .

Plus spectaculaire le chauffage électrique, remplacé par une pompe à chaleur, la conso est divisée par 3 à 5, vu le nombre de chauffage électrique, il faudrait encourager l'investissement pour diminuer significativement les pointes par temps très froid .

les éoliennes pourraient être utiles couplées à des accus à liquide circulant (stockage massif )

Le photovoltaïque peut apporter un complément intéressant.

La méthanisation des ordures organiques pourrait fournir de l'énergie calorifique en quté importante .

Les centrales thermiques devraient faire de la cogénération pour améliorer le rendement de l'énergie primaire utilisée.

La situation actuelle n'est pas inéluctable, il faudrait sortir de la crise économique par une meilleure utilisation des ressources si nous ne voulons pas mener l'humanité à la catastrophes, c'est possible .

L

avatar lavoisier - 17/01/2009, 21:30

et pour finir mon avis

le nucléiare ce n'est pas un miracle



1 kw elec pour 2 en rejet thermique pour chauffer de l'eau de mer

ceal veut dire 2/3 de production de déchêts pour rien si pour vos enfants



si on applique des principes de microcogéneration

on peut faire en conbinée de l'electricité et de la chaleur avec un rendement de 90%, soit 3 fois de déchêts nucléaire ou fossile en moins



C'est bien ce vous demandez en cette saison



cela n'exciste pas, mon oeil, tapez microcogénération dans votre moteur de recherche



cela ne fait pas les affaires de tout le monde

avatar Bertrand Michel André - 17/01/2009, 23:34

La PRODUCTION MWh des éoliennes est introuvable .Le site officiel de l'ADEME consacré à la production des éoliennes donne des PUISSANCES en MW des éoliennes installées par région et il appelle ça de la production.On est obligé de se demander pourquoi ? Et si le fameux "facteur" supposé être égal à 0,25 n'atteignait pas cette valeur ? Peut-être 0,20 ou moins. Il faudrait comme au Danemark supprimer l'obligation d'achat par EDF. Cet éolien coûte très cher au consommateur et au contribuable : c'est un scandale !



Mais il en est un autre: c'est le photovoltaîque. EDF est obligé d'acheter 55 cents le kWh ce qu'il peut produire à moins de 5 cents ! France 2 faisait un reportage: Dans le midi des sociétés d'investissement cherche à louer pour 20 ans des toits d'au moins 400 m2. L'heureux propriétaires ne s'occupe de rien: installation, raccordement, entretien sont gérés par la société. Il reçoit 16 000 € à la signature, plus 1 600 € par an, et il est propriétaire de l'installation au bout des 20 ans ! C'est l'imbécile de client qui financera cette splendide niche fiscale .

avatar lavoisier - 18/01/2009, 16:55

et le plus incroyable dans cette affaire



C'est que la production des éoliennes et PV

déja difficile à obtenir se retrouve dans le radaiteur électrique

avatar Christophe Magdelaine - 18/01/2009, 22:10

@ Bertrand Michel André : vous trouverez ces chiffres sur notre dossier :. De plus le rendement est d'environ 24%

avatar Hervé P (Bourges Cher) - 05/02/2009, 16:19

@Christophe Magdelaine - notre-planete.info - 18/01/2009, 22:10 "@ Bertrand Michel André : vous trouverez ces chiffres sur notre dossier :. De plus le rendement est d'environ 24%"

J'ai consulté votre dossier et je constate que là aussi quelquechose cloche dans le tableau de puissance et de production d'électricité d'origine éolienne en France. Si je lis bien ce tableau, par exemple pour 2008 la puissance installée disponible était de 3300 MW et la production de 5600 MWh, je suppose que c'est par an, soit pour 24hx365js = 8760 heures, ce qui fait en puissance utile 5600/8760 = 0,639 MW. Si on applique la formule pour trouver le rendement, soit 0,639/3300 ou bien 5600/(8760x3300) = 0.000194, donc le rendement serait de moins de 0,02%, ce qui est ridicule.

Je pense qu'il faut plutôt lire : "Production d'électricité (annuelle, et depuis la mise en service des derniers parcs en cours d'année) (en GWh)".

Je vous prie donc de bien vouloir rectifier, dans ce tableau, cette erreur d'échelle importante d'un facteur 1000.

Mais, si l'on réfléchit bien, étant donné que l'éléctricité n'est pas stockable, ce n'est pas tant la production cumulée qui est importante, mais bien l'adéquation de la demande (ou consommation réelle, puisque toute la demande est satisfaite dans ce pays) instantanée, et ce toutes sources de production d'électricité cumulées et comparées, avec l'offre globale instantanée qui -par défénition et compte tenu des pertes dans le réseau- doit être plus élevée, ce qu'un tel tableau ne montre pas du tout puisqu'il s'agit de chiffres globaux cumulés et isolés des autres sources de production, tout étant relatif. Or, à quoi sert-il de produire de l'électricité au gré du vent si cette électricité d'origine éolienne n'est pas consommée ou subsituée instantanément à une autre d'origine fossile ?

Je pense que vous seriez beaucoup plus crédible si vous faisiez des courbes analytiques de production d'électricité relatives (par types de sources) dans le temps (selon l'heure, le jour, la saison,...) comparativement avec celle de la consommation d'électricté qui est nécessairement satisfaite, mais qui est très variable dans le temps.

Je sais, là ça devient très technique, c'est le rôle des spécialistes alors que votre rôle est plutôt généraliste. Mais, si vous creusiez un peu ces questions, je crois que vous seriez peut-être un peu plus nuancé sur ce sujet de l'éolien et son rendement en terme d'efficacité réelle.

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