Le cyclone Nargis, en provenance du Golfe du Bengale, a dévasté le delta de l'Irrawaddy sur la côte sud-ouest du Myanmar (Birmanie), vendredi 2 mai au soir. Accompagné de vents violents entre 190 à 240 km/h, Nargis a causé des dégâts majeurs sur Yangôn, l'ancienne capitale et plus grande ville du pays et fait des dizaines de milliers de victimes.
Il s'agit du premier cyclone de la saison 2008 dans le nord de l'océan Indien mais également l'un des plus meutriers, dépassant
le cyclone Sidr qui avait tué 3 500 personnes au Bangladesh en novembre 2007. Nargis, un cylone étendu à extrême de catégorie 3 à 4, a balayé cinq grandes divisions administratives (Rangoun, Irrawaddy, Pegu, ainsi que les Etats Mon et Karen) qui ont été déclarées en état de catastrophe naturelle. Mais c'est le delta de l'Irrawaddy qui a été frappé de plein fouet : certains villages côtiers ont été complètement rasés, les infrastructures de transport et de communication sont inutilisables tandis que l'eau potable et l'électricité font cruellement défaut.
Un bilan humain catastrophique
Alors que le premier bilan faisait état de quelques centaines de morts, les dernières estimations des organisations humanitaires évoquent 100 000 morts, 40 000 blessés et plus de deux millions de sinistrés sur une population totale de 50 millions d'habitants.
En cause, les inondations dues à la houle et aux déferlantes provoquées par l'onde de tempête comme en témoigne la ville de Yangôn, forte de 4 millions d'habitants et qui a été pratiquement entièrement recouverte par les flots. Les autorités parlent d'un raz de marée et d'une vague de plus de 3,5 mètres qui s'est abbatue sur la côte.
Des secours bloqués, des aides confisquées
Le régime birman refusait jusqu'à alors toute ingérence extérieure dans les affaires de son pays, toutefois, le bilan humain et matériel catastrophique a assoupli ses positions. Ainsi, l'aide internationale sera acceptée mais les équipes qui se rendront dans le pays "devront négocier avec le ministère des Affaires étrangères et les plus hautes instances" du régime, a déclaré mardi 6 mai le ministre de la Protection sociale, Maung Maung Swe.
Malgré la pression des organisations d'aide aux victimes et des pyas donateurs, le régime vient finalement de raidir ses positions comme en témoigne le discours du ministère des Affaires étrangères dans un texte publié par le quotidien officiel
New Light of Myanmar : "la Birmanie n'est pas prête à recevoir des équipes de recherche et de secours, ainsi que des équipes de journalistes, de pays étrangers".
Par conséquent, la plupart des équipes de secours étrangères restent bloquées en Thaïlande toujours dans l'attente de visas pour secourir les populations locales. Toutefois, quelques organisations, comme la Croix Rouge sont déjà au travail : "nous distribuons des fournitures aux sans-abri, des bâches en plastique pour couvrir les toits, des tablettes de purification d'eau, nous fournissons aussi 5 000 litres d'eau potable, des réchauds, des moustiquaires, des couvertures et des vêtements à ceux qui en ont le plus besoin", a précisé Michael Annear de la Fédération internationale de la Croix Rouge.
Des grandes puissances comme l'Europe, l'Inde, le Japon et les Etats-Unis ont déjà promis des aides financières et matérielles même si la prudence est de mise face à une dictature qui pourrait détourner ses aides au détriment de la population sinistrée. Malheureusement, cette méfiance est fondée puisqu'un avion de plusieurs dizaines de tonnes de vivres qui avait affreté par les Nations Unies a vu sa cargaison détournée au profit des militaires du régime...
Le cyclone Nargis est le plus meurtrier en Asie depuis 1991, où 143 000 personnes avaient été tuées au Bangladesh.
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Référence
Cyclone Nargis Floods Myanmar (Burma) - NASA (en anglais)
Flooding in Yangon, Burma (Myanmar) - NASA (en anglais)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)