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La faim gagne du terrain

7049 lectures / 5 commentaires19 septembre 2008, 08 h 54

La hausse des prix a plongé 75 millions de personnes de plus au-dessous du seuil de la faim, portant le nombre estimé de personnes sous-alimentées dans le monde à 923 millions en 2007, annonce aujourd'hui la FAO.

Les prix élevés des denrées alimentaires ont renversé la tendance précédemment positive vers la réalisation de l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à la réduction de moitié de la proportion de personnes souffrant de la faim dans le monde d'ici à 2015.

La FAO a publié les nouveaux chiffres de la faim à quelques jours de la session de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les OMD. La réalisation de l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim sera encore bien plus difficile à atteindre, selon la FAO.

Pour la période 2003-2005, la FAO estimait à 848 millions le nombre d’affamés dans le monde, une hausse de 6 millions par rapport aux 842 millions de la période 1990-1992 (période de référence du Sommet mondial de l'alimentation).

La flambée des prix des engrais, du carburant et des produits alimentaires a aggravé le problème, indique la FAO. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 52 % entre 2007 et 2008 et les prix des engrais ont presque doublé au cours de l’année dernière.

Tendances inquiétantes

"Les effets dévastateurs des prix élevés des denrées alimentaires sur le nombre de personnes souffrant de la faim aggravent les tendances de long terme déjà inquiétantes", selon M. Hafez Ghanem, Sous-Directeur général de la FAO responsable du Département économique et social. "La faim a augmenté alors que le monde s'est enrichi et a produit plus de nourriture que jamais au cours de la dernière décennie."

Les acheteurs nets de nourriture - ce qui inclut presque tous les citadins et une grande partie des ménages ruraux - ont subi un impact négatif à court terme des prix élevés des denrées alimentaires. Cela a affecté les revenus et le niveau de vie des ménages. Les plus pauvres, les sans-terre et les femmes seules à la tête d’une famille ont été les plus durement touchés.

Ces tendances négatives dans la lutte contre la faim risquent de torpiller les efforts déployés pour réaliser également d’autres OMD, selon M. Ghanem.

Outre le coût social dévastateur de la faim sur les vies humaines, l’observation empirique montre l'impact négatif de la faim et de la malnutrition sur la productivité du travail, la santé et l'éducation, ce qui entraîne au bout du compte de faibles niveaux de croissance économique globale.
"La faim est une cause de la pauvreté, pas simplement une conséquence", affirme M. Kostas Stamoulis, économiste à la FAO. "Le coût économique de la faim en termes de ressources requises pour remédier à ses effets ainsi que son coût sur la valeur de la productivité et les pertes de revenus sont estimés à des centaines de milliards de dollars par an."
L'effet débilitant de la faim sur la productivité de l'homme et sur le revenu conduit au piège de la faim, indique M. Stamoulis, à savoir que l'extrême pauvreté, tout en étant responsable de la faim, perpétue aussi la pauvreté.

Briser le piège faim-pauvreté

"Ramener le nombre de personnes souffrant de la faim à 500 millions au cours des sept années qui restent d’ici à 2015 exigera un effort mondial considérable et résolu ainsi que des actions concrètes", affirme M. Ghanem.

Pour briser le piège faim-pauvreté, il est urgent d'agir immédiatement sur deux fronts, selon la FAO : rendre la nourriture accessible aux plus vulnérables et aider les petits agriculteurs à accroître leur production et leurs revenus.

Cette double approche de la FAO vise à créer des opportunités pour que les personnes souffrant de la faim améliorent leurs moyens d'existence grâce au développement agricole et rural. Cela implique également des politiques et des programmes, tels que les filets de protection sociale qui améliorent l'accès direct et immédiat à la nourriture.

En décembre 2007, la FAO a lancé son Initiative contre la flambée des prix des denrées alimentaires afin d’aider les pays vulnérables à mettre en place des mesures urgentes pour améliorer l’approvisionnement alimentaire et apporter un soutien en matière de politiques en vue d’améliorer l'accès à la nourriture.

L'Initiative comprend des projets d'urgence, en cours ou prévus, dans au moins 78 pays dans le monde. Les actions immédiates comprennent la distribution aux petits paysans de semences, d'engrais, de fourrage et d'autres intrants et outils agricoles essentiels.

"Des investissements urgents offrant tout un éventail de produits et à large échelle sont nécessaires pour aborder d'une façon durable le problème croissant de l'insécurité alimentaire qui touche les pauvres et les affamés", préconise M. Ghanem. "Aucun pays ou institution ne pourra, seul, résoudre cette crise."

Rendements élevés

Selon la FAO, les pays les plus durement frappés par la crise actuelle – la plupart d'entre eux en Afrique – auront besoin d’au moins 30 milliards de dollars par an pour assurer la sécurité alimentaire et relancer leur secteur agricole longtemps négligé.

Cela dit, la réduction de la faim est payante et devrait être prioritaire en matière de développement, insiste M. Stamoulis.
"La réduction de l'incidence de la faim dans le monde entier améliorera considérablement les possibilités de réaliser les OMD relatifs à la réduction de la pauvreté, à l’éducation, à la mortalité infantile, à la santé maternelle et aux maladies", plaide-t-il. "Les dépenses publiques pour réduire la faim sont un investissement à forte rentabilité."

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Auteur

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info


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5 commentaires

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avatar planetfuture Belgique - 19/09/2008, 10:42

Une enveloppe considerable est créée par l'Europe a destination des paysans pauvres. Les procedures sont encore trop longues quant a savoir qui va distribuer quoi.. pendant ce temps, les paysans attendent de simples outillages, des gants, des bottes et la desertification prendra encore un peu plus de terrain.. Nous recherchons des solutions pour eux, si quelconque aide peut leur etre apportee, elle sera la bienvenue. Merci

avatar Géraldine - Evreux - 19/09/2008, 22:49

Tant que les cultures seront destinées au bétail, la faim dans le monde augmentera... la seule solution, cessez de consommer des produits carné!!!

Le végétarisme est la solution.

avatar sylline - tours 37 - 20/09/2008, 13:26

Quand j'étais petite, j'ai vu l'exode rural ; maintenant, il faut faire la manip inverse : travailler à nouveau la terre, se remettre aux métiers qui fonctionnent en local et surtout arrêter de travailler pour l'industrie. C'est ce que j'ai fait il y a trois ans ; j'ai perdu la moitié de mes revenus mais j'ai gagné tellement plus par ailleurs !! Paris ne s'est pas fait en un jour, il faut des précurseurs pour amorcer le mouvement... et ça urge !!

avatar Sartori, Pantin - 20/09/2008, 17:51

Les solutions miracles n'existent pas et ce n'est pas moi qui pourrait vous en fournir.

J'ai constaté que la seule évolution massive des populations entraînait plus de dépense d'énergie, plus de besoin, plus de dépendance individuelle et surtout plus de pauvreté.

L'autosuffisance alimentaire de chaque pays va de paire avec l'autosuffisance de consommation qui, elle, se trouve tributaire des trois grands vecteurs d'enrichissement et d'indépendance : La production, la création et la fabrication.

Lorsque les revenus d'un pays sont inférieurs aux dépenses il n'existe pas trop de solutions.

La migration est une des conséquences et elle sera toujours alimentée par les nouvelles générations qui chercheront leur salut dans cette voie !...

La terre peut-elle nourrir toujours plus d'habitants ?

1900 --> 1,600 Milliard

1950 --> 2,500 Milliards

2005 --> 6,500 Milliards

2050 --> 12 ou 13 Milliards ?

avatar merlin merignac - 22/09/2008, 09:57

La FAO comme la Banque mondiale ou encore la CEE oublient juste un petit détail :

Aligner le millards et les aides ne servent pas à grand chose (hélas) si on n'organise pas correctement les paysans à passer d'une agriculture de subsistance a une agriculture de commercial mais en restant a petite echelle .

D'autre part les dossiers sont devenu tellement compliqués et contraignant que bon nombre de responsables sur le terrain dans le sahel on la reaction suivante: "finacement banque mondiale, CEE ? non merci je ne veux pas paaser mon temps a remplir des tonnes de formulaires pour acheter un crayon"

Comment un pays comme le Nigeria va pouvoir assurer la nourriture de 180 millions de personnes a l'horizon 2025 (130 aujourd'hui) !!!!!! si il ne s'organise pas?

Je m'occupe a Nara ( Mali)de reforestation a base d'A senegal avec des financement BM sur fond carbone et ce n'est pas evident .

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