Les résultats de dosage de pesticides dans les vins, publiés fin mars par PAN Europe et le MDGRF, donnent un quasi sans faute pour les vins issus de l’agriculture biologique, quand leurs homologues conventionnels affichent des concentrations allant jusqu’à 5 800 fois la limite autorisée dans l’eau potable. Les viticulteurs biologiques proposent que des limites maximales de pesticides drastiques soient fixées rapidement pour les vins, afin de protéger les consommateurs de cocktails de résidus aux effets mal connus, et de les informer.
Ils invitent leurs collègues conventionnels à rejoindre les rangs de la Bio et tout au moins de réfléchir sérieusement à leurs pratiques en s’inspirant le plus possible des méthodes mises au point en production biologique et qui ont fait leur preuves.
Avec 20% des pesticides utilisés pour seulement 3% de la surface agricole utile, la viticulture conventionnelle a certainement des marges de manœuvre importantes de réduction. Conformément aux objectifs du Grenelle de l’environnement, elle devra réduire drastiquement sa consommation de produits phytosanitaires. La production biologique n’utilise pas la chimie de synthèse, tout en ayant de bons résultats tant en termes de rendement que de qualité des raisins et des vins. La baisse de la production bordelaise en 2007 par exemple, n’est pas explicable par le seul vignoble biologique, comme d’aucuns ont voulu le faire accroire : 2% de surfaces viticoles bio n’ont pu générer la baisse importante de la production globale du vignoble. Même avec ses « béquilles » chimiques, la viticulture conventionnelle ne parvient donc pas à combattre les intempéries et les étés pourris.
Aujourd’hui, la demande en vins biologiques est en forte hausse, tout comme l’ensemble de la filière bio. A la qualité organoleptique des produits s’ajoute, pour les consommateurs, l’avantage d’un produit plus sûr pour la santé car exempt de résidus de pesticides, et le sentiment d’agir pour un mieux disant environnemental. Sans passer du jour au lendemain en bio, de nombreux producteurs ont intérêt à se familiariser avec les méthodes de lutte contre les « indésirables » des cultures, et à les utiliser dans la mesure du possible. La Fédération nationale d’agriculture biologique des régions de France, la Fédération interprofessionnelle des vins de agriculture biologique et leurs réseaux possèdent les connaissances et les savoir faire en la matière, et souhaitent en faire profiter tous ceux qui, dans l’esprit du Grenelle, veulent vraiment faire évoluer leurs pratiques.
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