Flamant nain Phoenicopterus minor sur le lac Nakuru, Kenyacrédit : Sergey Dereliev, UNEP / AEWA
Le nouveau rapport : "L'état de conservation des oiseaux d'eau migrateurs sur les voies de migration d'Afrique-Eurasie" préparé par Wetlands International pour le compte de l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie (AEWA) a été présenté aux délégués de plus de 80 pays participant à une réunion intergouvernementale qui s'est ouverte le 15 septembre à Antananarivo. Ces conclusions sont inquiétantes...
Ce nouveau rapport révèle que sur 522 populations d'oiseaux d'eau migrateurs étudiés, 40 % sont en déclin sur les itinéraires présents en Afrique et en Eurasie. De plus, cette situation est encore pire pour les oiseaux d'eau utilisant les voies de migration d'Asie occidentale et centrale où 55 % des populations connues sont en déclin actuellement.
Simon Delany, Administrateur pour la conservation des oiseaux d'eau au siège de Wetlands International basé au Pays-Bas et auteur principal du rapport, a déclaré : "Les principales causes du déclin du nombre d'oiseaux d'eau sur les itinéraires de migration d'Afrique-Eurasie sont la destruction et l'exploitation non durable des zones humides qui s'expliquent en grande partie par une absence de planification du développement économique."
Les origines exactes du déclin sont complexes et interdépendantes et varient entre les espèces et les régions, toutefois, la cause connue et la plus fréquente demeure la destruction de l'habitat, souvent provoquée par l'essor d'activités humaines non durables : pollutions, développement des infrastructures, asséchement des zones humides, chasse importante, absence de mesures de protection...
De surcroît, dans de nombreux cas s'ajoutent à ces pressions les conséquences du
changement climatique comme l'augmentation de la fréquence des sécheresses, la montée du niveau de la mer et la modification des habitats dans la toundra arctique. En effet, de nombreux oiseaux d'eau se reproduisent aussi dans les habitats de la toundra arctique.
"Le changement climatique causé également par le développement économique non durable ne fait probablement qu'empirer les choses. Il affectera probablement tous les écosystèmes, mais les zones humides sont particulièrement vulnérables en raison de leur sensibilité aux changements des niveaux d'eau et aux changements des précipitations et de l'évaporation." explique Delany.
Les effets du changement climatique comme la désertification croissante et les tempêtes plus fréquentes et/ou violentes rendent la migration des oiseaux plus dangereuse. La montée du niveau de la mer menace les zones humides – habitats d'importance cruciale pour des millions d'oiseaux d'eau migrateurs - tant sur le littoral et qu'à l'intérieur des terres.
Les oiseaux d'eau migrateurs, et en particulier ceux migrant sur de longues distances, sont extrêmement vulnérables aux changements environnementaux. Pour accomplir leurs cycles de vie annuels ils dépendent de régions géographiques séparées pendant les saisons de reproduction et de non reproduction, or, ces régions peuvent se situer à des distances de plusieurs milliers de kilomètres l'une de l'autre. Ces migrations saisonnières, qui peuvent être épiques, représentent souvent un combat pour la survie de ces oiseaux, d'où l'importance de ces zones de repos et de ressources qui constituent autant d'étapes pour la réalisation de leur cycle annuel de vie.
"Les chiffres figurant dans cette étude et les résultats d'autres études internationales qui seront présentés aux délégués à l'AEWA MOP4 à Antananarivo cette semaine indiquent clairement que les efforts sur les plans national et international en faveur de la conservation des oiseaux d'eau migrateurs et de leurs habitats doivent être renforcés de manière significative" a souligné Bert Lenten, le Secrétaire exécutif de l'AEWA.
"La coopération internationale est essentielle pour protéger le réseau de sites requis par les oiseaux d'eau migrateurs, et l'AEWA a été mise en place par les États pour promouvoir cette coopération pour les oiseaux d'eau sur leurs voies migratoires d'Afrique-Eurasie. Les preuves présentées dans le présent rapport démontrent que les pays devront avoir une vision claire quant à la manière de relever ces défis et la façon de travailler ensemble afin de réaliser les objectifs de cet Accord" dit Lenten.
En savoir plus
Notes
AEWA – l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie ou
AEWA est un traité soutenu par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) visant la protection de 235 espèces d'oiseaux d'eau qui se déplacent sur les voies de migration d'Afrique-Eurasie.
MOP4 à Madagascar – Madagascar est le pays d'accueil de la Quatrième Réunion des Parties à l'AEWA (MOP4) qui est organisée conjointement par le Secrétariat du PNUE/AEWA et le Ministère de l'environnement, des forêts et du tourisme (MEFT) de Madagascar. Le thème de MOP4 est "À l'action sur les voies migratoires des oiseaux d'eau – revue du passé, vision d'avenir"
Wetlands International – est une organisation mondiale, à but non lucratif et indépendante consacrée à la conservation et l'utilisation judicieuse des zones humides.
Références
Report on the conservation status of migratory waterbirds in the agreement area, 4th edition - AEWA (en anglais, format PDF)
Migratory Waterbird Populations in DeclineLiens
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