Airparif lance une nouvelle campagne de mesure pour mieux connaître la pollution respirée par les cyclistes et les automobilistes, notamment lors des trajets domicile-travail. L’étude est menée avec le soutien de l’Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail).
Afin de compléter la connaissance de l'exposition de la population à la pollution,
Airparif, l'organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, a équipé spécialement un tricycle et une voiture avec des appareils de mesure. Ceci permettra le suivi tout au long d’un trajet des polluants du trafic auxquels les Franciliens sont soumis à vélo ou en voiture. Airparif complète ainsi sa connaissance de l’exposition de la population à la pollution.
Trois objectifs pour la campagne
- Mesurer en continu la qualité de l’air pour les cyclistes, et étudier l’influence des pistes cyclables selon leur configuration,
- préciser les résultats pour les mesures à bord d’un véhicule, en distinguant les trajets effectués à Paris, en Petite couronne ou en Grande couronne,
- mesurer
les particules PM10, grâce à un dispositif novateur mis au point par Airparif.
Les deux polluants choisis sont les oxydes d’azote (NOx), et les particules PM10 (particules inférieures à 10 microns, soit la taille d’une cellule ou d’une bactérie). Ils sont en effet représentatifs du trafic routier, leurs niveaux sont problématiques dans l’agglomération parisienne et surtout, ils sont réglementés pour leurs effets sur la santé.
Un tricycle équipé d’appareils de mesures automatiques
Pour la première fois, on va savoir ce que respire un cycliste dans Paris grâce à un tricycle équipé d’analyseurs automatiques.
Rue de Saint-Antoine , rue de Rivoli, avenue Daumesnil... Une trentaine de trajets types seront effectués afin d’étudier l’exposition des cyclistes à la pollution en fonction des aménagements de voirie utilisés : pistes cyclables plus ou moins éloignées des véhicules, couloirs de bus ouverts aux vélos, ou bord de route. Les résultats sont attendus pour la fin de l’année 2008.
Une étude de terrain* menée en 2000 par C.Magdelaine dans le bois de Vincennes avait déjà permis de mettre en évidence l'intérêt des haies végétalisées comme barrière à la pollution issue du trafic automobile.
Le cycliste, trop souvent au coeur de la circulation est doublement vulnérable :
- ses efforts physiques l'obligent à s'oxygéner davantage et donc à respirer plus profondément les polluants de proximité
- son faible gabarit et sa faible vitesse perturbe la circulation motorisée qui peut alors le mettre en danger.
Une voiture test d’Airparif sillonne la région
Contrairement aux idées reçues, c'est l'automobiliste qui est le plus exposé à la pollution de proximité, l'habitacle de la voiture n'étant pas étanche aux polluants rejetés par le trafic automobile.
Une série de mesures sera également effectuée à bord d’un véhicule d’Airparif. Suite aux premières mesures réalisées l’été dernier, on sait déjà que la voiture n’est pas un bouclier anti-pollution. Situé au coeur de la circulation, l’automobiliste et ses passagers sont en effet les plus exposés à la pollution liée au trafic routier. Cette étude n’avait porté que sur
le dioxyde d’azote.
Grâce à un dispositif de mesure encore inédit en France, les niveaux de particules PM10 vont être mesurés dans un véhicule. Cette mesure effectuée par micro balance est extrêmement délicate. Car les vibrations de la voiture perturbent la balance de l’appareil. Une solution technique a été apportée notamment en plaçant les quatre pieds de la balance sur des amortisseurs testés en Autriche. Le système a subi de nombreux essais avant le démarrage de l’étude.
Différents types de trajet sont effectués par les Franciliens pour se rendre à leur travail, de Paris jusqu’en Grande couronne, en passant par la Petite couronne. Tous ces trajets seront donc testés plusieurs fois et près de 300 parcours seront ainsi effectués pendant les heures de pointe du matin et du soir. Les résultats de cette étude seront communiqués mars 2009.
Cette étude sur les véhicules et les vélos confirme une nouvelle orientation de la surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France. Airparif poursuit bien sûr la mesure des polluants dans l’environnement, mais élargit aussi son travail à une meilleure connaissance de l’exposition des personnes selon les modes de transport utilisés.
En savoir plus
Notes
* La pollution particulaire au bois de Vincennes : définition, mesure et variations spatiales. Mém : Institut de Géographie de Paris : juin 2000.
Référence
Quelle qualité de l'air à vélo et au volant ? - Airparif
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)