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Nouvelles estimations inquiétantes des émissions de NF3, un puissant gaz à effet de serre

12399 lectures / 9 commentaires26 octobre 2008, 18 h 27

Nouvelles estimations inquiétantes des émissions de NF3, un puissant gaz à effet de serreCollection de divers cylindres utilisés depuis plus de 30 ans pour
collecter des échantillons d'air à travers le monde.
crédit : Scripps Institution of Oceanography
Un gaz à effet de serre puissant, le trifluorure d'azote (NF3) serait au moins 4 fois plus présent dans l'atmosphère que les estimations précédentes selon une équipe de chercheurs de l'Institut d'océanographie de La Jolla, en Californie.

A l'aide de nouvelles techniques d'analyse, l'équipe scientifique dirigée par Ray Weiss a réalisé la première mesure atmosphérique de NF3, un gaz dont le pouvoir réchauffant est des milliers de fois plus important que le dioxyde de carbone, à masse équivalente.
La quantité de NF3 présente dans l'atmosphère, indétectable par les techniques précédentes, avait été précédemment évaluée à au moins 1200 tonnes en 2006. Les nouvelles recherches tablent sur 4 200 tonnes pour la même année et 5 400 tonnes pour 2008 avec une quantité qui augmenterait d'environ 11 % par an.

Ray Weiss a déclaré "Mesurer précisément les faibles quantitiés de NF3 dans l'air s'est avéré un problème expérimental très ardu et nous sommes heureux d'avoir réussi à le résoudre." Cette étude sera publiée le 31 octobre dans Geophysical Research Letters, un journal de l'American Geophysical Union (AGU).

Les émissions de trifluorure d'azote étaient alors considérées comme si faibles qu'elles n'étaient pas considérées comme un contributeur au réchauffement climatique. C'est pourquoi, le NF3 n'est actuellement pas pris en compte par le Protocole de Kyoto. Pourtant, son pouvoir réchauffant est 17 000 fois plus puissant que le dioxyde de carbone à masse équivalente ; c'est à dire que pour réchauffer d'autant un volume d'air donné, il faudra 17 000 kilo de CO2 ou seulement 1 kg de NF3. De plus, sa durée de vie dans l'atmosphère est estimée à plus de 600 ans, contre 125 ans pour le CO2.
Malgré ces nouvelles informations peu rassurantes, les émissions de trifluorure d'azote ne contribuent pour l'instant qu'à 0,15 % de l'effet de serre d'origine anthropique.

Le trifluorure d'azote est notamment utilisé dans la fabrication des cristaux liquides si courants, mais aussi des écrans plats, des microcircuits électroniques et des cellules photovoltaïques censées lutter justement contre les émissions en gaz à effet de serre.
Beaucoup d'industries ont utilisé le NF3 au cours des dernières années comme alternative aux perfluorocarbones, qui sont aussi de puissants gaz à effet de serre, parce que l'on croyait que moins de 2 % du NF3 utilisé s'échappait dans l'atmosphère... Or, ce n'est pas le cas, puisqu'environ 16 % du gaz produit annuellement serait émis.
Du coup, les concentrations actuelles sont de 0,454 ppt (parties par trillion) contre 0,02 ppt en 1978, avec une plus forte concentration dans l'hémisphère nord que dans l'hémisphère sud, ce qui s'expliquerait par la présence d'industries qui émettent ce gaz.

Ces nouvelles données ont poussé les scientifiques à recommander la prise en compte du trifluorure d'azote dans les gaz couverts par le Protocole de Kyoto : " ce résultat renforce l'importance essentielle de la recherche fondamentale dans la détermination de l'impact global de l'industrie des technologies de l'information sur le changement climatique planétaire, qui a déjà été estimé équivalente à celui de l'industrie de l'aviation ", a ajouté Larry Smarr, directeur du California Institute for Telecommunications à l'UCSD, qui n'est pas impliqué dans l'étude de Scripps.

En savoir plus

Référence

Potent Greenhouse Gas More Prevalent in Atmosphere than Previously Assumed - Scripps Institution of Oceanography, UC San Diego

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Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 24 octobre 2008, 12 h 04 - Tous droits réservés

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9 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar matchum fanny, Yaoundé au cameroun - 24/10/2008, 14:28

c'est super génial une pareille découverte.



mes félicitations .

L'espoir étant que les Etats soient plus conscients et les populations aussi

avatar Morfoisse yves Montreuil/Ille - 24/10/2008, 19:14

Si on connait le tonnage de CO2 annuel dans l'atmosphère aujourd'hui on connaitrait mieux la mesure du danger du NF3 sachant qu'il a un pouvoir réchauffant 17000 fois supérieur au CO2 et que son émission en 2008 sera de 5400 tonnes. Quel est le tonnage actuel annuel du CO2 ?

avatar mbe polycarpe, Douala (Cameroun) - 25/10/2008, 19:54

Ces decouvertes sont très importantes pour la lutte conte les changements climatiques malgré que les décideurs de nos pays ( voie de developpement) ne prennent pas ces luttes au serieux

avatar M. Aicha Tripoli - 25/10/2008, 22:37

"C'est super genial une pareille decouverte" Je suis parfaitement avec vous .Mais quelles seront les consequenses si les gouvernements ne reagissent pas.Je ne veux meme pas penser a ce que sera l'avenir de nos enfants

avatar Pierre Région Parisienne - 26/10/2008, 16:55

Une malencontreuse erreur de traduction par Christophe lui a fait confondre les ppt (parties par trillion) du texte initial avec des ppb (parties par billion) ou partie par milliard.

Il en résulte que les chiffres du texte initial ne sont pas ceux qu'il donne, (0,02 et 0,454 ppb), mais 0,00002 et 0,000454 ppb (soit 0,02 ppt et 0,454 ppt). Si le produit est effectivement 17 000 fois plus actif que le CO2, cela correspond donc à 0,34 et 7,718 ppb de CO2, soit encore 0,00034 ppm et 0,0077 ppm de CO2.

Sachant, à titre de comparaison, que la teneur actuelle de CO2 de l'atmosphère est de 385 ppm, on voit qu'il y a encore beaucoup, beaucoup de marge avant de s'inquiéter...



Autre petite remarque : dans le dernier paragraphe, le "qui" de l'avant dernière ligne est relatif à l'"impact", nom masculin. La phrase doit donc se poursuivre par "estimé équivalent à celui" et non "estimé équivalente à celle".

Ah, ces traductions !

(un traducteur)

avatar Christophe Magdelaine - 26/10/2008, 18:28

@ Pierre Région Parisienne : merci pour votre coup d'oeil juste, j'ai modifié en conséquence le texte.

avatar yann Boulègue, paris - 02/01/2009, 12:00

J'aimerai apporter une précision. Quand on parle ici de photovoltaïque il faut préciser que c'est la filière couche mince qui est concernée. C'est assez logique dans la mesure ou la technique de production est similaire a celle des écrans plats et des circuits électroniques. En revanche les panneaux solaires photovoltaïques polycristallins et monocristallins qu'on trouve sur les toits des particuliers ne sont pas concernés.

Pour informations, les panneaux "couche mince" sont exploités principalement en champs solaires, notamment par EDF et sur les grandes surfaces de toitures (bâtiments industriels, entrepôts etc ...)

avatar Coryn Paris - 14/12/2011, 20:01

Le tri fluorure d'azote sera pris en compte dans le projet de poursuite du protocole de Kyoto car il a un effet de serre très important et une longue durée de vie dans l'atmosphère.

avatar Franco Veracruz France - 15/12/2011, 08:42

les scientifiques savaient depuis 10 ans mais ont plieé sous le lobby industriel de la microélectronique. aujourd'hui si on ne peut pas l'éviter en industrie on peut toutefois l'éviter en....traitement des déchets car à chaque qu'on brule à l'air des déchets contenant du fluor il réagit avec l'azote dans certaines conditions catalytique pour former du NF3!!!

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