D'après les données qui concernent l'évolution des températures au cours du XXème siècle, les années comprises entre 1945 et 1960 auraient connu un refroidissement notable. Cette anomalie, par rapport au réchauffement climatique tant évoqué, s'expliquerait par un biais, connu, dans les méthodes de mesure.
Selon des chercheurs britanniques et américains qui ont publié un article dans
la revue Nature, le refroidissement d'environ 0,3°C mesuré à la sortie de la deuxième guerre mondiale trouverait son origine dans un changement sur les instruments de mesure utilisés en mer.
David Thompson, de l'Université d'état du Colorado et responsable de l'étude a indiqué : "je fus surpris de constater si clairement cette baisse dans les données, en travaillant en collaboration avec d'autres, nous avons réalisé qu'elle ne pouvait être naturelle".
Plusieurs autres raisons sont évoquées habituellement pour expliquer ce léger refroidissement : phénomène
El Niño de 1941, émissions massives de particules (
au pouvoir refroidissant) avec l'effort industriel, les incendies, les bombardements liés à la seconde guerre mondiale et surtout le formidable essor industriel de l'après guerre.
Du simple thermomètre dans un seau d'eau puisé dans la mer, au seau en toile en passant par le conduit d'entrée d'eau de refroidissement des machines, les données récoltées doivent faire l'objet de corrections pour être comparables. Or, le biais constaté s'expliquerait par un changement dans les méthodes de mesure utilisés.
En effet, entre 1939 et 1945, seule la marine américaine enregistre les températures de surface de la mer mais à l'entrée de l'eau dans le circuit de refroidissement des navires. Or, dès août 1945, les marins britanniques reprennent leurs activités océanographiques en puisant l'eau dans un seau, avant d'en mesurer la température. Ce changement de procédé est à l'origine d'anomalies qui doivent être rectifiées. C'est le cas comme le précise le GIEC dans
son dernier rapport (section 3.B.3) : des corrections sont apportées depuis déjà plusieurs années et se poursuivent actuellement. L'étude publiée dans Nature n'est donc pas une révélation mais a le mérite de confirmer et de rappeler ce biais.

Le refroidissement observé dans les données actuelles serait finalement moins accentué que prévu (trait en pointillé)Crédit :
The Independent d'après des données du
Climate Research Unit Ces corrections ne sont guère rassurantes car elles confortent un peu plus la régularité de l'évolution des températures depuis le début du XXème siècle. Dans
un entretien accordé au journal Le Monde, Hervé Le Treut, du Laboratoire de météorologie dynamique souligne que ces données ne remettent pas en cause les prévisions pessimistes sur le réchauffement climatique en cours puisque "contrairement à une opinion répandue, aucun modèle n'est calé sur les données du XXesiècle."
Notons enfin que depuis les années 1980, des bouées météorologiques assistées de mesures satellitaires fournissent des données précises sur les températures de surface des océans.
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Référence
Of buckets and blogs - RealClimate (en anglais)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)