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Le climat a basculé de façon extrêmement brutale à la fin de la dernière période glaciaire

7161 lectures / 11 commentaires23 juin 2008, 16 h 38

Le climat a basculé de façon extrêmement brutale à la fin de la dernière période glaciaire© OMM
De nouvelles analyses à ultra-haute résolution de carottes de glace du Groenland révèlent que le climat a basculé extrêmement brutalement, en quelques années, à la fin de la dernière période glaciaire voici environ 10 000 ans. C'est ce que montre l'équipe internationale qui a analysé les carottes du forage profond NorthGRIP, à laquelle les paléoclimatologues français du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (CEA – CNRS – Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines) ont participé. Les chercheurs ont mis en évidence que ces brusques changements climatiques sont liés à des modifications radicales de la circulation atmosphérique. Ces résultats sont publiés le 19 juin 2008 dans Science et Science Express.

Année après année, la neige qui tombe sur le Groenland s’accumule et se transforme progressivement en une épaisse calotte de glace, l’inlandsis. Ces couches annuelles de glace fournissent un enregistrement de l'évolution du climat. Mené sur une épaisseur de plus de 3 kilomètres, le forage NorthGRIP permet ainsi de connaître l’histoire du climat au cours des derniers 125 000 ans. Dans l’hémisphère Nord, la dernière période glaciaire (Quaternaire) s’est achevée de manière brutale, avec deux épisodes de réchauffement intenses, interrompus par une période froide. Le premier réchauffement rapide s’est produit voici 14 700 ans, lorsque la température du Groenland a augmenté de plus de 10°C : pendant cette période douce, appelée le Bølling, les premiers peuples de l’âge de pierre se sont installés en Europe du Nord et en Scandinavie. Mais les réjouissances ont été brèves. Il y a 12 900 ans, un retour à des conditions glaciaires s’est traduit par des températures extrêmement froides, avant un réchauffement final, il y a 11 700 ans. Celui-ci a marqué la fin de la dernière glaciation. Les carottes de glace du Groenland, qui reflètent l’évolution du climat de l’hémisphère Nord, révèlent que ces bouleversements climatiques se sont produits de façon extrêmement rapide.

Un an pour mettre fin à une glaciation

Une équipe de chercheurs vient de montrer que le climat a véritablement basculé d’une année à l’autre. « Nous avons analysé la transition entre la dernière période glaciaire et notre période interglaciaire chaude actuelle. Les renversements climatiques se produisent aussi abruptement que si quelqu’un avait soudain appuyé sur un bouton », constate Dorthe Dahl-Jensen, coordinatrice du projet NorthGRIP, et professeur au Centre d’étude de la glace et du climat au Niels Bohr Institute de l’Université de Copenhague.

Les différents paramètres analysés à partir des couches annuelles de glace apportent chacun une information spécifique sur le climat :
- Les poussières. Plus le climat est froid, plus l’atmosphère de la Terre contient de poussières soulevées au-dessus des zones arides, et plus elle en dépose au-dessus de la calotte du Groenland.
- L’oxygène. L’abondance de l’isotope O-18 reflète l’évolution de la température atmosphérique lorsque les précipitations se forment. Plus l’abondance de l’isotope O-18 est élevée, et plus le climat local est chaud.
- L’hydrogène. L’excès de l’isotope deutérium varie lorsque les conditions d’évaporation de la vapeur d’eau sont modifiées à la surface des océans, dans les zones sources des précipitations polaires. Un excès élevé en deutérium témoigne d’une température chaude de l’océan.

En comparant l’évolution de l’abondance de poussières, d’isotopes de l’oxygène et de l’hydrogène dans les couches annuelles des carottes de glace, les scientifiques sont parvenus à déterminer la manière dont le climat change, année après année. C’est d’abord le contenu en poussières qui change, et qui diminue d’un facteur 10 en quelques décennies. Le premier signe de bascule du climat se trouve donc loin du Groenland, dans les déserts d’Asie, sources de ces poussières.

«Le résultat le plus spectaculaire est la modification de l’origine des précipitations du Groenland. Quelques années après la modification du contenu en poussières, l’excès en deutérium de la glace bascule d’un niveau glaciaire à un niveau interglaciaire quasiment d’une année à l’autre, ce qui témoigne d’une réorganisation extrêmement rapide de la circulation atmosphérique tropicale puis polaire» explique Valérie Masson-Delmotte, directeur de recherches au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement.

Ces nouveaux résultats permettent de cartographier la séquence des évènements correspondant à des transitions brutales ainsi que les processus climatiques les plus importants au cours de ces réorganisations. « Ces mesures d’une résolution temporelle exceptionnelle permettent pour la première fois de comprendre l’anatomie des changements climatiques passés. Tout comme le recul extrêmement rapide de la banquise Arctique au cours de l’été 2007, les changements climatiques les plus abrupts de la dernière déglaciation sont liés à des modifications radicales de la circulation atmosphérique », conclut Jean Jouzel, directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace.

Ces données inédites sont primordiales pour tester et améliorer les modèles climatiques, utilisés pour prévoir l'évolution future du climat.

Contexte

Le forage profond NorthGRIP (North GReenland Ice core Project) est piloté et coordonné par le Centre d’étude de la Glace et du Climat, Niels Bohr Institute, de l’Université de Copenhague, au Danemark. Il est soutenu par les agences de moyen du Danemark (SNF/FNU), de la Belgique (FNRS-CFB), de la France (IPEV, CNRS-INSU), de l’Allemagne (AWI), de l’Islande (RannIs), du Japon (MEXT), de la Suède (SPRS), de la Suisse (SNF) et des Etats-Unis (NSF, Office of Polar Programs). Le forage NorthGRIP s’est déroulé à 75.09° de la latitude Nord, et 42.32° de longitude Ouest, à une altitude de 2930 m. Les opérations de carottage ont eu de 1996 à 2004, lorsque le camp établi sur la calotte a été occupé 3 mois chaque été par une équipe d’une trentaine de scientifiques conduisant le forage et certaines analyses des carottes sur place. En plus du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE, CEA-CNRS-UVSQ-IPSL) de Gif-sur-Yvette, sont impliqués au niveau français le Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l’Environnement (LGGE, CNRS-UJF Grenoble), Saint Martin d’Hères, et le Centre de Spectrosmétrie Nucléaire et de Spectrométrie de masse (CSNSM, IN2P3) d’Orsay.

Références

High resolution Greenland ice core data show abrupt climate change happens in few years.
J.P. Steffensen, K.K. Andersen, M. Bigler, H.B. Clausen, D. Dahl-Jensen, H. Fischer, K. Goto-Azuma, M. Hansson, S.J. Johnsen, J. Jouzel, V. Masson-Delmotte, T. Popp, S.O. Rasmussen, R. Rothlisberger, U. Ruth, B. Stauffer, M.-L. Siggaard-Andersen, A.E. Sveinbjörnsdóttir, A. Svensson, J.W.C. White, Science Express, sous presse.

Auteur

Centre National de la Recherche Scientifique ; date originale : 23 juin 2008, 16 h 38

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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11 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar Charly - 23/06/2008, 22:02

"le climat a véritablement basculé d'une année sur l'autre"



Les mammoults qu'on a retrouvés avec de l'herbe dans la bouche, congelé dans un espece de torrent boue, ne montre t il pas plutôt que ce serait du jour au lendemain ou même d'une minute à l'autre.



Que le froid glacial leur est tombé dessus sans qu'ils puissent avaler leur derniere bouchée.

avatar Charly - 24/06/2008, 06:30

Quand le déluge du temps Noé a commencé

un froid glacial est tombé sur les régions polaires, des animaux ont été pris au piege,



Ensuite Noé est resté 1 an dans l'arche avant de sortir, ce qui pourrai correspondre à cette analyse de rechauffement rapide.

avatar Lionel N. de Cannes - 24/06/2008, 13:00

Charly, le mystique doit rester dans les sectes, ici je "croyais" que nous essayions d'avoir une démarche un peu scientifique.

Certes les cataclysmes arrivent, la plupart sont difficiles à prévoir, chute de météorites, séismes, nous avons déjà du mal à prévoir le temps pour les jours qui viennent.



Pour revenir au changements climatiques j'avais déjà lu que un glaciation était arrivée en moins de 2 ans, plusieurs hypothèses existent, émission de gaz et poussières par des volcans ou changement du sens des courants océaniques, il y a surement d'autres raisons.

avatar Charly - 24/06/2008, 14:22

Le récit de l'histoire de Noé, c'est pas une question de secte, c'est l'histoire biblique, et moi j'ai confiance dans cet évènement rapporté par des temoins oculaires.



De plus, j'ai le droit de m'exprimer même sur un site scientifique, c'est ça la démocratie.



Nous voyons bien aujourd'hui que de nombreux hommes d'état, sont croyants car vouloir remettre Israel en Palestine, c'est accepter les récits bibliques du peuple juif.



ET ceux ci au nez et à la barbe de tous ces scientifiques qui nous rabachent qque le singe descend de l'hommes... euuuh! pardon le contraire.

avatar Sébastien - 25/06/2008, 00:36

J'avais aussi entendu parler d'une glaciation rapide, mais c'était uniquement basé sur des modèles informatique. Et vu la complexité des prévisions météo :) , on restait dans le domaine de l'hypothèse.

Aujourd'hui c'est beaucoup plus concret, ce qui donne à ces conclusions un côté effrayant.



Mais moins effrayant que Charly...

avatar kevin - 25/06/2008, 02:42

est-il possible que ce que nous montre le film le jour d'après arrive vraiment?que la glaciation se passe effectivement en quelque minute?d'autant plus que dans "une vérité qui dérange"les graph montre kon a dépassé meme explosé les niveaux habituelles de gaz...

et si c'est le cas ne devrions nous pa nous préparer a cela et éviter un drame Humain.

avatar Didier Limoges - 25/06/2008, 11:52

Cessons de faire du commentaire de bas étage, Charlie est un mystique ? Je suis athée, j'ai lu la bible qui est un formidable témoin (déformé) des faits relatés. "Le jour d'après" n'est qu'un film à sensation ; est-ce pour autant que le fond (s'il y en a) du sujet ne soit pas une hypothèse à prendre en compte ? Je ne sais...



Toujours est-il que de nombreux auteurs de science-fiction et Robert Silverberg en particulier ont écrit il y a 40 ans des choses qualifiées d'utopistes et qui se réalisent aujourd'hui.



Une seule chose est sûre ; nous allons devoir nous adapter très vite ou crever...

avatar kevin - 25/06/2008, 12:54

oui on doi s'adapter trè vite mais juska présent je n'ai rien constater de cela,c bien ca le pb.d'autan plus que si ca devai arriver cet anné(par exemple)je ne croi^pa que le gouvernement ns dirait tt.et oui les effet de panique des foules est dévastateur dc il n'ont pas intéret a le dire pr sauver leur écu!!

moi jcroi kon se fra avoir pck personne ne fait rien de concret.et avec des gros con come les states c pa facile!

avatar kevin - 25/06/2008, 13:02

et si no dirigeant fon kelke chose je croi kil essayeront de controler le climat au lieu de préparer réellement les populations,et franchement je crois que tenter de controler une chose qui nous a toujour dépassé juska présent ne soi pas une bonne idé.jss dsl mai jcroi pas au principes de nos chères dirigeant,pour moi il pense a leur intéret avant tt.c le système ki veu ca!

avatar vince aix - 28/06/2008, 13:14

il faisait 33 il y a deux minutes a aix et là ya un metre de neige! si, si.....!!

avatar ABOUEME AMANABENOGO, Yaoundé-Cameroun - 28/07/2008, 13:42

assez bonnes informations et du courage.

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