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La facture céréalière des pays pauvres s'envole, les gouvernements tentent de limiter l'impact

8657 lectures / 6 commentaires16 avril 2008, 11 h 06

La facture céréalière des pays pauvres s'envole, les gouvernements tentent de limiter l'impact© C. Magdelaine / notre-planete.info
La facture des importations céréalières des pays les plus pauvres du monde devrait augmenter de 56 % en 2007/2008 après une hausse significative de 37 % en 2006/2007, a indiqué le 11 avril la FAO.

Pour les pays à faible revenu et déficit alimentaire en Afrique, cette facture devrait augmenter de 74 %, selon le dernier bulletin Perspectives de récoltes et situation alimentaire de la FAO. La hausse est due à l'envolée des cours internationaux des céréales, des tarifs du fret et du prix du baril de pétrole.

Ces deux derniers mois, les prix internationaux des céréales ont poursuivi leur forte hausse, reflétant une demande soutenue et l’amenuisement des réserves mondiales, constate le rapport.

Ce sont les prix du riz qui ont le plus augmenté, suite à l'imposition de nouvelles restrictions à l'exportation par les principaux pays exportateurs. Fin mars, les prix du blé et du riz avaient doublé par rapport à ceux observés un an plus tôt et les prix du maïs avaient augmenté de plus d’un tiers, selon le rapport.

Initiative de la FAO

La FAO a lancé l’Initiative visant à lutter contre la flambée des prix des denrées alimentaires (IFPA).
Dans le cadre de cette initiative, la FAO fournit aux pays en développement une assistance technique et en matière de politique pour aider les agriculteurs vulnérables à accroître leur production. Les activités ont déjà commencé au Burkina Faso, en Mauritanie, au Mozambique et au Sénégal.
La FAO aide aussi les gouvernements à préparer des stratégies et des interventions appropriées en vue de l’augmentation de la production et de la productivité agricoles dans le cadre de leurs programmes de développement nationaux.
En coopération avec le PAM, le FIDA et d'autres partenaires, la FAO doit élargir son système d’information sur les marchés pour rassembler et analyser les différentes sources de données au triple plan local, national et international et pour disséminer l'information.
La FAO a déjà alloué 17 millions de dollars à l’Initiative visant à lutter contre la flambée des prix des denrées alimentaires.

Troubles sociaux

Les prix du pain, du riz, du maïs et de ses dérivés, du lait, de l'huile, du soja et d'autres produits de base se sont envolés ces derniers mois dans nombre de pays en développement. Et cela, malgré les mesures politiques prises, tant par les gouvernements des pays importateurs qu'exportateurs de céréales, afin de limiter l'impact des cours internationaux sur les marchés domestiques de l’alimentation.
Ces mesures vont des restrictions à l'exportation, aux subventions et réductions tarifaires en passant par le contrôle des prix.

Des émeutes de la faim ont été signalées en Égypte, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, en Éthiopie, en Indonésie, à Madagascar, aux Philippines et en Haïti. Au Pakistan et en Thaïlande, l'armée a été déployée pour éviter le pillage de la nourriture dans les champs et les entrepôts.
"La flambée des prix des denrées alimentaires frappe plus durement les pauvres, car la part de l’alimentation dans leurs dépenses totales est beaucoup plus élevée que celle des populations aisées", a fait observer Henri Josserand du Système mondial d'information et d'alerte rapide de la FAO.

"L’alimentation représente environ 10 à 20 % des dépenses de consommation dans les pays industrialisées, mais au moins 60 à 80 % dans les pays en développement, dont beaucoup sont importateurs nets de produits alimentaires."

Prévisions optimistes pour 2008

Selon les premières prévisions de la FAO, la production céréalière mondiale en 2008 augmenterait de 2,6 % pour atteindre le niveau record 2 164 millions de tonnes. La majeure partie de cette augmentation est attendue pour le blé, suite à l'expansion significative des surfaces enblavées dans les principaux pays producteurs.

Si la croissance prévue de la production en 2008 se matérialise, la situation actuellement tendue sur l’offre céréalière mondiale pourrait se relâcher en 2008/09, souligne le rapport.
Mais beaucoup dépendra des conditions climatiques, prévient la FAO, rappelant qu'à la même époque l'an dernier, les prévisions de la production céréalière pour 2007 étaient bien meilleures que la production finalement obtenue.

Les conditions climatiques défavorables ont dévasté les récoltes en Australie et les ont réduites dans nombre d'autres pays, en particulier en Europe.
"Des conditions climatiques favorables seront bien plus cruciales pour cette nouvelle campagne, car les réserves mondiales de céréales sont épuisées", indique le rapport. Selon les prévisions de la FAO, les stocks céréaliers mondiaux chuteraient à 405 millions de tonnes en 2007/08, soit 21 millions de tonnes en moins, ou 5 % de moins que leur niveau déjà réduit de l'année précédente. Il s'agit là du niveau le plus bas jamais atteint en 25 ans.
"Tout déficit important résultant de conditions climatiques défavorables, en particulier dans les pays exportateurs, prolongerait la situation actuelle tendue du marché, contribuant ainsi à renforcer les prix et à aggraver les difficultés économiques auxquelles nombre de pays sont déjà confrontés", souligne le rapport.

1,2 à 1,7 milliard de dollars

La FAO exhorte les bailleurs de fonds et les institutions de financement internationales à revoir leurs programmes d’assistance en faveur des pays les plus affectés par la flambée des prix des denrées alimentaires.

Selon une première estimation, les financements supplémentaires requis pour mettre en oeuvre les programmes et projets dans ces pays se situeraient entre 1,2 milliard et 1,7 milliard de dollars. Les fonds permettraient de procurer des intrants et des biens aux agriculteurs pauvres contribuant ainsi à doper la production alimentaire au cours de la prochaine campagne agricole.

Dans le monde, 37 pays sont actuellement confrontés à des crises alimentaires, selon le rapport.

Auteur

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture ; date originale : 16 avril 2008, 11 h 06

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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6 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar lino - 16/04/2008, 15:08

On a dépensé des milliards pourr aller sur la lune, pour finalement voir qu'il n'y a rien à y faire, sans parlé des armes de guerre et on n'a pas été capable d'envoyer du matériel agricole qui coutait 3 fois rien pour aider les pays sous développer

C'est vraiment la honte pour ces politiques, ces economistes, ces philosophes, c'est de leur faute si ça va mal.

avatar you - 17/04/2008, 10:35

Bonjour, à toutes et à tous,



Le 1er février 1954, l’Abbé Pierre lançait un appel à la mobilisation générale pour faire face au drame des sans-abris que le décès d’une femme expulsée de son domicile, mettait cruellement en lumière. Cet appel demeure hélas, d’actualité.

Aujourd’hui, 17 avril 2008, je suis indigné, et je lance un appel d’urgence à toutes les bonnes volontés pour engager une course contre la mort de centaines de milliers d’enfants, de femmes, de vieillards.

En effet, comme vient de le révéler la FAO, à cause de l’envolée des prix agricoles, des millions de personnes sont menacées par la famine.



Cette mise sur le devant de la scène médiatique d’un tsunami économique n’est pas une découverte. Depuis plusieurs mois, les ONG, en particulier en Mauritanie, à Madagascar, en Egypte, à Haïti, aux Philippines... l’alertent sur la gravité de la situation.

Mais cette crise ne s’arrête pas aux portes de l’Europe, de notre pays.

La flambée des prix des matières premières atteint cruellement les plus pauvres de nos concitoyens. il faudra saisir le Premier ministre sur les coupes sombres que cette situation entraîne dans l’approvisionnement des associations d’entraide aux plus démunis. En 2008, rien qu’au travers du plan d’aide alimentaire de l’Union européenne, il va manquer, par rapport à 2007, 14 000 tonnes de produits à répartir à ceux qui en ont besoin.

L’augmentation des prix alimentaires ne peut que pénaliser les plus démunis, limiter encore les départs. Or, l’indispensable pour survivre n’est suffisant pour personne !

Il en est de même au-delà des frontières pour l’accès à la santé, à l’éducation…

Aussi, en plus de ses interventions auprès des Pouvoirs publics français, européens et des organismes internationaux, il appelle à une vaste mobilisation des gens de cœur qui souhaitent aider les enfants, les familles souffrant de la faim dans le Monde, en Europe et en France.

avatar un français de France - 18/04/2008, 18:29

Lino, la recherche c'est l'avenir, même spatiale...

Sans politique, économiste...etc tu ne vivrais pas dans un si beau pays, donc profite de la chance que tu as au lieu de te plaindre, et fait quelque chose d'utile à la place pour les aider, car se plaindre sa ne fera pas avancer les choses (on reconnaît les français à ça souvent, lol)

avatar gael - 19/04/2008, 12:45

Bonjour français de france



Je pense qu'avant d'être " français de france " tu restes avant tout un terrien qui aurait tendance a se croire un peu trop a l'abri et qui sera peut être un jour obligé de gratter la terre pour bouffer des racines .



Franchement je ne te le souhaite pas



Avec une economie qui tient sur du vent tu accordes un peu trop de confiance aux gouvernements .



Lino n'a pas tort du tout .

Et peut être qui'l fait déjà des tas de choses pour aider les pauvres , sauf qu'il n'est pas là pour se vanter de lui et de son gouvernement .



J'espere au moins que tu saurais faire pousser quelques cereales pour ta subsistance



C'est sur que c'est plus dure que de glisser une carte de credit dans un distribank ...

avatar Jordane de BLOIS - 21/04/2008, 20:37

Et si les gouvernements se réunissaient et décidaient de créer une loi mondiale qui interdise de boursicoter sur des denrées de 1ère nécessité ? Car le problème est quand même aussi là, toutes ces personnes qui "jouent" en bourse pour gonfler leur petit cochon, on le lit régulièrement : des boites coulent alors que les sociétaires font de juteux bénéfices. çà c'est déjà lamentable, mais sur des aliments de bases, c'est pire. Alors oui nous vivons dans un beau pays, non nous ne nous plaignons pas mais plutôt nous prenons conscience des problèmes de ce monde. C'est déjà une bonne chose.

avatar pierre, Brésil - 29/04/2008, 20:33

je rajoute comme source d'augmentation de prix des denrées alimentaires le fait nouveau des agrocombustibles. Transformer du mais en ethanol pour faire le plein comme le font les américans est un non sens ! D'autant plus que le rendement énergétique de cette conversion est pratiquement négatif ! La conséquence est que même le Mexique, qui est un gros producteur de mais, et dont le mais est un aliment de base, exporte son mais aux states pour faire rouler les belles américaines.

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