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Les forêts anciennes ne doivent plus être ignorées dans les bilans carbone

9332 lectures / 3 commentaires17 septembre 2008, 14 h 19

Une étude internationale à laquelle a participé une équipe du LSCE (CNRS-CEA-UVSQ) révèle que les bilans carbone de la planète doivent prendre en compte les forêts anciennes qui accumulent de grandes quantités de carbone au fil des siècles. Or, les forêts anciennes n'avaient pas été incluses dans le protocole de Kyoto. Ces résultats sont publiés le 11 septembre 2008 dans la revue Nature.

Dans le cycle du carbone, les forêts contribuent à ralentir l'augmentation du CO2 atmosphérique en absorbant cet élément, modérant ainsi le changement climatique. Précisément, elles utilisent le CO2 pour synthétiser les molécules organiques stockées dans les arbres, puis dans la matière organique des sols et des feuilles mortes qui se décompose lentement. La capacité des forêts à fixer du CO2 dépend du bilan entre prélèvements associés à la photosynthèse et émissions liées à la respiration végétale.

A la fin des années 1960, le chercheur américain Eugène Odum a émis l'hypothèse d'un équilibre entre prélèvements et émissions pour les vieilles forêts, âgées de plus de 150 ans, et donc de leur neutralité pour le bilan du carbone. Bien que peu étayée par des observations, cette hypothèse fut acceptée par la grande majorité des écologistes comme des “non-écologistes”. Aussi, les vieilles forêts furent-elles ignorées par le protocole de Kyoto.

Une équipe internationale comprenant des chercheurs du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) a compilé une nouvelle base de données, à partir des mesures effectuées par les réseaux d'observatoires « CarboEurope » et « AmeriFlux », dans le but d'une évaluation précise de l'hypothèse d'Odum. « Les forêts anciennes peuvent continuer à accumuler du carbone, contrairement à l'hypothèse d'Odum qui prédit un équilibre, explique Philippe Ciais, directeur adjoint du LSCE, l'un des auteurs de l'étude. Plus de 30 % de la surface totale des forêts est constituée de forêts primaires non gérées par l'homme, la moitié étant dans des régions tempérées de l'hémisphère Nord. La base de données établie pour cette étude révèle que ces forêts anciennes séquestrent entre 0,8 et 1,8 milliard de tonnes de carbone par an, et que 15 % de la surface forestière totale jusqu'alors ignorée dans les bilans du carbone est responsable d'au moins 10% de la séquestration totale du carbone. »
Les forêts anciennes accumulent donc de grandes quantités de carbone au fil des siècles, qui pourront cependant être libérées en cas de perturbation accidentelle (feux, insectes, maladies, tempêtes, sécheresses extrêmes...). Conclusion, les bilans carbone doivent prendre en compte ces vieilles forêts.

En savoir plus

Références

Luyssaert, S., Schulze, E.-D., Börner, A., Knohl, A., Hessenmöller, D., Law, B.E., Ciais, P. and Grace, J. 2008. Old growth forests as global carbon sinks. Nature, doi:10.1038.

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Auteur

Centre National de la Recherche Scientifique ; date originale : 17 septembre 2008, 14 h 19

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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3 commentaires

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avatar Nicolas, Montréal - 20/09/2008, 18:54

Deux choses me viennent à l'esprit :



1. Les forêts boréales sont parmi les plus grandes forêts primaire au monde (Canada, Russie). Leur destruction est hyper intensive (je le sais pour y avoir été et planté des arbres) et elles se trouvent sur le territoire de pays riches occidentaux. C me fait penser que pour être un minimum légitime lorsque nous expliquons aux brésiliens, aux congolais ou aux philippins comment gérer leur forêt, nous devrions d'abord nous concentrer sur les notres.



2. Il n'y a plus de forêt primaire en France (mis à part Fontainebleau), nous avons déjà tout coupé. Même s'il semble que ces forêts ne soient pas trop mal gérée et replantée, n'oublions pas que nous avons déjà détruit nos écosystème forestier primaire.



avatar nicolas courbevoie - 21/09/2008, 21:44

je pense qu'il faudrai couper les vieux abres pour les transformer en meuble papiers... et laisser pousser la jeune foret sans bruler la vieille pour eviter le reet de carbonne.

avatar reboiserlesahara@yahoo.fr - 22/09/2008, 19:41

bonjour!

lorsque notre association a prcinisé le reboisement du sahara dansle but précisement de faire jouer à l'arbre son rolenaturelle, certain nous ont traité de???

aujourd'hui on revient à l'arbre pour vanter son utilité dans bon nombre de domaine

aidez-nous à faire reboiser au coeur du sahara où l'eau existe avant que les prédateurs ne l'a délapide!

cette opération si elle venait à être réalisée profiterait bien entendu à la lutte contre le réchauffement de la palnète mais également à l'Europe dans la mesure où yne possible régulation de la pluviométrie revoie le jour et les neiges pour les sports d'hiver revenir!!!

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