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Lac Tchad : l’assèchement des eaux se poursuit

16816 lectures / 12 commentaires09 mai 2008, 13 h 27

Lac Tchad : l’assèchement des eaux se poursuitLac Tchad le 5 mars 2007
crédit : MODIS Rapid Response Team / NASA GSFC
L'étendue du lac Tchad est passée de 25 000 Km2 à 2000 Km2 en quarante ans du fait de l’action de l’homme.

"La situation est dramatique à l’heure actuelle aussi bien sur place que dans toutes les localités alimentées par le bassin du Lac Tchad. La crise de l’eau est très forte dans les Mayos (cours d’eau qui arrosent le Nord Cameroun) et les fleuves. Cette année par exemple, la sècheresse s’est accompagnée de la très forte pluviométrie malheureusement, brutalement interrompue.
Cela a eu pour conséquence non seulement de détruire la récolte du mil (sorgho), mais surtout un assèchement drastique tout aussi brutal des points d’eau". Ce raccourci du coordonnateur national du projet, Commission nationale du bassin du Lac Tchad /Fonds mondial pour l’environnement (Cblt/Fem), Oumarou Dobaï, aborde certains aspects visibles de l’avancée du désert dont l’expert et point focal du ministère camerounais de l’Environnement et de la Protection de la nature (Minep), Gabriel Tchatat dit qu’il atteindra le Cameroun en 2075 au plus tard.

Le bassin du Lac Tchad dont les experts étaient réunis du 18 au 20 janvier 2008 à Maroua pour une évaluation de l’état de la dégradation de la biodiversité autour de cette vaste étendue d’eau, est l’objet de réelles appréhensions à en croire le coordonnateur du projet Inversion des tendances à la dégradation des terres et des eaux (Itdte), le Nigérian Mohammed Bila.

Cette étendue d’eau jadis alimentée par les fleuves Logone, Chari et Oubangui, est passée d’environ 25 000 Km2 en 1963 à 2000 Km2 aujourd’hui en période de crue. Cet assèchement est officiellement dû à l’avancée du désert, au déboisement sauvage et quasi permanent des espaces verts au profit du bois de chauffe et à diverses autres actions de l’homme. Pour autant, sous cape, certains experts de la Commission du bassin du lac Tchad (Cblt) réunis en janvier dernier à Maroua (notamment tchadiens) font état de la dégradation du lit du lac du fait de nombreuses interventions de projets camerounais et nigérians dans sa périphérie.

Cotisations

On cite à ce propos, la retenue d’eau causée par la digue de Maga au Nord du Cameroun. Elle prive en effet, le Lac Tchad d’une partie importante de ses eaux. Certains experts ayant requis l’anonymat, affirment que des opérations de ce genre sont multipliées par quatre ou cinq du côté du Nigeria.

Toujours est-il que les Etats qui semblent prendre conscience de la gravité de la situation, ont décidé de faire payer ce désagrément aux pays concernés dans le cadre des cotisations (que certains pays ne paient pas depuis huit ans). Chacun des pays membres de la Cblt intervient financièrement au prorata des désagréments causés sur les eaux du Lac Tchad. C’est à ce titre que le Nigeria considéré comme le principal auteur des dégâts participe à hauteur de 52%, le Cameroun le suit avec 28%. Les autres pays viennent ensuite avec 8 et 6%.

Du côté du Cameroun comme dans les autres pays riverains que sont le Tchad, le Nigeria, le Niger et la République Centrafricaine, les populations souffrent des mêmes maux. La famine s’installe et se répercute à des lieux du lit du lac. "Nous souffrons de l’assèchement des eaux du Lac Tchad. Tous les Mayos sont secs sans la moindre goûte d’eau y compris ceux des fleuves qui se jettent dans le lac comme le Logono, le Chari, le Serbewol ou l’Elbeid. Il sert de régulateur à l’activité dans cette région. C’est lui qui alimente nos sols. Il en facilite la conservation, la restauration des zones humides et la gestion des ressources en eau. Or, maintenant qu’il a perdu 9/10e de ses eaux, l’on assiste à de très mauvaises récoltes", explique le maire de Tokombéré (localité située à trois cents kilomètres environ du lac Tchad), Kari Deguer.

Sur la même lancée, la pêche qui est l’autre activité commune à toutes les populations des Etats membres de la Cblt, connaît également une chute libre. Sans pouvoir quantifier le volume, le délégué du départemental camerounais du Faro Edéo de l’Environnement et de la Protection de la nature, Wandabe Nyakou estime que le volume d’eau a baissé dans le Logone (fleuve qui arrose Kousseri, ville frontalière avec le Tchad) qui est l’un des affluents du Lac Tchad. Moktar Mbot, un expert tchadien rencontré en dit autant du Chari, le confluent tchadien du Lac Tchad. Et ce n’est pas la teneur en poisson qui ne souffre pas de cet état de faits. "Lorsque nous étions à l’école, on nous disait que le Logone est l’un des fleuves les plus poissonneux d’Afrique. Or, le fait que les femmes se sentent obligées d’aller acheter du poisson à Maga pour revenir vendre à Kousseri est la preuve que rien ne va".
De nombreux pêcheurs rencontrés à Kousseri, n’en disent pas moins. "Autrefois, nous faisions des recettes de 25 000 Fcfa par jour. Actuellement on atteint à peine 3000", soutient Moussa Ngwoun, l’un des pêcheurs interrogés.

Situation géographique


Agrandir le plan

Liens

Voir en image la disparition du lac : Africa's Disappearing Lake Chad - NASA (en anglais)

Auteur

Joseph léger Ntiga / Quotidien Mutations (Cameroun)

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

12 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar reboiserlesahara@yahoo.fr - 10/05/2008, 09:37

bonjour!



nous revoila encore pour pleurer

le Bresil qui tente sauver se qui reste de la forêt amazonienne et les Africains qui enregistrent le desastre du la Tchad

oui une certaine réunion de ce que l'on appel le "Nepad" aurait proposé de faire ramener l'eau du Fleuve Congo pour reconstituer ce lac mais a-t-on réfléchi aux chances de réussite?

si l'on prenait des mesures plus rationnelles et plus protectrice de la nature on réfléchirait au reboisement du Sahara dand toute sa splendeur - là où il sera possible -

ici la rationalité voudrait dire usage de l'eau qui exixte aux fin de reboisement

l'association ne pense pas se tromper que le cout du déplacement ou le détournement du Fleuve Congo pou réalimater le lac Tchad suffuirait à faire reboiser au coeur du sahara

et sans déshabier Pierre (Congo) pour ne jamais habiller Paul (sahara)

que l'humanité réflechisse en toute conscience sur ce sujet



avatar pinsac, vaucluse - 17/05/2008, 16:07

si les gens des pays concerner et les dirigeants se sentaient concerner on en serais pas là.

avatar Mbailaou au senegal - 20/05/2008, 16:56

la situation de lac tchad necessite une education environnementale de la collectivite locale et une prise de conscience de nos responsables. Il nous faut un pays responsable de la durabilite des activites dans tous les domaines. Merci

avatar Bachra - 21/05/2008, 08:46

Bonjour Mr. Pinsac du vaucluse,

"Si les gens des pays concerner (és) et les dirigeants ..." que racontez vous monsieur, soyez pour une fois honnête et regardez vous dans un miroir pour que vous vous rendiez compte que vous êtes en occident, dans ces pays qui "prônent la civilisation, la défense de la liberté et des droits, ... ? ? ! ! " et qui prétendent être développés, les seuls et les uniques responsables de ce qui arrivent dans ces pays que vous avez appelé tantôt sous développés ou en voie de développement ou encore du sud selon votre humeur ! ! Arrêtez ce mensonges et ces tromperies s'il vous plaît !

Est ce la destruction de toutes ces bioressources par vos pays chez nous en premier vous, a valu d'être d'être dénommés pays développés en occident ? Des valeurs renversées ! ! ! ? ?

avatar JMT La réunion - 14/06/2008, 21:53

Depuis quand l'Oubangui alimente-t-il le Lac Tchad? a-t-on fait un transfert des eaux en catimini?

avatar Yves M. - 24/11/2008, 19:52

La situation du Lac Tchad est effet très allarmante.Il faut une prise de conscience globale des dirigeants et des habitants de la sous région pour une gestion durable de cette ressource, en vue de sa préservation.

avatar abdel toulous - 07/07/2009, 22:38

slt a tous,bachra ca c est bien parler.

avatar Ferchy - 12/07/2009, 21:26

Le lac fout le camp. La population augmente très vite. L'eau potable est absente. Et les poissons sont mangés alors qu'ils sont encore petits. Et la forêt qui est assassinée. Bravo reboiseriesahara! Une petite idée parmi d'autres: protéger

une parcelle boisée d'un km carré et laisser grandir tous les arbres jusqu'à ce que le soleil ne lèche plus le sable! Puis renouveler la même démarche ailleurs!



avatar Manu - 23/07/2009, 17:45

Quand parle-t-on de démographie ? On n'en parle jamais, le pillage du lac est du au réchauffement climatique ? Ah bon ? Depuis des siècles ?



Les pays voisins détournent les hauts, on irrigue des cultures, on fait des dizaines d'enfants par famille et après on pleure car il n'y a plus d'eau et de poisson. Pourquoi personne ne parle jamais de la démographie comme si c'était normal que l'homme se reproduise comme des lapins qu'on extermine pourtant lorsqu'ils sont trop nombreux, la nature se chargera de nous exterminer

avatar Matthieu Strasbourg - 26/01/2011, 13:25

Manu a quasiment tout dit !!! Content de voir que certain sont conscient du vrai problème et ne se laissent pas voiler la face par de fausses infos politiquement correctes !!! La sécheresse existe depuis toujours dans ces pays et la nature sait se réguler ! Seule l'intervention croissante et irresponsable de l'Homme fait des dégâts irréversibles !!!

On le paye déjà, cela n'empêche pas de continuer, aussi, la nature se chargera effectivement de nous exterminer un jour à grande échelle et là vous pourrez tous crier et avoir des regrets, il sera VRAIMENT trop tard !!!!

avatar ATSU KOFFIde lomé TOGO - 11/10/2011, 17:44

ensablement ou assèchement? si c'est l'assechement qui est du à la baisse de la pluiviométrie, cela peut se comprendre et s'expliquer par le déboisement et autre. mais si c'est l'ensablement,cela peut être dû à la destruction des croccodiles du lac. je m'explique :chaque lac est un chateau d'eau géant qui est relié à une ou plusieurs sources quelque part dans l'univers par un canal souterrain aménagé par le biai de volcan.le croccodile est le sous marin netoyeur de ce canal pour deboucher les obstructions telsque bois,sable, boue paille,carcasse d'animaux, que les eaux envoient dans ce canal. en éliminant le croccodile, l'ouvrier n'est plus là. conséquence: la source qui dépend de ce lac (qui est en fait sa purge automatic), cette source donc tarrira.tous les déchets entrainés vers ce lac s'entassent d'année en année, réduisant petit à petit la profondeur du bassin ,ce qu'on appelle ensablent puis l'assechement .pour preuve les chercheurs ont découvert de l'eau douce qui jaillit au milieu de la mer morte en israel, une mer très salée.allez-y comprendre. solution: réintroduire des croccodiles dans ce lac, ils ferront le reste.

les larves des volcans qui composent les montagnes du monde entier sont issues de ces canaux souterrains aménagés au sein de la planete terre pour rendre l'eau disponible dans diverses régions après la saison des pluies,alors maitre croccodile n'est pas làbas pour rien.alors si le bras du système meurt, tout le corps aussi meurt.vous- êtes- vous une fois posé la question à svoir comment est ce que les sources d'eau douce jaillissent sur les iles pourtant en plein milieu d'un océan salé?

koffiatis06@yahoo.fr

avatar Léger Ntiga - 11/10/2011, 19:45

Nous avons en son temps travaillé sur l'assèchement qui est un fait réel de cette étendu d'eau au bord de laquelle nous nous sommes rendu plusieurs fois. Le phénomène d'assèchement est effectif.

Celui de l'ensablement aussi d'ailleurs. Mais son impact à en croire les scientifiques qui y travaillent est moindre. Il ne peut justifier que le Lac Tchad soit passé de 25 000Km à 2000. Il ne peut expliquer que les zones jadis occupées par les eaux soient habitables ou cultivables aujourd'hui.

Salutations

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