
crédit : OMM
Attention à tous ceux qui souffrent d’allergies : le changement climatique est mauvais pour votre santé. De récentes études scientifiques ont montré que l’augmentation des températures et qu’un niveau de dioxyde de carbone plus élevé dans l’atmosphère rallongent la période des allergies. Dans le même temps, d’autres études ont montré que l’augmentation des températures combinée à la pollution émise par les véhicules peut engendrer plus d’ozone au niveau du sol – un polluant qui cause des problèmes respiratoires - notamment dans les zones urbaines qui souffrent déjà d'une mauvaise qualité de l’air.
« Aucun doute, le réchauffement de la planète est une menace pour la santé publique », d’après la climatologue Brenda Ekwurzel de l’Union of Concerned Scientists (
UCS) « Cela ne se produit pas seulement aux pôles, il affecte déjà l’Amérique du Nord. Et les choix que nous faisons aujourd’hui vont déterminer la mesure dans laquelle cela va empirer. »
Selon une étude de 2005 menée par des chercheurs de l’Université de Stanford et publiée dans le compte-rendu de l’Académie Nationale des Sciences, les conditions météorologiques du printemps, à travers le monde, sont réunies avec une avance d’environ 10 jours sur le calendrier par rapport à ce qu’elles étaient il y a 30 ans. Ce phénomène, appelé « saison fluage », allonge la période de pousse de nombreuses "mauvaises herbes" produisant des allergènes.
Le dioxyde de carbone dégagé par la combustion du charbon et du pétrole ainsi que
la déforestation conduisent au
réchauffement climatique. Cela accélère aussi le développement des plantes. De récentes expériences ont montré qu’un niveau de dioxyde de carbone supérieur engendrait la production d’allergènes plus puissants par l’ambroisie, le pin taeda, le sumac vénéneux et d’autres plantes.
Une étude de l’Université de Duke en 2006, a montré que le pin taeda produisait du pollen de manière plus précoce et dans de plus fortes proportions lorsque les niveaux de dioxyde de carbone sont élevés. Dans le même temps, une étude sur 6 ans menée sur la forêt expérimentale de l’Université de Duke a montré que des taux de dioxyde de carbone supérieurs dans l’air augmentaient la croissance des sumacs vénéneux responsables de la production d’une forme plus puissante d’urushiol, un irritant qui provoque des dermatites à 80 % des personnes qui sont exposées au sumac vénéneux.
L’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone associée à l’élévation des températures peut également entraîner la germination précoce de l’ambroisie et la production de plus de fleurs et de pollen. Des conclusions d’expériences publiées dans Functional Plant Biology en 2005 montrent que l’ambroisie produit des allergènes plus puissants là où il y a plus de dioxyde de carbone dans l’air. D’autres résultats d’expérimentations publiés dans Environmental Health Perspectives en 2006 ont démontré des effets similaires.
Les habitants des villes sont susceptibles de souffrir davantage des niveaux élevés de dioxyde de carbone que les banlieusards ou les populations rurales à cause de ce qu’on appelle «l’îlot de chaleur urbain ». Les grandes villes sont plutôt plus chaudes que les zones périphériques à cause des routes qui absorbent la chaleur, des trottoirs et des bâtiments. Cette association peut intensifier et rallonger la période des allergies. Une étude de 2003 menée à Baltimore, par exemple, publiée dans le Journal de l’Allergie et de l’Immunologie Clinique, a montré que l’ambroisie fleurit plus tôt et produit plus de pollen que dans les régions rurales environnantes.
L’élévation des températures occasionnée par le réchauffement planétaire, associée aux gaz d’échappement des véhicules, exacerbe également les menaces sur la santé, en particulier à cause de l’ozone situé au ras du sol, selon B. Ekwurzal. Des études montrent que des températures plus élevées facilitent la transformation des gaz d’échappement en ozone au niveau du sol. L’ozone est un polluant qui aggrave l’asthme et qui cause d’autres problèmes respiratoires, comme des douleurs dans la poitrine et l’inflammation des tissus des poumons. Une étude récente concernant le changement climatique dans le Nord Est des Etats-Unis a permis de calculer le nombre de jours où l’air était pollué en utilisant les critères de l’Agence de Protection de l’Environnement américaine (
EPA) à savoir 8h de pollution à l’ozone par jour. Si le réchauffement planétaire se poursuit dans les mêmes conditions (et en l’absence d’une régulation rigoureuse de la qualité de l’air) le nombre de jours pour lesquels les critères de l’EPA sont atteints pourrait augmenter de 300%. A l’inverse, si nous diminuions les émissions de dioxyde de carbone de manière significative afin d’éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, nous pourrions avoir une hausse beaucoup plus faible de 50 %.
Aujourd’hui, un Américain sur huit souffre du rhume des foins et environ un sur douze souffre d’asthme. L’augmentation des ces chiffres est liée au réchauffement de la planète, mais, selon Ekwurzel, nous pouvons réduire son impact si nous agissons rapidement pour diminuer les émissions.
« Nous pouvons choisir à quoi ressemblera notre futur quand on parle de réchauffement climatique, dit-elle. Il y a de nombreux bénéfices à réduire considérablement nos émissions de gaz piégeurs de chaleur. Avant toute chose, nous pouvons donner à nos enfants et petits-enfants un monde avec un air plus sain. »
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Référence
Achoo! Global Warming Intensifies Allergy Season, Pollutes Air - Union of Concerned Scientists
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Cécile Matricon - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)