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Une nouvelle espèce de gecko découverte à partir d’un oeuf éclos à Paris !

9132 lectures / 2 commentaires12 novembre 2008, 14 h 12

Une nouvelle espèce de gecko découverte à partir d’un oeuf éclos à Paris !© Ivan Ineich / MNHN
Lepidodactylus buleli est une nouvelle espèce de gecko de l’île d’Espiritu Santo (souvent appelée Santo, Vanuatu, Pacifique Ouest) découverte et décrite par Ivan Ineich, herpétologue au Muséum à la suite de l’Expédition scientifique internationale SANTO 2006 co-organisée par le Muséum, Pronatura international et l’IRD.

Cette découverte est exceptionnelle à double titre : d’une part, c’est la première nouvelle espèce de vertébré terrestre décrite suite à l’expédition ; d’autre part, c’est le premier lézard au monde décrit à partir d’un spécimen rapporté précieusement de l’île sous la forme d’un oeuf (20 000 km parcourus !), éclos en captivité à Paris fin 2006, puis élevé durant plus d’une année par deux experts terrariophiles parisiens jusqu’à la taille adulte permettant la description de l’espèce par le scientifique ! Cette découverte ouvre également de nouvelles perspectives pour l’inventaire de la biodiversité par la collecte et l’élevage des oeufs et des jeunes, car auparavant les oeufs n’étaient que très rarement considérés comme intéressants.

Cet animal se rapproche d’une autre espèce des îles de l’Amirauté (Papouasie Nouvelle-Guinée) par plusieurs caractères de son écaillure, notamment le nombre élevé de rangs d’écailles autour du corps. Elle est cependant différente des autres espèces par la combinaison des caractères suivants : nombre élevé d’écailles autour du milieu du corps, faible dilatation des doigts et orteils, faible palmure entre les orteils III et IV, présence d’éperons cloacaux, un dessin dorsal original à la base de la queue et une coloration jaune citron des labiales.

Cette espèce arboricole vit dans ou à proximité de plantes myrmécophiles (qui abritent des colonies de fourmis) suspendues en hauteur (quelquefois jusqu’à 20 mètres) dans les arbres de la forêt primaire sur la côte occidentale sèche de Santo. Elle utilise ces plantes pour y déposer ses oeufs. L’espèce ne doit pas être trop rare dans la nature car de nombreux oeufs ont été observés dans certains sites collectifs de ponte (plusieurs femelles viennent pondre au même endroit). Pour le moment, les oeufs de ce gecko n’ont été trouvés que dans des plantes myrmécophiles. Ce gecko ne semble pas menacé si ce n’est par la destruction de son habitat, les forêts, qui touche pratiquement l’ensemble de la planète y compris le Vanuatu. La femelle pond deux oeufs adhésifs allongés (oeufs mous qui « collent » à la surface sur laquelle ils sont déposés) d’une largeur moyenne de 7,5 mm et d’une hauteur moyenne de 10 mm. Le corps de l’animal adulte mesure environ 4 cm et autant pour la queue, soit une longueur totale de 8 cm pour un poids d’environ 1,5 gramme. La durée de vie de cette espèce n’est pas connue. Toutefois d’autres individus d’une espèce distincte du même genre sont maintenus en captivité depuis maintenant plus d’une dizaine d’années.

Crédit : Ivan Ineich / MNHN
Cette découverte illustre une fois de plus le fait que certaines strates de la biodiversité, comme par exemple la canopée, sont totalement méconnues ou, dans tous les cas, difficilement accessibles aux biologistes. L’originalité et l’ambition de l’expédition SANTO 2006 étaient notamment d’étudier la faune des forêts du sol à la canopée grâce à des techniques de collectes innovantes (arboglisseur...). La collecte de plantes myrmécophiles durant la mission a été possible grâce au soutien de grimpeurs professionnels capables de décrocher les plantes épiphytes en hauteur dans les arbres et ainsi les rendre accessibles aux biologistes.

En savoir plus

Référence

Ivan INEICH, 2008 - A new arboreal Lepidodactylus (Reptilia: Gekkonidae) from Espiritu Santo Island, Vanuatu: from egg to holotype. ZOOTAXA, 1918: 26-38 29-10-2008

Liens

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Auteur

Muséum national d’Histoire naturelle, Paris ; date originale : 12 novembre 2008, 14 h 12

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

2 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar Gédéon à Kinshasa RDC - 19/11/2008, 22:49

Très heureux de voir l'évolution de la science, ce qui nous stimule nous jeunes biologistes à pouvoir avancer dans ce domaine. Le comble est que nous ne devons pas nous borner à ce qui est déjà découvert mais nous devons aller au délà de ce que nous connaissons de la nature i.e de la zoocénose et de la phytocénose.Mes sincères félicitations à l'équipe qui vient de découvrir cette si merveilleuse espèce existant déjà dans la nature mais encore cachée.que ceci ne soit pas la dernière fois de nos donner des pareiles informations qui nous contribuent à l'accroissement de notre capacité intellectuelle dans cette science naturelle qui fait partie de notre vie de chaque jour.Je vous encourage à continuer et que Dieu bénisse tous les efforts que vous fournissez pour arriver à nous informer.Que Dieu bénisse le site web "notreplanète".

Gédéon, étudiant en biologie à l'Université de Kinshasa, Kinshasa, République Démocratique du Congo. Merci.

avatar mansour algerie (tizi ouzou) - 25/11/2008, 15:14

je suis vraiment stipefier, mais possible qu'il sagis d'un processus aussi naturel que different de l'evolution des especes dans une optique de selection

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