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L’orpaillage clandestin détruit la biodiversité en Guyane

11516 lectures / 4 commentaires25 septembre 2008, 15 h 23

L’orpaillage clandestin détruit la biodiversité en GuyaneUtilisation de lances-monitors pour décaper les sols
crédit : WWF
Le dimanche 21 septembre 2008, un vol d’étude de 3 heures, en présence de Serge ORRU, Directeur Général du WWF France, a permis de constater la présence de plusieurs chantiers actifs d’orpaillage clandestins fortement impactant pour l’environnement au sein même du Parc Amazonien de Guyane. Ce constat tranche avec la volonté affichée par le Secrétariat d’Etat à l’outre-mer dans son plan d’action outre-mer du Grenelle de l’environnement, d’intensifier la lutte contre l’orpaillage alluvionnaire illégal. Engagement réitéré en Guyane en février 2008 par le Président de la République qui dans son discours de Camopi a promis que l’engagement français nécessaire à la lutte contre ce fléau « durera le temps qu’il faudra ».

Si le dispositif de lutte engagé par l’Etat, dispositif Harpie, permettant le démantèlement des filières d’approvisionnement des sites illégaux, a pu montrer des évolutions significatives sur le terrain de manière localisée et temporaire, son interruption à l’été 2008, après seulement quatre mois de mise en œuvre est un très mauvais signal donné aux orpailleurs clandestins.

Face à cette situation critique tant sur les plans environnementaux que sociaux et sanitaires, à laquelle sont confrontées les populations locales vivant dans le Parc Amazonien, le 09 septembre 2008 plusieurs représentants des communautés amérindiennes du Haut Maroni ont adressé à la Préfecture une « demande urgente d’intervention des forces de l’ordre contre l’orpaillage clandestin ».

Le survol réalisé ce dimanche 21 septembre, montre que les fleuves avoisinant d’autres communautés amérindiennes du parc, sont toujours largement impactés par l’exploitation aurifère illégale. C’est le cas de Camopi, là même où, en février dernier, le Président de la République avait affiché haut et fort la détermination de l’Etat à endiguer le phénomène. Plus en amont des rivières, les observations du WWF révèlent la présence d’une agriculture vivrière autour des chantiers clandestins, témoignant d’installations devenues pérennes.

Source d’impact majeur sur la biodiversité, sur la disponibilité en eau potable, mais aussi sur le maintien des modes de vie traditionnels des populations de l’intérieur de la Guyane, l’orpaillage clandestin reste à ce jour totalement incontrôlé sur le territoire du Parc Amazonien de Guyane. La présence de nombreux sites de soutien logistique sur la rive brésilienne du fleuve frontalier Oyapock témoigne par ailleurs de l’absence de coopération bilatérale sur ces questions.

Dans ce contexte, le WWF-France demande au Gouvernement de rendre public un calendrier de mise en place d’actions concrètes visant à rétablir l’Etat de droit sur le territoire du Parc Amazonien de Guyane et sur les zones de vie des populations concernées et, de réactiver au plus haut niveau possible et dans la durée le dispositif Harpie.
Il s’agit pour le gouvernement d’une question de crédibilité dans la mise en œuvre effective des actions découlant du Grenelle de l’environnement dont la loi sera prochainement en débat à l’assemblée nationale.

Des techniques d’exploitation catastrophiques pour l’environnement et la santé

L’extraction de l’or alluvionnaire contenu dans les sédiments et les roches meubles du lit des cours d’eau est réalisée par les illégaux avec des méthodes rudimentaires et à moindre coût.
Aujourd’hui ce sont essentiellement les lances -monitors qui sont utilisées dans l’orpaillage clandestin. L’eau sous haute pression est projetée pour décaper les sols. Les boues résiduelles après leur traitement pour récupérer l’or sont déversées sans précaution (absence de bassin de décantation) directement dans les rivières.

La principale technique utilisée par les exploitants illégaux pour récupérer l’or est encore basée sur l’emploi du mercure qui amalgame les particules d’or. L’amalgame est ensuite chauffé à haute température pour séparer les deux métaux. Pour récupérer 1 kg d’or, 1,3 kg de mercure est employé par les illégaux, avec près de 30% de pertes, rejetés dans le milieu naturel (essentiellement sous forme de vapeur atmosphérique) ; plus de 10% s’échappe dans les cours d’eau de Guyane. Sous l’action de l’acidité de l’eau, le mercure se transforme en un dérivé dangereux : le diméthyl-mercure.

Ce composé organique se concentre tout au long de la chaîne alimentaire, des algues aux vertébrés, provoquant des troubles nerveux et des malformations. Chez l’homme, les individus les plus vulnérables sont les enfants, le foetus et la femme enceinte.

Malgré ces risques sanitaires avérés, les populations locales des fleuves intérieurs de Guyane demeurent très fortement tributaires de la ressource piscicole pour leur alimentation. La présence des orpailleurs clandestins et la chasse qu’ils pratiquent ont en effet réduit considérablement les ressources en gibier, et créés un climat d’insécurité restreignant les sorties de chasse des habitants.

L’orpaillage illégal en quelques chiffres

- 1 333 km de cours d’eau directement impactés (ONF 2006). A titre de comparaison, la Loire (de la source à l’embouchure) couvre 1 000 km de linéaire.
- 12 000 ha de forêt guyanaise impactés directement (ONF 2006), (superficie de la ville de Paris ; 10 540 ha)
- Surfaces touchées multipliées par trois durant ces 6 dernières années (ONF 2006).
- 3 000 (Préfecture de Guyane 2007) à 15 000 (IEDOM 2006) travailleurs clandestins sur les camps d’orpaillage.
- Plus de 500 chantiers illégaux (IEDOM 2006).
- Perte estimée par la profession de plus de 300 emplois directs (40% du total) pour la filière aurifère légale.
- 1,3 kg de mercure utilisé par kilo d’or récupéré (rapport Taubira 2000).
- 1 000 tonnes de boues rejetées par kilo d’or extrait (rapport Taubira 2000).
- 5 tonnes de mercure annuel rejetées dans le milieu naturel (atmosphérique et fluvial)
- 1,5 tonnes Hg /an dans les cours d’eau (rapport Etat des lieux de l’exploitation de l’Or en Guyane, Mars 2005).
- Un taux d’imprégnation au mercure supérieur à la norme OMS chez plus de 70% des enfants amérindiens Wayanas du Haut- Maroni (Inserm, 1998).
- La Guyane recèle encore un potentiel aurifère important : 120 tonnes en or primaire et encore 15 à 20 ans de gisement alluvionnaire au rythme de son exploitation actuelle (IEDOM 2006).

En savoir plus

Référence

Dossier de presse sur l'orpaillage clandestin (format PDF) - WWF

Liens

En discuter sur notre forum dédié à l'environnement

Auteur

Union internationale pour la conservation de la nature ; date originale : 25 septembre 2008, 15 h 23

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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4 commentaires

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avatar Nelly Boutinot LIGUE ROC - 25/09/2008, 21:26

La LIGUE ROC vous annonce

un film LA FIEVRE DE L'OR

Des débats sont organisés...

Voici les premiers



Jeudi 2 octobre à 20h00 au cinéma Louis Daquin au Blanc Mesnil avec Claire Ménage de l’association Sherpa

Vendredi 10 octobre à 20h30 au Rex à Chatenay Malabry avec l’ANDRA, (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs)

Lundi 13 octobre à 20h30 au MK2 Beaubourg en présence du réalisateur

Mardi 14 octobre à 20h00 aux 7 Parnassiens en présence du réalisateur

Mercredi 15 octobre à l’Espace Saint-Michel à 20h00 en présence du réalisateur Olivier Weber

Mercredi 15 octobre à 20H00 au Rio à Clermont-Ferrand avec l’association Anis étoilé

Mercredi 15 octobre à 20h15 au Lux à Caen, rencontre avec les membres de la délégation Yakuy Tubinambá, Atia Pankararu, Ayra Kariri Xoco et Sébastien Gerlic, Président de l’ONG Thydêwá

Jeudi 16 octobre à 20h30 au cinéma Les Lumières à Nanterre en présence du réalisateur Olivier Weber

Vendredi 17 octobre à 20h45 au Méliès à Montreuil en présence du réalisateur

Lundi 20 octobre à 20h30 au Majestic à Lille avec avec Madame Marie-Christine Blandin, co-présidente du groupe Biodiversité au Grenelle de l’environnement





avatar FAUVET Marie-Laure Montpellier - 26/09/2008, 17:40

Merci Nelly,



Et pour le Sud, connais- tu les lieux et heures de projection???



Merci .



Marie-Laure

avatar Nelly Boutinot LIGUE ROC - 28/09/2008, 12:14





Je ne dispose pas encore des dates.

Nous les mettrons sur le site de notre Ligue ROC

et un de nos administrateurs participera aux débats



merci de le consulter

Bien cordialement

Nelly

avatar Phil.France - 15/12/2008, 09:17

Bonjour,

Avant tous, je suis content de voir que des gens s'inquiète des problèmes en Guyane. Ce qui se passe là-bas est beaucoup plus grave qu'il n'y paraît, et il faut comprendre que si il y a des solutions, sa risque d'être complexe. Il faut comprendre que lorsqu'on propose des mesures visant à durcir la règlementation concernant les permis d'exploité, ce n'est pas les illégaux qu'on pénalise, mais les artisans et petites entreprise. Je sais que tous ne travail pas sans reproche, mais du fait d'un durcicement, il est simple alors d'éffectuer de nombreux contrôle sur leur méthode et de leur dresser des PV, de ne plus leur accorder de nouveaux permis d'exploiter. Conclusion, ils leur reste autre solution que de continuer à faire tourner leur chantier, mais sont devenu illégaux, avec des risque évidents de se faire prendre, les autorités compétante connaissant les emplacements de leurs chantier. La deuxième solution, est d'éviter les problèmes juridique, poussuite pénal, risque de saisie, etc, et d'abandonné leurs chantier qui tomberont aux mains des illégaux. Ceux ci "personnes" ne sait qui ils sont, pas d'adresse à Cayenne, donc ils ne sont pas inquiété, et n'ont aucune raison de se priver! On pourai "presque" dire que les opérations anaconda et harpie ont eu surtout pour éffet de mettre sur la touche les légaux pour donner la place aux illégaux. Car pour le peu de légaux qui reste sur un secteur, la vie est dur, et dangereuse, beaucoup court de grand risque de braquage. Je pense qu'il y a poutant des solutions qui permettraient non seulement d'exercer un meilleurs contrôle sur la qualité des chantiers légaux, de recycler les arbres abatus, replanter les essences abatus, et créer de l'emploi. Et bien sûr repousser l'activité clandestine. Maintenant on peu aussi s'intéroger des conséquences. Tous le monde sait en Guyane, que l'orpaillage illégale fait vivre énnormément de famille. Suposont en effet que les piroguiers sur le Maroni n'est plus de fret à transporter, ce n'est pas le peu de touristes en Guyane qui les ferait gagner ce que le fret pour alimenter les sites d'orpaillage leur rapporte. Voir le cheminement de ce fret depuis Paramaribo, ou l'Oyapock, immaginez un peu le nombre de famille qui vivent grâce à cela, les taxis, les pirogues, les camions, les mafieux, les corrompus, etc. Supposons aussi, que tous ces Garimpeiros clandestins, prostituées, et tous les trafiquants qui vendent leurs marchandise, armes, drogues, alcool, médicament, vêtements, etc, soient réellement agressé par les autorités, mais de façon éfficace et durable à les repoussers, une luttes anti-orpaillage clandestins des plus dure, bien menées avec un acharnement nécessaire. Il y aurai des arrestations et expusion en masses, je pense que c'est une criminalité qui augmenterai dans des villes de Guyane d'une part, et je doute que les étâts frontière du Brésil, l'Amapa, et le Pãrã soient très favorable à voir toutes cette masse de gens se retrouver sans rien dans leurs états. Se serai d'une façon évidente des crimes et délis comis en masse. Il faut voir que grace à une fille qui se prostitue, c'est des enfants, des frères, soeurs, parents, qui survivent à Belemn et au delas, idem pour l'argent envoyer du travail d'un garimpeiros ou d'un trafiquant de drogue. Tous ces gens on une raison de rester qui va au-delas de la simple idée de préserver l'environnement, c'est la survie des leurs. Il faut se poser la question, jusqu'où irrions nous pour aider nos femmes, enfant, mari, parents à ne pas mourir de faim, sa permet de comprendre aussi, la dose de tenacité qu'on ces gens là, et que feront t'ils si ont les empêche "réellement", d'orpailler clandestinement en Guyane, de trafiquer, de se prostituer? Alors en effet je pense que la situation sur place en Guyane est plus grave qu'on ne le dit et qu'on ne le montre, et qu'en sortir ne sera pas facile, surtout en s'y prennant comme il est fait pour l'instant. Je suis favorable à agir moi aussi, mais tous doit être réfléchie, il faut des appuis et non des "traitres". Certains en ont mis pleins les poches pour que d'autre subisse, et ce n'est pas toujours ceux qu'on croit!

Désolé d'avoir été aussi long, je n'ai pas pus faire autrement, car ce n'est qu'une partie. Maintenant mon plus fort souhait est que nombreux soient ceux qui se sentant concerné, rentre en contact, et souhaite agire. Je serai vraiment très heureux qu'on fasse quelques choses de plus concrêts que des palavres et des signatures, les mafieux n'ont rien à craindre de tous cela, il faut être lucide. Ceux que vous trouverez sur le haut Maroni, pour la plupart sont des anciens Jungle Commando, actif pendant la guerre au Surinam, pour eux la guerre continu, il faut aussi en être concient. J'espère vous dire à bientôt.

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