L'ingénieur du NOAA Paul Fukumura-Sawada effectue un prélèvement d'air
près de l'observatoire du Mauna Loa à Hawaii, en utilisant une des
nombreuses méthodes de mesure des concentrations en CO2 et autres
gaz à effet de serrecrédit : NOAA
Pour la seule année 2007, le niveau mondial de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, le facteur numéro un du changement climatique, a augmenté de 0,6 %, soit 19 milliards de tonnes. En outre, le méthane a augmenté de 27 millions de tonnes après environ 10 ans avec peu ou pas d’augmentation. Les scientifiques du centre national océanique et atmosphérique des Etats-Unis (le NOAA) l’ont publié ainsi que d’autres conclusions préliminaires le 23 avril dernier en tant que mise à jour annuelle de l’indice des gaz à effet de serre (l’organisme extrait ses données à partir de 60 sites dans le monde).
La combustion de charbon, de
pétrole et de gaz, connus sous le nom d’énergies fossiles, est la première source d’augmentation des émissions de dioxyde de carbone. Les océans, la végétation et les sols absorbent la moitié de ces émissions. L’autre moitié reste dans l’air pour des siècles ou plus. On s’attend à ce que 20 % des émissions de combustibles fossiles utilisés en 2007 restent dans l’atmosphère pour des milliers d’années, selon le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (
GIEC).
Vue d’une autre manière, l’augmentation du dioxyde de carbone émis l’an passé signifie que 2,4 molécules de gaz ont été ajoutées à chaque million de molécules d’air, ce qui a fortement dynamisé la concentration mondiale jusqu’à environ 385 parties par million (ppm). Les niveaux de dioxyde de carbone pré-industriel oscillaient aux alentours de 280 ppm depuis 1850. Les activités humaines ont gonflé ces niveaux jusqu’à 380 ppm dès le début de 2006.
Le taux d’augmentation des concentrations du dioxyde de carbone s’est accéléré au cours des dernières décennies en même temps que les émissions d’énergies fossiles. Depuis 2000, des augmentations de 2 ppm ou plus sont courantes, alors qu’elles n’étaient que de 1,5 ppm par an dans les années 80 et moins de 1 ppm par an dans les années 60.
Les niveaux de méthane ont augmenté l’année dernière pour la première fois depuis 1998. Le méthane est 25 fois plus puissant en tant que gaz à effet de serre que le CO2, mais il est beaucoup moins présent dans l’atmosphère – environ 1 800 parts par milliard. Quand on prend en compte les facteurs qui influent sur le changement climatique, l’impact total du méthane est presque deux fois moins important que celui du dioxyde de carbone.
La croissance industrielle rapide en Asie et l’augmentation des émissions des zones humides en Arctique et sous les tropiques sont les causes les plus probantes de l’augmentation récente du méthane, selon le scientifique Ed Dlugokencky du laboratoire de Recherche Earth System du NOAA.
« Nous sommes à l’affût du premier signe d’une libération de méthane à partir de la fonte du pergélisol de l’Artique », d’après Dlugokencky. « Il est trop tôt pour dire si la pointe d’émissions de l’an dernier marque le début d’une telle tendance. »
Le pergélisol, ou sol gelé en permanence, contient de vastes réserves de carbone. Les scientifiques sont inquiets car comme l’Artique continue à se réchauffer et le pergélisol à fondre, le carbone pourrait se répandre dans l’atmosphère sous la forme de méthane, engendrant peut être un cycle de libération de carbone et de hausse des températures.
En savoir plus
Notes
The NOAA annual Greenhouse Gas Index - NOAA - National Oceanic and Atmospheric Administration
Références
Carbon Dioxide, Methane Rise Sharply in 2007 - NOAA - National Oceanic and Atmospheric Administration
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Cécile Matricon - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)