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La menace d'extinction s'intensifie sur les espèces les plus proches de l'Homme

7803 lectures / 11 commentaires27 août 2008, 12 h 14

La menace d’extinction s’intensifie sur les espèces les plus proches de l’hommeColobe, Tanzanie
crédit : Jacques Janin
Les espèces les plus proches de l’homme - les singes, les grands singes et autres primates du monde - sont en train de disparaître. Certaines sont littéralement dévorées jusqu’à l’extinction. Ils disparaissent à cause de la perte de leur habitat et de la chasse...

La première revue exhaustive en cinq ans des 634 espèces mondiales de primates a montré que près de 50% d’entre elles sont en danger d’extinction, selon les critères de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Le rapport, rédigé par les plus grands experts mondiaux sur les primates et rendu public lors du 22ème Congrès de la Société internationale de primatologie à Edinbourg en Écosse, dresse un portrait effrayant de l’état des primates partout dans le monde. En Asie, plus de 70% des espèces de primates sont citées sur la Liste rouge de l’UICN dans les catégories "vulnérable", "en danger" ou "en danger critique d’extinction", ce qui signifie qu’elles peuvent disparaître à tout jamais dans un futur proche.

Les principales menaces sont la destruction de l’habitat par les incendies et le défrichement des forêts tropicales, qui sont également la cause d’au moins 20% des émissions de gaz à effet de serre à l’origine des changements climatiques, ainsi que la chasse des primates pour l’alimentation et le commerce illégal de la faune sauvage.

“Depuis plusieurs années, nous avons tiré le signal d’alarme sur la situation des primates, mais nous disposons aujourd’hui de données concrètes qui montrent que la situation est beaucoup plus grave que celle que nous avions imaginée,” constate Russell A. Mittermeier, président de Conservation International (CI) et président de longue date du Groupe de spécialistes des primates de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. “ La première source de menace a toujours été la destruction de la forêt tropicale, mais il semble aujourd’hui que la chasse est une menace tout aussi grave dans certaines régions, même lorsque l’habitat y est encore intact. À certains endroits, les primates sont littéralement dévorés jusqu’à l’extinction.”

L’étude, financée par CI, la fondation Margot Marsh pour la biodiversité, Animal Kingdom de Disney et l’UICN, rentre dans le cadre d’un examen sans précédent de l’état des mammifères dans le monde, document qui sera rendu public lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Barcelone en octobre.

L’étude sur les primates a reçu la contribution de centaines d’experts mondiaux et fournit des données scientifiques illustrant les graves menaces qui pèsent sur ces espèces à l’ADN pratiquement similaire à celui de l’homme.
Au Vietnam et au Cambodge, environ 90% des espèces de primates sont considérées menacées d’extinction. Les populations de gibbons, de semnopithèques, de langurs et d’autres espèces ont baissé à cause de la perte accélérée de l’habitat qui est aggravée par la chasse pour l’alimentation et pour répondre à la demande commerciale de faune sauvage pour la médecine traditionnelle chinoise et les animaux de compagnie.

“Ce qui se passe en Asie du Sud-est est terrifiant,” affirme Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du programme sur les espèces de l’UICN. “Un telle situation, où un groupe d’animaux soit aussi menacé, est inédite au sein d’autres groupes d’espèces.”

Ailleurs, la survie d’autres espèces est menacée, des minuscules lémuriens microcèbes aux gigantesques gorilles des montagnes. En Afrique, 11 des 13 espèces de colobes bais connues sont considérées "en danger critique d’extinction" ou "en danger". Deux espèces sont peut-être déjà éteintes : le colobe bai de Bouvier (Procolobus pennantii bouvieri) n’a pas été vu depuis 25 ans tandis qu’aucun représentant vivant du colobe bai de Miss Waldron’s (Procolobus badius waldroni) n’a été observé par un primatologue depuis 1978 malgré des rumeurs occasionnelles sur sa survie.

Selon Richard Wrangham, président de l’IPS “parmi les espèces africaines, ce sont les grands singes comme les gorilles et les bonobos qui ont généralement canalisé l’attention. Même si ces espèces sont très menacées, ce sont les plus petits primates comme les colobes bais qui pourraient disparaître en premier".

En tant qu’espèces qui nous sont les plus proches, les primates non-humains sont importants pour la santé de leurs écosystèmes. A travers la dispersion des graines et d’autres interactions avec leur environnement, les primates contribuent au maintien de la vie de nombreuses espèces végétales et animales des forêts tropicales du monde. Des forêts en bonne santé fournissent des ressources essentielles aux populations humaines locales tout en absorbant et en stockant du dioxyde de carbone à la source des changements climatiques.

Entretemps, les chercheurs continuent à améliorer leurs connaissances des primates du monde et de leur rôle. Depuis 2000, 53 espèces de primates jusque là inconnus pour la science ont été décrits - 40 de Madagascar, deux primates d’Afrique, trois d’Asie et huit d’Amérique du Centre et du Sud. En 2007, des chercheurs ont trouvé une population, qui avait fait longtemps l’objet de nombreuses rumeurs, de grands hapalémurs (Prolemur simus), une espèce en danger critique d’extinction, dans une zone humide située à 400 kilomètres du seul territoire connu de l’espèce. Cette espèce compte au total environ 140 individus à l’état sauvage.

La Liste rouge de l’UICN détermine un ensemble de critères permettant de classer une espèce comme menacée. En l’absence des informations nécessaires, l’espèce peut être classée dans la catégorie "données insuffisantes", dans laquelle près de 15% des primates se trouvent selon cette nouvelle étude. Plusieurs de ces espèces, et en particulier celles qui viennent d’être découvertes, devraient finir dans la catégorie des espèces menacées.

Malgré ce sombre état des lieux, les responsables de la conservation attirent l’attention sur un succès notable suite aux efforts de réhabilitation des espèces. Au Brésil, le tamarin-lion noir (Leontopithecus chrysopygus) et le tamarin-lion doré (Leontopithecus rosalia) sont passés de la catégorie "en danger critique d’extinction" à "en danger" en 2003, grâce à des efforts de conservation impliquant de nombreuses institutions pendant trois décennies. Les populations de ces deux espèces sont aujourd’hui bien protégées mais restent très petites, nécessitant un reboisement urgent pour leur fournir un nouvel habitat nécessaire à leur survie à long terme.

“Si vous avez des forêts, vous pouvez sauver les primates,” affirme Anthony Rylands, chercheur à CI et vice-président du Groupe de spécialistes des primates de l’UICN. “Le travail entrepris avec les tamarins-lions montre que la conservation des fragments forestiers et le reboisement pour créer des corridors entre ces fragments ne sont pas seulement essentiels pour les primates mais contribuent fortement au maintien d’écosystèmes en bonne santé et des ressources en eau, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre à l’origine des changements climatiques.”

Les chercheurs envisagent également de faire passer le gorille de montagne (Gorilla beringei beringei) de la catégorie "en danger critique d’extinction" à "en danger" au vu de l’augmentation de ses populations dans son unique habitat – les jungles de montagne protégées du Rwanda, de l’Ouganda et de la République démocratique du Congo. Cependant, le massacre de huit gorilles de montagne en 2007 et les troubles politiques qui perdurent dans la région ont retardé cette reclassification prévue.

En savoir plus

Notes

Pour obtenir la liste des évaluations de toutes les espèces et sous-espèces de primates qui vont être incluses dans la version 2008 de la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN en 2008 qui va paraître en octobre, vous pouvez consulter le site web du Groupe de spécialistes des primates de la CSE/UICN.

Liens

Notre dossier sur la biodiversité
En discuter sur notre forum dédié à la protection de la biodiversité

Auteur

Conservation International ; date originale : 27 août 2008, 12 h 14

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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11 commentaires

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avatar demoy guyane francaise - 27/08/2008, 14:27

super article en guyane l institue pasteur possede une ile ou il y a de très nombreux singes saimairis mais rien ne flitre nous ne sommes pas au courant au non de la science annick

avatar Isabelle - FRANCE - 28/08/2008, 01:34

Le problème et l'homme, l'espèce humaine ne s'en rend pas compte c'est qu'il détruit délibérément la nature (faune et flore). C'est bien dommage

avatar Pierre - région parisienne - 30/08/2008, 08:29

Au fait, où peut-on se procurer un document sérieux qui donnerait à la fois, par an, le nombre de singes morts et le nombre d'hommes, de femmes et d'enfants morts de malnutrition ?

avatar Varenne Louis 42210 St Andre le puy - 31/08/2008, 16:50

lorsque le dernier arbre sera coupé, la dernière rivière empoisonnée et le dernier poisson mort, l'homme découvrira, qu'on ne se nourrit pas d'argent.

avatar Christian Bourgault (Sabey) - Québec, Canada - 31/08/2008, 18:22

L'achat local et la simplicité volontaire diminura de beaucoup la construction de route qui crée une barrière au déplacement de ces espèces. Ce qui a pour cause la diminution de la reproduction et le peuplement territorial.

avatar Louis HERVE 37 rue rené paquet Metz 57050 - 31/08/2008, 21:07

C'est abominable tout ce que vous écrivez, on a presque pas envie de lire tout cela tant c'est angoissant et tant on est impuissant. Peut-on vous aider?



Louis HERVE

avatar Stéphane LAGASSE BRUXELLES - 31/08/2008, 22:03

Pierre RABHI, dans "Graines de possibles" cite un "fervent chrétien"affirmant: "Si, pour sauver un seul homme, je devais exterminer toutes les baleines et tous les éléphants, je n'hésiterais pas une seconde." Mais l'homme est surtout son seul prédateur -"l'homme est un loup pour l'homme"- et le plus redoutable probablement de toutes les espèces qui ont pu exister. Nous sommes sortis de l'ordre de la prédation qui produit la bio-diversité depuis que nous avons découvert notre nudité (le péché originel). Notre conscience nous rend désormais responsable de la "création", de cette diversité. Nous faisons tout le contraire. L'utilisation des OGM, la marchandisation du vivant ne peut qu'accélérer notre fin. Père de 4 enfants, j'en suis aujourd'hui terrifié. Pierre RABHI et quelques autres sont les ultimes sages.

avatar Petit-Robert ONOUADJE- Togo - 04/09/2008, 16:15

L'homme pense transformer la Nature à sa façon en la détruisant. Tout le monde est conscient mais ne veut pas faire l'effort quotidien de sauvegarde de l'Environnement. C'est une affaire à tous. Nul ne peut imaginer qu'un sachet plastique jeter pourrait anéantir des millions de tortues marines. L'explication de cette observation vous ferait reflechir 1000 fois avant de jeter un sachet plastique.

Le travail est si grand que les seuls spétialistes de l'Environnement ne peuvent rien sans vous tous. Aidez-nous à sauver la Nature, à sauver la Vie présente et future.

avatar DONOU Marcel du Bénin - 06/09/2008, 00:07

Au Bénin la promotion des forêts sacrées permet de protéger certaines espèces. Je crois que la promotion des primates comme animaux de compagnie et des religons ayant pour idôles les primates seraient un atout . Aussi, le prix aux meilleurs pays conservateurs des primates et des grâces qui leurs seront accordées ne feraient qu'arranger la situation.

avatar Jordane BLOIS - 15/09/2008, 20:39

Pas de panique,nous sommes les prochains sur la liste !! quand j'écoute parler les gens j'entends qu'ils trouvent cela terrible, mais c'est trop loin d'eux, certains en parlent, compatissent et chacun rentre chez lui poursuivre son petit train train et regarder des émissions débilitantes à la TV. Arte, la Cinq et quelques autres sont des chaines d'intellos, le soir après le boulot, il ne faut pas fatiguer le cerveau !! une solution : réeducation écologique dès la maternelle ?

avatar citoyenactif IDF - 10/02/2010, 15:35

On l'oubli, mais le problème des espèces nuisibles (ou Les espèces envahissantes ) envers la biodiversité qui sont souvent implantée ( volontairement ou involontairement) par les Hommes. Les écosystèmes européens sont en danger. Et les activités humaines ne sont pas les seules responsables... Introduites sur notre continent volontairement ou non, de nombreuses espèces envahissantes mettent en péril la biodiversité européenne et menacent le fragile équilibre de la nature qui nous entoure et nous permet de vivre. La Commission Européenne a donc fait de la lutte contre les espèces exotiques envahissantes un objectif prioritaire. Reportage | Les espèces envahissantes : http://www.terre.tv/#/fr/protection-de-lenvironnement/reportage/1723_les-esps-envahissantes Voir Impact of nature's invading aliens measured for first time http://www.iucnredlist.org/news/invasive-species-impacts

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