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La pollution chimique diffuse menace la santé et la reproduction humaine

16117 lectures / 16 commentaires10 décembre 2008, 10 h 54

La pollution chimique diffuse menace la santé et la reproduction humaineDR
L’Inserm a exposé le 02 octobre 2008 les liens avérés ou possibles entre des facteurs environnementaux et une dizaine de cancers en progression, dans un rapport qui fait la synthèse de plus de 1800 articles ou rapports scientifiques sur le sujet. "Les modifications de l’environnement pourraient être partiellement responsables de l’augmentation constatée de l’incidence de certains cancers", a noté l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

A la demande de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail), des experts en épidémiologie, toxicologie, clinique, médecine du travail ou quantification des risques ont analysé les données scientifiques disponibles sur neuf cancers dont l’incidence a augmenté depuis une vingtaine d’années : cancer du poumon, de la plèvre, du sein, de l’ovaire, du testicule, de la prostate, de la thyroïde, leucémie et tumeurs cérébrales.

Ils ont pu ainsi mettre en relief des "facteurs cancérogènes avérés ou probables", comme l’amiante, les radiations, le radon ou le tabac passif pour le cancer du poumon, ou des "facteurs débattus", pour lesquels les études sont limitées, comme le tabac passif ou les pesticides pour le cancer du sein.

Depuis trente ans, le développement de nouveaux produits chimiques pour le bâtiment, le mobilier et l’entretien a été très rapide. Mais ce changement n’a été suivi d’aucun contrôle de l’hygiène des bâtiments. Parmi ces nouveaux produits se trouvent les COV (Composés Organiques Volatils), dont les aldéhydes, le formaldéhyde, le benzène, le toluène, les éthers de glycol actuellement fortement présents dans l’air ambiant des maisons.

Les COV sont des substances composées de carbone et d’hydrogène présents dans la plupart des matériaux de construction. Ils constituent une nouvelle source de pollution de l’air ambiant des maisons. Ils peuvent s’évaporer pendant des mois et des années. L’un des plus nocifs est actuellement le Formaldéhyde - un combiné chimique dérivé du Formol. Ses émissions varient en fonction du taux d’humidité et de température de la pièce. Plus l’ambiance de la pièce sera chaude et humide et plus les dégagements de formaldéhyde seront importants.

Le formaldéhyde également appelé méthanal ou aldéhyde formique est un gaz incolore fortement irritant et classé cancérogène pour l’homme depuis juin 2004 en France. Selon les résultats d’une enquête de l’INRS, sa consommation française a atteint 126 352 tonnes en 2005. Près de la moitié de ce tonnage est utilisée dans le secteur de la fabrication de résines qui servent par exemple à élaborer des vernis ou des colles. Les secteurs de la fabrication de produits agrochimiques et de la fabrication de produits chimiques à usage industriel consomment plus de 40 % de la quantité annuelle, pour la production de désinfectants, antimycosiques et conservateurs.

De très nombreux secteurs industriels sont donc concernés par l’utilisation de solution de formaldéhyde ou de résines : le tannage des cuirs, la fabrication des panneaux de bois, de colles et gélatine, de caoutchouc synthétique, de produits pharmaceutiques, de moules de fonderie, de colorants, de pigments, d’huiles essentielles, de parfums, de savons, de détergents, de peintures, d’engrais, d’aliments pour animaux... En Juin 2004, le Centre International de Recherche sur le Cancer (Circ) a classé le formaldéhyde en catégorie 1 (cancérogène avéré chez l’homme).

Une campagne de mesure dans les écoles et crèches de Strasbourg a relevé en 2004/2005 des teneurs significatives de formaldéhyde (23 microgrammes/m3 en moyenne sur 48 heures, plus de 50 microgrammes dans 2 crèches, 10 maternelles et 8 élémentaires). Depuis le 1er janvier 2007, les travaux exposant au formaldéhyde sont soumis, en France, à la réglementation prévue pour les agents cancérogènes de catégorie 1 (cancérogènes avérés) et 2 (cancérogènes probables). Une initiative isolée du gouvernement français, qui fait ainsi figure de pionnier. En effet, même si le formaldéhyde a été reconnu cancérogène avéré en juin 2004 par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), la classification européenne continue à le considérer seulement comme un cancérogène possible, de catégorie 3.

De ce fait, il est impossible de l’interdire dans les produits destinés au public et de rendre obligatoire la protection des salariés exposés. Pour mettre fin à cette situation, la France a réclamé son inscription en catégorie 1 ou 2 au niveau communautaire. En France, il n’existe pas de réglementation générale en ce qui concerne les valeurs limites pour le formaldéhyde dans l’air intérieur des maisons. Selon plusieurs études européennes, dont celle de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur pour la France, les enfants respirent un air généralement plus pollué à l’intérieur des écoles qu’à l’extérieur. Les études de terrain anglaises, danoises, néerlandaises et françaises sont formelles : les écoles sont en général mal aérées, et le confinement favorise les concentrations de polluants.

En France, aucune des 11 écoles visitées en 2001 par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur ne respectait les renouvellements d’air réglementaires de 15 m3 par heure et par personne. Le débit maximal observé dans l’échantillon était de 10 m3. La très grande majorité (80 à 90 %) des écoles ne dispose pas de ventilation mécanique, et lorsqu’elle existe, elle n’est pas entretenue (filtres usés etc.)

Quant aux particules fines des moteurs diesel, qui atteignent les alvéoles pulmonaires, leur rôle est avéré pour le cancer du poumon. Selon des études menées à Paris, Grenoble, Rouen et Strasbourg, 10 % des cancers du poumon dans ces villes leur sont attribuables.

Autre problème que l’on commence seulement à appréhender : celui des perturbateurs endocriniens, comme les phtalates et le bisphénol A qui ont un effet avéré sur la reproduction et le développement du fœtus ; or le nombre et la qualité des spermatozoïdes ont diminué d’environ 50 % par rapport à 1950. Par ailleurs, l’incidence du cancer des testicules a doublé au cours des trente dernières années. Le nombre de malformations génitales masculines est en hausse.

Le Gouvernement prend très au sérieux cette question et les ministères de l’écologie et la santé, l’Institut de recherche en santé publique (Iresp) et l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) ont organisé le colloque "Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant", mardi 25 novembre à Paris.

A l’issue de ce colloque, Madame Bachelot a déclaré qu’elle demanderait à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) de lancer une étude sur le risque des cosmétiques pendant la grossesse et chez le jeune enfant, "notamment les cosmétiques distribués dans les maternités". Elle a indiqué qu’elle allait commander à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) "une expertise collective sur la mutagenèse et la reprotoxicité de produits chimiques, notamment les produits classés CMR3".

Ces plastifiants s’opposent à l’action des hormones masculines, les androgènes. Les phtalates sont employés comme lubrifiants dans le PVC et se retrouvent dans de nombreux objets de consommation courante : cosmétiques et emballages pour la nourriture. Ce sont des antiandrogènes. Le bisphénol A est un œstrogène de synthèse qui n’a pas été utilisé comme tel car le même chimiste a mis au point un œstrogène plus puissant, le Distilbène... Le bisphénol A est utilisé pour fabriquer des biberons, des bouteilles en plastique et d’autres produits courants. Ana Soto a montré chez la souris des images analogues à une cancérisation après exposition de la glande mammaire à du bisphénol A. Ces perturbateurs endocriniens se retrouvent dans l’organisme, y compris dans le lait de la mère qui nourrit son enfant au sein.

L’action hormonale de ces substances est évitable. La question est donc posée d’éviter les expositions. Il ne faut attendre la preuve de la causalité pour prendre des mesures de protection. Les usines de traitement des eaux ne captent malheureusement pas les produits de dégradation de médicaments ayant des effets oestrogéniques ou antiandrogènes, à commencer par les pilules anticonceptionnelles. Il faut développer des moyens technologiques pour le faire. Le Canada est le premier pays au monde à avoir interdit les biberons pour bébés en plastique rigide fabriqués à partir de bisphénol A (BPA), en raison des « incertitudes » soulevées par de récentes études scientifiques.

En France, une étude scientifique rigoureuse réalisée par une unité de recherche du CEA vient confirmer ces soupçons : le MEHP, un phtalate répandu, nuit à la fertilité masculine en agissant dès le stade fœtal. La Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) vient pour sa part de demander que les pouvoirs publics français contribuent à l’adoption d’un texte européen interdisant la présence de substances chimiques toxiques et de métaux dans les vêtements pour enfants.

A la lumière de ces récentes et convergentes avancées scientifiques, notre pays doit prendre à bras le corps ce grave problème, totalement négligé depuis des décennies, que constitue la pollution chimique intérieure et diffuse. Il y là un enjeu majeur de santé publique et un défi industriel, scientifique et médical que la France doit relever.

Auteur

René TREGOUËT (www.tregouet.org). Sénateur honoraire, fondateur du Groupe de Prospective du Sénat ; date originale : 10 décembre 2008, 10 h 54

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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16 commentaires

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avatar Dje kouassi jonas ( côte d'ivoire) - 10/12/2008, 15:40

Le problème n'est pas d'en parler mais de faire des campagnes de sensibilisation pour que la population comprennent véritablement les danger de la pollution chimique et de reduire les polluants.

avatar delpech Couëron - 10/12/2008, 18:17

Ca fait plus de vingt que je sais que les crocodiliens de Floride se reproduisent de moins, du fait de la pollution (plastiques et autres chimiques)



Alors, que l'humanité disparaisse à la suite, par manque de discernement, cela ne me fait ni chaud ni froid !!!

avatar douds - 12/12/2008, 11:49

oui, en 60 ans, on a fabriqué des milliers de produits en chimie organique sans se préoccuper de l'action biologique de ces composés. L'utilité directe d'un materiaux n'ai pas suffisante pour généraliser son emploi. Nous avons toujours un train de retard devant les phénomènes qui apparaissent. Les plastiques, c'était d'abord la pollution visuelle dans le paysage, les bouteilles, les sacs...



Maintenant c'est beaucoup plus insidieux que çà, nos cellules prennent ces composés organiques comme des messages hormonaux. Et ces messages sont bien sûr, tout à fait incohérents. Ils constituent une pollution hormonale.C'est le fondement intime de la vie pluricellulaire qui est mis à mal.



N'a t on pas dit depuis toujours que c'est par le plomb de ses canalisations que l'empire romain s'est tué.



Science sans conscience (de soi même, de sa propre nature) n'est que.....

avatar Françoise Jadoul Ittre - 13/12/2008, 13:51

Les produits chimiques polluent notre environnement, nuisent à notre santé et coûtent cher à notre portefeuille. Leur commerce remplit les poches des grandes multinationales. On peut facilement s'en passer: qu'attendons-nous pour nous révolter... Pour info: un outil de sensibilisation : http://www.espace-environnement.be/publications_details.php?idpubli=3

avatar elvius isère - 13/12/2008, 14:41

En ce qui concerne les particules fines, le principe de prévention ne devrait-il pas s'appliquer aussi au chauffage au bois, principal émetteur en période hivernale ?



Cas des PM2,5 pour toute l'année 2006 (l'ensemble des 4 saisons) : « les émissions dues à la combustion du bois pour le chauffage domestique sont prépondérantes (34% des émissions) et celles dues aux véhicules diesel sont significatives (14%) (source CITEPA) » [cité par la Direction de la Prévention des Pollutions et des Risques, ministère de l'écologie].

Quant aux PM1, encore plus nocives, toujours en 2006, les émissions du chauffage au bois (toute sources confondues) ont été de 64% contre 18% pour l'ensemble des transports (routier et autres) (source CITEPA, février 2008).



Vous voyez, il n'y a pas photo !



Ici, je rejoins le message de Dje kouassi jonas. A quand une campagne de sensibilisation de la population sur toutes ces sources de pollution, sans en occulter certaines, et pas des moindres !

avatar SOUGY Hyères - 13/12/2008, 16:41



la majorité des produits polluants est connue ,avec les effets secondaires ... et depuis des années on ne s'attaque pas aux causes, mais aux conséquences, et pendant ce temps, c'est la planète tout entière qui est polluée. les causes ?? ne pas produire et vendre ces produits mortels : mais la puissance des lobbings est telle que l'on continuera à polluer pendant des decennies..A quand les vraies mesures?

avatar Olivier P (Rhône) - 13/12/2008, 23:25

Effectivement tout est connu et déjà indiqué, références scientifiques à l'appui, dans le passionnant livre "l'homme en voie de disparition ?" de Colborn, Dumanski et Peterson Myers, qui date de 1997.

avatar Guillaume, Médan - 14/12/2008, 01:32

Mais que fait le CIRC ?

(Centre international de recherche sur le Cancer)

il fait parti de l'OMC, no comment...

avatar Sylvie Jamet - Grenoble - 14/12/2008, 09:11

à nous tous d'agir chacun à notre niveau pour changer cet état de fait, sans fatalisme ni peur d'agir. La survie de l'espèce humaine en dépends. Comment pourrions-nous nous regarder en face si nous ne tentions rien. Il est possible de changer nos comportements de conommateurs, d'être acteur selon nos propres choix...

avatar jean-pierre isère - 14/12/2008, 22:43

Qualité de l'air intérieur

--------------------------------



Les personnes qui se chauffent au bois feraient bien de se méfier :



Le Plan Particules du ministère de l'écologie pointe du doigt le BENZÈNE émis par la combustion du bois.:

Le BENZÈNE est classé en catégorie 1 (cancérogène avéré chez l'homme) par le CIRC.



« La combustion du bois dans le secteur domestique représente la plus large part des émissions de particules du secteur résidentiel-tertiaire. Le développement du chauffage au bois domestique a un impact négatif sur la qualité de l’air, du fait de ses émissions très importantes notamment (mais pas uniquement) en poussières. Le chauffage au bois a également un impact sur la QUALITÉ DE L'AIR INTÉRIEUR, du fait des émissions de BENZÈNE notamment. » (Plan Particules, Dossier de Presse du 11 juillet 2008).



Le bois-énergie est le principal émetteur de benzène dans l'atmosphère (74% des émissions nationales en 2005 - source : chantier n°33 du Grenelle, rapport du 13 mars 2008).



avatar Jean Aurillac - Le Puy en Velay - 15/12/2008, 22:18

Journal de 20 heures - TF1 - 2 janvier 2008.



Reportage sur la pollution générée par le chauffage au bois :



(Commentatrice) > « Le chauffage au bois a connu un fort développement en Rhône-Alpes; mais, durant les vacances de fin d'année, les capteurs qui mesurent la qualité de l'air ont enregistré des dépassements importants de particules très polluantes »



(Intervenant - Surveillance de la qualité de l'air en Rhône-Alpes) > « On a eu des niveaux qui ont dépassé le seuil d'information des personnes sensibles, voire même dans certains cas le seuil d'alerte, et surtout l'épisode a duré 10 jours. Donc on a une aggravation à la fois en termes de niveau atteint et en termes de durée dans le temps. Quand vous brûlez du bois, en général, mais c'est vrai dans un chauffage, c'est vrai quand vous le brûlez à l'air libre, ça émet des particules, et notamment des particules très fines qui sont les plus dangereuses pour la santé »



(Commentatrice) > « Le chauffage au bois est neutre en termes d'effet de serre, il émet le CO2 que le bois a capté pour sa croissance, les pouvoirs publics aident à son développement. Mais si les chaudières industrielles sont contrôlées, les chaudières individuelles et les poêles échappent à tout contrôle, mal réglés, brûlant un bois trop vert ou des déchets impropres, ils émettent des polluants dangereux .

L'idéal est une chaudière nouvelle génération, avec un bois propre et sec, comme ces granulés, mais ce n'est pas suffisant, il faudrait l'équiper d'un filtre »



(Intervenant - Réseau d'installateurs de chaudières à bois) > « Ces chaudières effectivement, bénéficiant de ce filtre, rejetteront moins de particules dans l'atmosphère, donc cette démarche que nos voisins européens ont prise, je pense que, en France, ça suivra et que l'année 2008 verra, sur les chaudières à granulés, ce principe de filtre à particules »



(Commentatrice) > « Car il ne s'agirait pas, en développant la filière bois, de gâcher en termes de santé publique ce qu'on a gagné dans la lutte contre l'effet de serre »

avatar Claude (St Etienne) - 17/12/2008, 10:14

A la lecture de l'article, seules les particules fines issues des moteurs diesel sont vraiment dangereuses.

Mais à la lecture des commentaires sur le chauffage au bois, j'ai envie de paraphraser la commentatrice du reportage du journal de TF1 :

"Car il ne s'agirait pas de cacher les dangers du chauffage au bois derrière un écran de fumée des moteurs diesel".

avatar Félix (Lyon) - 17/12/2008, 12:21

J'ai remarqué un point commun entre le chauffage au bois et les moteurs diesel :

On envisage de mettre des FILTRES sur les chaudières à bois comme sur les véhicules diesel !

avatar jean-pierre isère - 17/12/2008, 21:04

N'y a-t-il pas eu d'études sur l'impact sanitaire du chauffage au bois, et plus généralement de toutes les combustions de biomasse, comme cela a été réalisé pour les moteurs diesel ?



Le rapport du programme européen Carbosol (15 décembre 2007) indique pourtant que : "De récentes études épidémiologiques ont souligné la similarité des effets sur la santé entre les fumées de combustion de biomasse et les produits pétroliers (diesel), tant dans la nature que dans la fréquence des troubles engendrés (affection respiratoire, cancer du poumon...)".



En tout cas, le principe de précaution (si ce n'est de prévention ?) devrait s'appliquer à toutes ces combustions, comme aux moteurs diesel.



Philippe Richert, vice-président du sénat à l'époque, dans un rapport de février 2007, alerte les pouvoirs publics :

"Le bois-énergie présente l’avantage environnemental principal d’être neutre en terme de gaz à effet de serre [...] Mais la combustion du bois pollue [...] Cette réalité est aujourd’hui méconnue voire occultée en France [...] Il faut que les pouvoirs publics se saisissent à bras le corps de ce problème, pour éviter qu’à l’horizon de dix ans le bois ne devienne dans notre pays l’un des principaux contributeurs aux émissions les plus toxiques".



D'après le CITEPA : de tous les combustibles (et carburants), le bois est le principal émetteur, dans l'atmosphère, de dioxines et furannes, de HAP, de particules quelle que soit la granulométrie et l'un des principaux émetteurs de métaux lourds (hormis le mercure et le nickel); il est également le principal émetteur de PCB (pyralènes) et de benzène.



Lorsqu'on connaît les impacts sur la santé de tous ces polluants, on s'étonne qu'en France il n'y ait pas eu d'études (ou peu ?) sur les combustions de biomasse.



A ce propos, le titre de l'article est : "La pollution chimique diffuse menace la santé et la reproduction humaine".



La menace sur la reproduction humaine est le fait en particulier des dioxines et furannes (entre autres méfaits potentiels), et le rapport de Philippe Richert précise que : "Les dioxines et les furannes sont émis majoritairement par l'incinération des déchets, la combustion du bois résidentiel et la métallurgie".

avatar Alain (Grenoble) - 17/12/2008, 22:18

Oui, toutes les combustions de biomasse devraient être dans le collimateur des pouvoirs publics.



Les feux à l'air libre de déchets, y compris les déchets végétaux, sont en principe interdits dans notre pays.

Mais on en voit encore beaucoup empoisonner l'atmosphère (feux de jardin, feux agricoles, feux de chantiers...).

Il y a pourtant des moyens plus respectueux de l'environnement pour s'en débarrasser (compostage, déchetteries...).



Seulement des communes et même des préfectures n'ont pas l'air de connaître tous les textes qui interdisent les brûlages à l'air libre des déchets verts. S'ils connaissent l'article 84 du Règlement Sanitaire Départemental, ils ignorent par exemple l'article R541-8 du Code de l'Environnement, relatif à la classification des déchets (anciennement décret n° 2002-540 du 18 avril 2002) et son annexe II dans laquelle figurent les déchets de jardins et de parcs. Il y a possibilité de dérogation (article 164 du Règlement Sanitaire Départemental) par arrêté préfectoral, mais ceci doit rester exceptionnel (par exemple le cas du monde de l'agriculture, dans des conditions bien déterminées).



Pour information :

Le CIRC place dans le groupe 2A (probablement cancérogènes pour l'homme) certains mélanges, dont le "Gaz d'échappement des moteurs diesel ", et 3 lignes au-dessus la "Combustion ménagère de biomasse (essentiellement le bois), émissions de source intérieure dues à la ... ", mais il manque la suite.

avatar Yves - Chambéry - 19/12/2008, 06:46

La combustion du bois résidentiel est tellement polluante que : « même dans les grandes villes, le bois est la source de pollution n°1 ». À titre de comparaison, « la combustion de 1kg de bois de cheminées pollue autant que la combustion d’une tonne de diesel pour automobiles »



Encore une idée reçue qui tombe !



Article complet sur le site des Techniques de l'Ingénieur :



Lien : http://enews.techniques-ingenieur.fr/xg/newsletter/technoflash1/environnement-securite/le-projet-carbosol--fustige-les-feux-au-bois/48.html



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