Palplanches-bois (ou tunage-bois)crédit :
Titico A l’occasion de la semaine du développement durable et du colloque sur « les techniques végétales adaptées aux voies navigables et grands cours d’eau » qui s’est tenu au Laboratoire des Ponts et Chaussées de Nancy les 2 et 3 avril 2008, le service des voies navigables de France a profité de cette vitrine pour vanter les mérites du génie végétal dans la restauration de sites écologiques… Ou quand les berges lorraines accueillent la fibre de coco…
L’entretien des canaux et des rivières du Nord Est est réalisé depuis un certain temps déjà dans un souci de respect de l’environnement et de gestion durable des écosystèmes qui y sont associés. Depuis 1989, divers chantiers de végétalisation des bords de la Meurthe et du canal de la Marne au Rhin ont été réalisés avec succès, ce qui a valu à la Direction Nord Est de VNF d’être certifiée
ISO 14001 jusqu’à son renouvellement l’année dernière.
Aujourd’hui, elle met en avant cette technique de revégétalisation en prenant l’exemple des berges du canal de Messein (Meurthe et Moselle, 54), à travers des démonstrations publiques in situ. Le principe repose sur le fait de ne plus faire de barrière entre l’eau et la terre. Cela sous entend donc de bannir l’utilisation des palplanches* et des blocs de béton, rigides et stériles.
A Messein, où le chantier est en cours, on a veillé à respecter plusieurs étapes pour mettre en place le protocole. Tout d’abord, les vestiges de ferrailles, de béton et d’arbre sont enlevés pour nettoyer le terrain. Ensuite, on redonne une pente au talus grâce à des pieux de châtaignier avant de « tapisser » la berge d’un tapis en fibres de coco biodégradables, préalablement ensemencées de graminées.
L’habillage « géotextile » mis en place, les agents peuvent alors commencer la plantation de plantes hélophytes (qui poussent les pieds dans l’eau), tels que des Carex, roseaux, salicaires des marais ou encore des sagittaires, espèces ayant un pouvoir racinaire profond. Trois mois plus tard, le violet, le jaune et le vert des fleurs viendront égayer les berges des canaux !
Quel est l’avantage de ce type de méthode ?
Les plantes semées sur le tapis de coco vont, grâce au développement de leurs racines, armer la terre des berges qui vont se consolider. Le tapis, qui disparaîtra dans le temps, va quant à lui protéger le talus d’un éventuel ravinement en cas de pluie jusqu’à l’enracinement des végétaux. L'avantage est aussi du côté écologique car elle va permettre de reconstituer un écosystème prêt à recevoir pucerons, coccinelles, lombrics, papillons, amphibiens et autres oiseaux qui ne trouvaient pas de quoi se nourrir dans les palplanches. Les poissons n'auront plus qu'à ouvrir la bouche pour attraper les insectes ainsi revenus... Mais aussi les hameçons des pêcheurs à l'affût !
Voilà une technique novatrice qui mérite d'être mise à l'honneur du fait de son originalité, de son efficacité, de son entretien (un fauchage par an) et de son coût inférieur aux anciennes méthodes. Elle respecte entièrement l'environnement et démontre encore une fois que des solutions existes pour prendre soin de l'environnement tout en tirant profit de sa fonctionnalité.
En savoir plus
Notes
Une palplanche, comme son nom l'indique, est composée de pal et de planches. Pour le système en bois, c'est un enchaînement de pieux conçu pour être plantés dans la terre, liés entre eux par des sortes de planches. Les palplanches permettent de constituer un mur de soutien pour les berges. Il existe un système en métal où l'on retrouve un enchaînement de gouttières s'enclenchant entre elles par des nervures latérales.
Références
Application des techniques végétales pour la protection des berges des voies navigables - VNF (format PDF)
Liens
Si vous souhaitez en savoir plus, les documents liés au colloque sont disponibles sur
le site Internet des Voies Navigables de France.
En discuter sur
notre forum dédié à la protection des milieuxAuteur
Coraline Klein - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)