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Les bruits sous-marins font peser de sérieuses menaces sur les mammifères marins

8122 lectures / 6 commentaires12 décembre 2008, 17 h 22

baleines à bossesBaleines à bosses
crédit : Armand Daydé
L’avenir de nombreuses espèces marines est sérieusement menacé par la pollution sonore sous-marine d’origine humaine, ont prévenu le 3 décembre les écologistes, incitant à l'ouverture de discussions urgentes, lors de la 9ème Conférence des Parties de la Convention sur les Espèces migratoires (CMS) qui se tient cette semaine.

Un rapport publié aujourd’hui par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), Ocean Noise: Turn it down, a démontré qu’au cours des dernières décennies, les bruits sous-marins créés par les activités humaines avaient considérablement augmenté, ce qui fait peser une menace importante sur de nombreux mammifères marins. Le bruit engendré par le transport maritime commercial, les sonars, l’exploration sismique réalisée par l'industrie pétrolière et gazière, la construction off-shore et les activités de loisir contribue à créer un environnement qui désoriente de plus en plus les cétacés.

Les baleines, dauphins, marsouins et certains autres cétacés se fient uniquement aux bruits sous-marins pour leur navigation, leurs communications et pour leur alimentation. L’augmentation de la pollution d’origine humaine peut provoquer des modifications du comportement des cétacés, par exemple l’abandon des zones de mise bas et de nourrissage, et dans certains cas extrêmes l’échouage, voire la mort.

Au cours de ces dernières années, certaines institutions internationales telles que les Nations Unies, l’OMI (Organisation Maritime Internationale) et l’Union Européenne ont accordé une plus grande attention à la pollution sonore sous-marine. IFAW estime que la CMS peut jouer un rôle essentiel afin d’assurer que des résolutions énergiques destinées à protéger ces espèces sont mises en œuvre d’urgence. IFAW en appelle aux Parties à la CMS et au Secrétariat de la CMS afin qu’ils examinent un large éventail de mesures actuellement en discussion à la Convention afin de s’attaquer au problème des bruits sous-marins.

« La protection des espèces marines contre le bruit sous-marin est essentielle à leur survie. Le bruit sous-marin peut se déplacer sur de grandes distances et affecter les espèces marines au-delà de nombreuses frontières maritimes nationales, » confirme Veronica Frank, Responsable des campagnes d’IFAW. « Il est donc vital que les états collaborent pour mettre en place des accords solides afin d’éviter que les espèces marines ne soient noyées par des bruits perturbateurs d’origine humaine. »

Le rapport d’IFAW a souligné que les sons des navires dans l’Océan Pacifique avaient doublé à chaque décennie au cours des 40 dernières années* et que la flotte commerciale globale devrait doubler d’ici 2025.En revanche, la distance à travers laquelle les baleines bleues peuvent communiquer a été réduite du pourcentage vertigineux de 90% en raison de l’augmentation des niveaux sonores.

Le rapport d’IFAW sur le bruit sous-marin condamne tout particulièrement les bruits à haute intensité tels que les analyses sismiques et les sonars militaires. Ceux-ci émettent des sons supérieurs à 200 décibels qui peuvent blesser les animaux marins. Les scientifiques ont également lié les sonars à haute intensité à l’échouage fatal des baleines et dauphins.

Notes

* McDonald et al, 2006

La Convention sur les Espèces migratoires d’animaux sauvages (CMS) vise à conserver les espèces migratoires terrestres, marines et aviennes sur l’ensemble de leur aire de répartition. C’est un traité intergouvernemental international, conclu sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement, en vue de la conservation des animaux sauvages et de leur habitat sur une échelle globale.
Les espèces migratoires menacées d’extinction sont listées à l’Annexe I de la Convention. Les Parties à la CMS luttent en faveur d’une protection stricte de ces animaux, de la conservation ou la restauration des lieux où ils vivent, de l’abolition des obstacles à la migration et du contrôle d’autres facteurs qui pourraient les menacer. La CMS promeut une action concertée entre les états de l’aide de répartition de nombreuses espèces.
Les espèces migratoires qui devraient considérablement profiter d’une coopération internationale sont listées à l’Annexe II de la Convention et celle-ci encourage les États de l’aide de répartition à rechercher des accords internationaux ou régionaux. Cet Accord peut être constitué de traités ayant force exécutoire appelés Accords, ou des instruments moins formels, tels que des Déclarations d’intention. La CMS a la capacité unique de développer des modèles adaptés en fonction des besoins de la conservation sur l’ensemble du territoire de migration.

Auteur

Fonds International pour la Protection des Animaux ; date originale : 12 décembre 2008, 17 h 22

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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6 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar delpech Couëron - 13/12/2008, 09:12

Comment s'étonner de l'empreinte énorme que nous avons sur toutes les autres formes de vie. Nous avons toujours agi et continuons à le faire comme si nous étions les seuls êtres vivants et intelligents de cette si belle planète.

Personnellement, je ramasse les déchets des autres, partout où je vais. Je fais cela parce que tous ces détritus sont pour moi autant de blessures faites à ma personne. Je raisonne comme cela parce que j'ai conscience de faire partie de l'écosystème.



Et puis, je refuse l'automobile. Alors, quoi qu'il m'en coûte, je prends les transports en commun et mon vélo. Je marche beaucoup aussi, pour aller au boulot.

avatar aclert Clermont-ferrand 63 - 13/12/2008, 21:25

Une fin pour bientôt non! Mais dans un délai de environ 100 ans fort probable du moins il n'y aura plus autant d'hommes pour tout anéantir aveuglément!!!Un problème que l'on aborde jamais comme si il ne fallait pas en parler?La démographie galopante de l'homme le conduira à sa perte et ça ce n'est pas contestable car c'est mathématique!!!

Désolé pour les réveurs....

avatar delpech Couëron - 13/12/2008, 23:00

http://sauvage1.chez-alice.fr/

Voici l'adresse de mon site. Je me permets de le diffuser sur votre forum car il concerne, pour une part importante, des réflexions sur notre relation aux autres espèces. Je suis exécrée de voir l'attitude des gens envers les endroits où ils passent, dans la campagne ou ailleurs. Partout, ils souillent les lieux les plus secrets de leurs ordures. Je ne sais pas comment leur faire entendre raison, puisqu'ils ont l'air de se moquer de tout ce qui est protection de l'environnement. Et je parle des gens ordinaires que l'on croise dans la rue ; pas des personnes qui raisonnent et forment des groupes réactifs, voire des associations pour être plus fortes face aux vents contraires.



Si vous allez dans mon sens, j'aimerais bien vous rencontrer, car je me sens très seule, dans mes revendications



Merci d'avance

avatar hématite (38) - 14/12/2008, 09:29

Je ne vois pas le rapport entre perte de l’homme et la thématique de l’article !

On parle de bruits croissants dans les fonds marins ce qui engendre soit un rétrécissement du champ de « vision » des mammifères marins (et des problématiques qui peuvent en découler, prédation, recherche de nourriture et j’en passe), soit l’intensité/la nature du bruit engendre des désordres physiologiques fatals. Il n’y a pas besoin d’attendre 100 ans pour décimer une population si les méfaits et l’impact sont trop grands (déjà aujourd’hui).

Au lieu de s’accrocher sur la probabilité que peut être l’homme ne sera plus là ou sera en moindre importance et qu’il n’agira plus vraiment sur son environnement, et quand bien même ce serait le cas, qu’est ce qui nous donne le droit de tous rafler, de toute détruire !.. Ce n’est pas une question de survie, là on est sur des questions de nombrilismes, de cupidité et d’idées bien « futiles » de l’Homme.

avatar alibaba royan - 26/12/2008, 20:00

L'influence néfaste désastreuse des éoliennes sur les chauves-souris:

lorsqu'une chauve-souris passe derrière les extrêmités des pales, qui peuvent atteindre 250/300

km/h,la dépression brutale qu'elle subit fait éclater ses fins capillaires de ses mem branes ainsi que ses poumons et ses viscères.

Et celà, son sonar n'a pas pu le prévoir.

Une chauve souris peut manger 1/3 de son poids en une seule nuit en insectes nuisibles.Bonjours les pesticides, insecticides qu'il va fallaoir déverser pour compenser cette destruction,que, naturellement, on s'éfforce de camoufler.

avatar GC Baudignan - 04/01/2009, 12:31

Toutes nos technologies perturbent la nature .Les éclairages publics ont un effet déplorable sur le cycle des insectes et donc sur les prédateurs de ces derniers :les insectes s'agglutinent autour des lumières où ils sont manger par les chauves-souris ou autres avant même d'avoir pu se reproduire .Ce qui engendre un grave déséquilibre mais qui s'en préoccupe .

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