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Lac Tchad : l’assèchement des eaux se poursuit

6298 lectures / 6 commentaires09/05/2008, 13:27
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Lac Tchad : l’assèchement des eaux se poursuit
Lac Tchad le 5 mars 2007
crédit : MODIS Rapid Response Team / NASA GSFC
L'étendue du lac Tchad est passée de 25 000 Km2 à 2000 Km2 en quarante ans du fait de l’action de l’homme.

"La situation est dramatique à l’heure actuelle aussi bien sur place que dans toutes les localités alimentées par le bassin du Lac Tchad. La crise de l’eau est très forte dans les Mayos (cours d’eau qui arrosent le Nord Cameroun) et les fleuves. Cette année par exemple, la sècheresse s’est accompagnée de la très forte pluviométrie malheureusement, brutalement interrompue.
Cela a eu pour conséquence non seulement de détruire la récolte du mil (sorgho), mais surtout un assèchement drastique tout aussi brutal des points d’eau". Ce raccourci du coordonnateur national du projet, Commission nationale du bassin du Lac Tchad /Fonds mondial pour l’environnement (Cblt/Fem), Oumarou Dobaï, aborde certains aspects visibles de l’avancée du désert dont l’expert et point focal du ministère camerounais de l’Environnement et de la Protection de la nature (Minep), Gabriel Tchatat dit qu’il atteindra le Cameroun en 2075 au plus tard.

Le bassin du Lac Tchad dont les experts étaient réunis du 18 au 20 janvier 2008 à Maroua pour une évaluation de l’état de la dégradation de la biodiversité autour de cette vaste étendue d’eau, est l’objet de réelles appréhensions à en croire le coordonnateur du projet Inversion des tendances à la dégradation des terres et des eaux (Itdte), le Nigérian Mohammed Bila.

Cette étendue d’eau jadis alimentée par les fleuves Logone, Chari et Oubangui, est passée d’environ 25 000 Km2 en 1963 à 2000 Km2 aujourd’hui en période de crue. Cet assèchement est officiellement dû à l’avancée du désert, au déboisement sauvage et quasi permanent des espaces verts au profit du bois de chauffe et à diverses autres actions de l’homme. Pour autant, sous cape, certains experts de la Commission du bassin du lac Tchad (Cblt) réunis en janvier dernier à Maroua (notamment tchadiens) font état de la dégradation du lit du lac du fait de nombreuses interventions de projets camerounais et nigérians dans sa périphérie.

Cotisations

On cite à ce propos, la retenue d’eau causée par la digue de Maga au Nord du Cameroun. Elle prive en effet, le Lac Tchad d’une partie importante de ses eaux. Certains experts ayant requis l’anonymat, affirment que des opérations de ce genre sont multipliées par quatre ou cinq du côté du Nigeria.

Toujours est-il que les Etats qui semblent prendre conscience de la gravité de la situation, ont décidé de faire payer ce désagrément aux pays concernés dans le cadre des cotisations (que certains pays ne paient pas depuis huit ans). Chacun des pays membres de la Cblt intervient financièrement au prorata des désagréments causés sur les eaux du Lac Tchad. C’est à ce titre que le Nigeria considéré comme le principal auteur des dégâts participe à hauteur de 52%, le Cameroun le suit avec 28%. Les autres pays viennent ensuite avec 8 et 6%.

Du côté du Cameroun comme dans les autres pays riverains que sont le Tchad, le Nigeria, le Niger et la République Centrafricaine, les populations souffrent des mêmes maux. La famine s’installe et se répercute à des lieux du lit du lac. "Nous souffrons de l’assèchement des eaux du Lac Tchad. Tous les Mayos sont secs sans la moindre goûte d’eau y compris ceux des fleuves qui se jettent dans le lac comme le Logono, le Chari, le Serbewol ou l’Elbeid. Il sert de régulateur à l’activité dans cette région. C’est lui qui alimente nos sols. Il en facilite la conservation, la restauration des zones humides et la gestion des ressources en eau. Or, maintenant qu’il a perdu 9/10e de ses eaux, l’on assiste à de très mauvaises récoltes", explique le maire de Tokombéré (localité située à trois cents kilomètres environ du lac Tchad), Kari Deguer.

Sur la même lancée, la pêche qui est l’autre activité commune à toutes les populations des Etats membres de la Cblt, connaît également une chute libre. Sans pouvoir quantifier le volume, le délégué du départemental camerounais du Faro Edéo de l’Environnement et de la Protection de la nature, Wandabe Nyakou estime que le volume d’eau a baissé dans le Logone (fleuve qui arrose Kousseri, ville frontalière avec le Tchad) qui est l’un des affluents du Lac Tchad. Moktar Mbot, un expert tchadien rencontré en dit autant du Chari, le confluent tchadien du Lac Tchad. Et ce n’est pas la teneur en poisson qui ne souffre pas de cet état de faits. "Lorsque nous étions à l’école, on nous disait que le Logone est l’un des fleuves les plus poissonneux d’Afrique. Or, le fait que les femmes se sentent obligées d’aller acheter du poisson à Maga pour revenir vendre à Kousseri est la preuve que rien ne va".
De nombreux pêcheurs rencontrés à Kousseri, n’en disent pas moins. "Autrefois, nous faisions des recettes de 25 000 Fcfa par jour. Actuellement on atteint à peine 3000", soutient Moussa Ngwoun, l’un des pêcheurs interrogés.

Situation géographique


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En savoir plus

Voir en image la disparition du lac : Africa's Disappearing Lake Chad - NASA (en anglais)
En discuter sur notre forum dédié à la pression de l'Homme sur le milieu

Auteur

Joseph léger Ntiga - Quotidien Mutations (Cameroun)
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de son auteur.

6 commentaires sur cette actualité

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !
commentaire reboiserlesahara@yahoo.fr - 10/05/2008, 09:37
bonjour!

nous revoila encore pour pleurer
le Bresil qui tente sauver se qui reste de la forêt amazonienne et les Africains qui enregistrent le desastre du la Tchad
oui une certaine réunion de ce que l'on appel le "Nepad" aurait proposé de faire ramener l'eau du Fleuve Congo pour reconstituer ce lac mais a-t-on réfléchi aux chances de réussite?
si l'on prenait des mesures plus rationnelles et plus protectrice de la nature on réfléchirait au reboisement du Sahara dand toute sa splendeur - là où il sera possible -
ici la rationalité voudrait dire usage de l'eau qui exixte aux fin de reboisement
l'association ne pense pas se tromper que le cout du déplacement ou le détournement du Fleuve Congo pou réalimater le lac Tchad suffuirait à faire reboiser au coeur du sahara
et sans déshabier Pierre (Congo) pour ne jamais habiller Paul (sahara)
que l'humanité réflechisse en toute conscience sur ce sujet

commentaire pinsac, vaucluse - 17/05/2008, 16:07
si les gens des pays concerner et les dirigeants se sentaient concerner on en serais pas là.
commentaire Mbailaou au senegal - 20/05/2008, 16:56
la situation de lac tchad necessite une education environnementale de la collectivite locale et une prise de conscience de nos responsables. Il nous faut un pays responsable de la durabilite des activites dans tous les domaines. Merci
commentaire Bachra - 21/05/2008, 08:46
Bonjour Mr. Pinsac du vaucluse,
"Si les gens des pays concerner (és) et les dirigeants ..." que racontez vous monsieur, soyez pour une fois honnête et regardez vous dans un miroir pour que vous vous rendiez compte que vous êtes en occident, dans ces pays qui "prônent la civilisation, la défense de la liberté et des droits, ... ? ? ! ! " et qui prétendent être développés, les seuls et les uniques responsables de ce qui arrivent dans ces pays que vous avez appelé tantôt sous développés ou en voie de développement ou encore du sud selon votre humeur ! ! Arrêtez ce mensonges et ces tromperies s'il vous plaît !
Est ce la destruction de toutes ces bioressources par vos pays chez nous en premier vous, a valu d'être d'être dénommés pays développés en occident ? Des valeurs renversées ! ! ! ? ?
commentaire JMT La réunion - 14/06/2008, 21:53
Depuis quand l'Oubangui alimente-t-il le Lac Tchad? a-t-on fait un transfert des eaux en catimini?
commentaire Yves M. - 24/11/2008, 19:52
La situation du Lac Tchad est effet très allarmante.Il faut une prise de conscience globale des dirigeants et des habitants de la sous région pour une gestion durable de cette ressource, en vue de sa préservation.
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