Dans le cadre de sa stratégie sur le mercure, l'Union européenne envisageait de bannir ce redoutable polluant pour l'environnement et donc d'interdire l'amalgame dentaire ou plombage, composé pour moitié de mercure. Le rapport publié par un comité scientifique européen mi-janvier 2008 affirme l'innocuité de l'amalgame et remet à beaucoup plus tard, sans doute, la suppression de ce matériau polluant.Mercure dentaire sur la sellette
En décembre dernier, quand la Norvège par la voix de son ministre de l'Environnement, annonce sa
décision d'interdire définitivement le mercure, elle entend dénoncer l'un des polluants les plus redoutable pour l'environnement et envoyer à l'Europe un signal fort pour l'inciter à faire de même. En effet, dans le cadre d'une stratégie mise en place depuis 2005, l'Union européenne envisage de bannir le mercure afin de réduire l'exposition des populations à ce métal hautement toxique pour l'homme et de limiter ses rejets dans l'environnement. C'est ainsi qu'elle charge fin 2007 deux comités scientifiques de statuer sur l'avenir du mercure en dentisterie en tenant compte des risques à la fois sanitaires et environnementaux.
Amalgame blanchi
Dans un rapport rendu public mi-janvier 2008, le SCENIHR (Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks) déclare l'amalgame dentaire comme un matériau parfaitement sain, sécure et exempte de tout effet nocif sur la santé. Cosigné, entre autres, par quatre experts extérieurs au SCENIHR, tous membres de la profession dentaire, le rapport affirme que l'amalgame dentaire "
doit être considéré comme un matériau de choix" et souligne les intérêts à la fois cliniques et économiques de ce matériau. Toute implication du mercure dans des maladies systémiques ou neuro-dégénératives (cancer, Alzheimer, sclérose en plaque, etc.) est écartée, pour les patients comme pour les professionnels qui manipulent l'amalgame, et seuls des effets locaux sont concédés. Le rapport confirme la thèse, déjà développée en France par L'Afssaps, selon laquelle les malades incriminant le mercure dentaire présenteraient en réalité des
troubles psychologiques, voire psychiatriques. Fait troublant, l'un des experts extérieurs du SCENIHR n'est autre que le professeur M. Goldberg qui signait fin février un
article fustigeant l'initiative norvégienne et développait pour défendre l'amalgame des arguments similaires à ceux du rapport.
Quand l'esthétique a un impact positif sur l'environnement
Quant au problème posé par le rejet du mercure dans l'environnement, il n'est tout simplement pas abordé. Le rapport se contente assez vaguement d'évoquer les bénéfices "
salutaires" pour l'environnement qu'il y aurait à réduire l'emploi du mercure dans les activités humaines. Si le SCENIHR prévoit une réduction probable de l'emploi de l'amalgame dentaire dans le futur, ce n'est pas pour des raisons médicales et encore moins environnementales mais pour des raisons esthétiques. En effet, la résine ou composite, matériau alternatif au plombage, est plus esthétique car de même teinte que la dent, ce qui provoque une demande croissante de la part des patients. C'est cette évolution des pratiques en dentisterie qui devrait à terme, d'après le rapport, conduire à une diminution significative de l'usage de l'amalgame dentaire et donc, on l'espère, des rejets mercuriels. Comme quoi, la coquetterie a parfois des effets indirects et inespérés sur l'environnement.
Reste à chacun de prendre ses responsabilités et de faire ses
choix en matière de soins dentaires en toute connaissance de cause.
En savoir plus sur le rapport du SCENIHR et la pétition lancée par l'AKUT pour protester contre ce rapport:
site HolodentEn savoir plus
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Estelle Vereeck Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de son auteur.