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Point sur les défis environnementaux et géographiques de la Mer Caspienne

10393 lectures / 1 commentaire03 avril 2008, 10 h 42

Point sur les défis environnementaux et géographiques de la Mer CaspienneLa Mer Caspienne
crédit : Jeff Schmaltz, MODIS Rapid Response Team, NASA/GSFC
Nous apprenons sur les bancs de l'école que la mer Caspienne est la plus grande mer intérieure de la Terre. Quant au fait qu'elle soit l'une des plus grandes sources de problèmes écologiques pour l'immense bassin de la Caspienne, c'est durant toute notre vie que nous l'entendons.

Les oscillations du niveau de la Caspienne n'étonnent personne. Cependant, lorsque se produit une nouvelle inondation de plusieurs milliers d'hectares de terres sur lesquelles vivent des dizaines, sinon des centaines de milliers de personnes, ce fait habituel acquiert l'envergure d'un véritable cataclysme. D'après les prévisions des écologistes, la période actuelle d'élévation du niveau de l'eau de la Caspienne, qui a commencé à la fin des années 90 du siècle dernier, durera à peu près jusqu'en 2040. Au final, le niveau de la mer s'élèvera d'un mètre et demi.

Cela suppose de lourdes conséquences pour l'ensemble des pays de la région. On peut s'attendre à ce que des milliers d'hectares de terres soient de nouveau submergés et que par conséquent des dizaines de localités se retrouvent dans la zone sinistrée. Il suffit de rappeler que la précédente élévation, de 2,5 m, du niveau de la mer entre 1978 et 1995 avait entraîné une détérioration considérable de la situation écologique, économique et sociale dans les régions concernées. Selon les estimations des spécialistes, le préjudice économique total causé à tous les pays riverains par l'augmentation du niveau de la Caspienne avait alors atteint 40 milliards de dollars.

Cependant, selon de nombreux scientifiques, la raison de l'immense préjudice causé à l'économie n'est pas l'élévation du niveau de la mer, mais l'utilisation déraisonnable et inconséquente de la bande de terres constituant la fameuse zone à risque, et comprenant des terrains émergés après la baisse du niveau de la mer en 1929. Naturellement, les bâtiments construits dans cette zone à risque furent inondés et partiellement détruits. A présent, l'inondation de ce territoire mis en valeur et pollué par l'homme entraîne une situation écologique catastrophique provoquée non pas par des processus naturels, mais par une activité économique déraisonnable.

Depuis quelque temps, les ressources énergétiques de la Caspienne sont considérées comme un facteur déterminant pour la sécurité énergétique des principaux acteurs de la politique mondiale. Selon les estimations, les réserves de pétrole de la région dépassent 200 milliards de barils, ce qui la place en deuxième position dans le monde après le Proche-Orient. La prospection et l'exploitation des gisements de pétrole représentent la principale source de pollution. Des travaux de prospection géologique de grande envergure se poursuivent : de nouveaux gisements de pétrole et de gaz ont été découverts, le débit des vieux gisements augmente, une plus grande attention est accordée à la création de l'infrastructure. Ce n'est pas par hasard que les niveaux de pollution due au pétrole dépassent déjà de 1,5 à 11,8 fois les normes admissibles dans diverses parties de la Caspienne. Selon les statistiques internationales, lors de l'exploitation des gisements de pétrole maritimes, 0,1% du pétrole extrait s'échappe dans la mer. Si le volume d'extraction prévu atteint 100 millions de tonnes par an vers 2015, voire plus tôt, le volume de la pollution pourrait atteindre cent mille tonnes par an.

Un très grand nombre d'esturgeons de la Caspienne, uniques en leur genre, principaux producteurs de caviar, ne survivent pas dans la mer. Les écologistes tirent la sonnette d'alarme. D'après eux, cela est dû à la migration de substances toxiques qui se concentrent dans l'organisme des êtres vivants. Tout cela alors que la pêche illégale et non réglementée est déjà à l'origine de la diminution de plus de 80% du nombre d'esturgeons dans la Caspienne.

Malgré les assurances des consortiums internationaux spécialisés dans l'extraction d'hydrocarbures, même l'emploi de technologies ultramodernes et l'argent alloué pour assurer le maintien de la sécurité écologique ne peuvent être considérés comme suffisants pour sauvegarder la population d'esturgeons. D'après les renseignements d'experts indépendants, le principe "zéro rejet" proclamé par les grandes compagnies qui exploitent les gisements ne fonctionne pas aujourd'hui. 1 à 1,5 million d'esturgeons périssent tous les ans en raison des rejets de pétrole dans les eaux de la Caspienne.

Mais l'exploitation des gisements d'hydrocarbures n'est pas l'unique menace pour la sécurité écologique de la région. L'accroissement du nombre de villes riveraines (plus de 200 villes et localités moyennes se trouvent actuellement dans la zone riveraine de la Caspienne), ainsi que la renaissance du potentiel industriel des ex-républiques soviétiques entraînent, en plus d'avantages évidents, toute une série d'inconvénients. Le déversement de l'eau des égouts possède les effets les plus néfastes. Les pays riverains rejettent tous les ans dans la mer Caspienne au moins 40 millions de m3 d'eau provenant des égouts, et il ne s'agit pas que des effluents urbains et agricoles. Les déchets industriels qui pénètrent dans la mer sans passer par des installations d'épuration un tant soit peu efficaces représentent le principal danger pour le milieu écologique. L'absence presque totale d'entreprises de retraitement des déchets industriels dans les Etats riverains (à l'exception de la Russie et, partiellement, l'Iran) est aujourd'hui l'une des principales causes de la situation écologique désastreuse de la Caspienne.

Il convient d'ajouter à tout cela la responsabilité des navires, dont le nombre ne cesse de s'accroître, en particulier la flotte des pétroliers des Etats riverains, ainsi que le processus de militarisation de la Caspienne. Tout cela perturbe également la situation écologique, bien que dans une moindre mesure. D'ailleurs, les processus naturels qui se déroulent au fond de la Caspienne ne contribuent pas non plus à l'amélioration de la situation. Cependant, le pessimisme des analyses écologiques ne signifie nullement que les gouvernements des pays de la Caspienne restent les bras croisés et observent impassiblement ce qui se produit.

Un programme écologique de la Caspienne est en application depuis 1998 sur décision des gouvernements des cinq pays riverains en vue d'assainir et de rétablir la situation écologique dans la région. 10 centres régionaux thématiques de la Caspienne destinés à régler divers aspects de la protection de l'environnement dans la région ont été créés dans le cadre de ce programme. Il s'agit, entre autres, des centres "Lutte contre la désertification" qui se trouve à Achkhabad, "Oscillations du niveau de la Caspienne" à Almaty et du centre "Diversité biologique" à Atyrau.

Il existe également des programmes finalisés au niveau national. Ainsi, le ministère kazakh de l'Environnement a élaboré et mis en oeuvre des règles d'évaluation du préjudice économique causé par la pollution de l'environnement, qui fournissent une méthode d'évaluation des dommages causés par le pétrole déversé dans la mer. La compagnie TenguizChevrOil (TCE) en a déjà fait les frais à la fin de l'année dernière. En se basant, entre autres, sur ces règles, le gouvernement kazakh a infligé à cette entreprise une amende de 609 millions de dollars pour violation de la législation écologique.

L'Azerbaïdjan a élaboré et mis en oeuvre un plan d'ensemble visant à améliorer la qualité de l'environnement et à atteindre l'objectif suivant : nettoyer le littoral et, en perspective, tout le secteur azerbaïdjanais de la Caspienne de tous les types de pollutions. Il existe aussi différents projets en ce sens. Par exemple, la Compagnie pétrolière nationale a élaboré son propre programme écologique pour 2006-2010 visant, pour l'essentiel, à nettoyer les 2 700 hectares de territoire de la presqu'île d'Apchéron. 630 millions de dollars seront alloués pour la mise en oeuvre de ce programme.

En Russie, toute une série d'institutions et de départements spécialisés se penchent depuis plusieurs années déjà sur les problèmes écologiques de la Caspienne. Parmi eux, un rôle particulier revient à l'Institut de recherche caspien dans l'industrie de la pêche (CaspNIIRH) qui surveille minutieusement les ressources biologiques de la Caspienne et travaille, en coopération étroite avec des organisations appropriées, en vue de sauvegarder la faune de la Caspienne, unique en son genre.

Les départements régionaux du ministère russe des Ressources naturelles agissent également au Daghestan, en Kalmoukie et dans la région d'Astrakhan (sud de la Russie) en vue de sauvegarder la biodiversité de la Caspienne. Un programme de lutte contre le braconnage et la pêche illégale des esturgeons et d'autres espèces est en cours d'application. Le Turkménistan et l'Iran possèdent des programmes analogues.

Cependant, malgré l'accroissement du nombre de centres de recherche et de programmes finalisés de toutes sortes, la liste des problèmes écologiques dans la Caspienne ne diminue pas. De nombreux observateurs estiment que cette situation est la conséquence directe de l'absence de règlement du principal problème: le statut de la Caspienne. Les experts affirment que, si l'on trouve la clef du règlement de cette question, cela marquera un tournant dans le règlement des autres problèmes de la région, y compris écologiques.

Mais pendant que les hommes politiques discutent, la situation écologique de la mer ne s'améliore pas. L'ensemble des pays riverains a signé il y a peu une convention sur la protection de la Caspienne, mais son adoption ne signifie pas son application.

Auteur

Par Ilgar Velizade (Bakou) - RIA Novosti

Auteur

RIA Novosti ; date originale : 03 avril 2008, 10 h 42

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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1 commentaire

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avatar ahmed maroc - 13/04/2008, 19:48

merci pour tous les ecologiste

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Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

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