
Les réseaux de mesure de la qualité de l'air poursuivent un important programme de modernisation et d'extension engagé après l'adoption de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie le 30 décembre 1996 : déploiement de nouveaux capteurs (2200 analyseurs actuellement contre 1300 en 1997), mesure de nouveaux polluants (hydrocarbures, benzène, particules fines telles que PM10 et PM2,5...), traitement et diffusion au public des résultats en temps réel (notamment par internet), modélisation et prévision.
Le recul est parfois encore insuffisant dans certaines agglomérations pour évaluer avec certitude l'évolution de la qualité de l'air : les variations météorologiques d'une année sur l'autre sont susceptibles de provoquer des variations plus importantes que l'évolution des émissions polluantes. On admet généralement que l'appréciation des évolutions implique de disposer des mesures sur une période d'au moins cinq ans. Il convient dès lors, de se garder d'extrapoler les variations lorsque les résultats ne sont disponibles que sur les deux ou trois dernières années.
Néanmoins,
on peut retenir les tendances suivantes :- Les concentrations de dioxyde de soufre (SO2) ont fortement baissé ces dernières années au rythme d'environ 10 % par an depuis cinq ans, pour atteindre maintenant un plancher de l'ordre de 5 µg/m3 en moyenne annuelle pour l'ensemble des agglomérations. Cette évolution récente s'explique notamment par l'amélioration des combustibles et carburants, la désulfuration des fumées des grandes installations de combustion (et la réduction du taux de marche des centrales thermiques d'EdF), le traitement des fumées des usines d'incinération d'ordures ménagères...
La situation reste cependant préoccupante dans les sites fortement industrialisés (Le Havre, Fos-Berre, Forbach par exemple). De nouvelles mesures de réduction des émissions doivent donc impérativement être mises en œuvre dans ces zones.
- Les concentrations de dioxyde d'azote ont baissé dans la plupart des agglomérations d'environ 20% en six ans. En parallèle, les concentrations de monoxyde d'azote mesurées par les capteurs proches du trafic automobile ont baissé d'environ 30% dans la plupart des agglomérations.
Ces évolutions sont à mettre en relation avec les modifications apportées aux véhicules (principalement la généralisation du pot catalytique) qui constituent les principaux émetteurs de ces polluants.
En revanche, la valeur limite du dioxyde d'azote pour 2002 de 56 µg/m3 en moyenne annuelle n'est pas respectée sur des sites proches du trafic automobile. Cela a notamment été le cas pour les agglomérations de Paris, Strasbourg, Valence, Montpellier, Clermont-Ferrand, Lyon, Nice, Rouen, Grenoble, et Marseille.
- La suppression de l'utilisation de plomb tétraéthyle dans les essences depuis le 1er janvier 2000 a conduit à une division par trois des émissions de plomb dans l'air. Dans la plupart des agglomérations, la moyenne annuelle des concentrations de plomb est de l'ordre de 0,03 µg/m3, c'est-à-dire à la limite de précision de la mesure. L'industrie est devenue la source principale des émissions de plomb dans l'atmosphère. La réduction de ces émissions constitue une action prioritaire des DRIRE sous l'autorité du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable. Cette action a déjà conduit à une diminution de 19% des émissions industrielles de plomb entre 1999 et 2001.
- Les moyens de mesure des particules en suspension sont en pleine transformation : l'ancienne méthode dite des " fumées noires " (degré de noircissement d'un filtre collecteur) est progressivement remplacée par la méthode de mesure des particules fines (mesure de la concentration de PM10 et PM2,5, particules de taille inférieure à 10 et 2,5 micromètres). La mesure des particules très fines (PM 2,5) se généralise, avec 41 capteurs en fonctionnement sur le territoire contre 20 en 2000. Le recul reste insuffisant pour déterminer si les évolutions des niveaux de PM10 et de PM2,5 de 2000 à 2002 sont représentatives.
La pollution par les particules fines est certainement, avec l'ozone, le principal problème sur lequel la vigilance doit rester fortement mobilisée, du fait de leur impact sur la santé humaine mais aussi sur le bâti et les écosystèmes. La lutte contre cette forme de pollution est toutefois plus complexe du fait de la diversité des sources à considérer (sources directes comme les transports, l'industrie, la combustion du bois… mais aussi sources indirectes, les particules pouvant se former à partir de gaz émis dans l'atmosphère).
- L'ozone est un polluant secondaire, produit dans l'atmosphère sous l'effet du rayonnement solaire par des réactions complexes entre les polluants primaires (oxydes d'azote, hydrocarbures, particules...). Les évolutions constatées reposent en grande partie sur les variations climatiques. L'été 2001, avec des températures et un ensoleillement élevés, avait favorisé la formation d'ozone et la survenue de pointes de pollution. En 2002, l'été ayant été plus médiocre, malgré des périodes de fort ensoleillement au mois de juin, les pointes de pollution ont été moins nombreuses. Toutefois, la pollution de fond par l'ozone semble augmenter dans la plupart des agglomérations.
- Le benzène est un polluant dont la surveillance est encore en cours de mise en place. Hormis quelques agglomérations, le recul est insuffisant pour déterminer une tendance d'évolution des niveaux de concentrations. Néanmoins, les concentrations mesurées en agglomération sont toutes inférieures à la valeur limite fixée à 10 µg/m3 par décret. Les concentrations mesurées à Paris ont été divisées par trois en six ans, du fait de l'évolution de la composition des essences.
Ces évolutions d'ensemble recouvrent bien entendu des situations variables selon les sites de mesure. On consultera donc utilement les données détaillées diffusées par chaque Association Agréée de Surveillance de la Qualité de l'Air.
Ces résultats montrent la nécessité de poursuivre avec ténacité la réduction des émissions des véhicules, des chauffages urbains et des usines. En ce qui concerne la pollution d'origine automobile, les normes européennes déjà fixées permettront une réduction de moitié environ de la pollution émise par les voitures neuves à partir de 2005. Les actions de réduction des émissions devront être renforcées en ce qui concerne les chauffages et les usines.
La France s'est engagée, dans le cadre de la convention de Genève sur la pollution transfrontière et en application d'une directive européenne du 23 octobre 2001, à réduire de 40% environ ses émissions dans l'air d'oxydes d'azote, de dioxyde de soufre et de composés organiques volatils entre 2000 et 2010.
En savoir plus :Télécharger :
Les bilans chiffrés (format PDF - Acrobat Reader)
Lire notre dossier sur
la pollution atmosphériqueLire notre dossier sur
les particules atmosphériquesActualités connexes
15/03/2007
Bilan de la qualité de l'air en France en 200601/09/2006
Amélioration de la qualité de l'air des villes entre 2000 et 200512/04/2006
Pollution atmosphérique dramatique à Pekin18/07/2003
300 millions d'euros pour surveiller la qualité de l'air en France20/08/2001
La pollution TUEAuteur
Ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables