L'
Institut français de l'environnement (Ifen) vient de rendre public le résumé du rapport annuel sur les pesticides dans les eaux, qui concerne les résultats des analyses effectuées en 1999 et 2000. Bien que l'ensemble des 3 000 points mesurés ne constitue pas encore un réseau représentatif de la qualité de la totalité des rivières et nappes souterraines de France, le bilan de la contamination se précise un peu plus chaque année.
Depuis 1998, l'Ifen établit un bilan annuel de la contamination des eaux par les pesticides, à la demande du ministère de l'Ecologie et du Développement Durable. L'étude a permis d'établir de nouveaux états de la qualité des ressources en eau, de disposer d'un panorama des réseaux d'observation des pesticides dans les eaux et de rassembler des informations sur la situation dans les départements d'Outre-mer et les eaux littorales.
Les pesticides sont présents sur 90% des points surveillés en rivières et 58% des points en eaux souterraines, de façon plus ou moins prononcée. On retrouve 148 pesticides différents dans les eaux de surface (sur 320 recherchés) et 62 dans les eaux souterraines (sur 292 recherchés) ; mais les substances les plus fréquentes sont en majorité des herbicides de la famille des triazines.
Leur présence chronique a conduit le ministère de l'Agriculture à prononcer l'interdiction de la plupart des triazines à partir de 2003. D'autres substances, bien que déjà interdites, comme le lindane, le dinoterbe ou le dinosèbe, sont encore présents, notamment dans les eaux souterraines, illustrant ainsi les délais parfois très longs de renouvellement de ces milieux.
DDT, lindane et dérivés tendent à baisser dans les eaux littorales, mais
les triazines sont présentes sur l'ensemble du réseau observé.
Depuis 1998, l'établissement des bilans annuels conclut à l'existence d'une situation préoccupante sur l'ensemble des milieux observés. Mais l'évolution continue des réseaux d'observation et des méthodes d'analyses rend délicate une interprétation des tendances, ce qui n'est pas le cas des eaux littorales, dont l'observation par l'Ifremer dure depuis 25 ans. Ainsi, pour la famille des organochlorés (DDT, lindane…), les tendances sont à la baisse. Mais les herbicides, triazines en particulier, restent présents sur l'ensemble des zones côtières et estuariennes.
Un niveau de contamination très préoccupant dans les Antilles et en GuyaneLes éléments d'information disponibles pour les départements d'Outre-Mer, recueillis grâce aux rapports de situation établis par les DDASS et les Diren, ou suite à des missions d'inspection de l'État, montrent un niveau de contamination très préoccupant, notamment pour les Antilles et la Guyane et, dans une moindre mesure, pour la Réunion.
En savoir plus:Les pesticides dans les eaux - Bilan annuel 2002Actualités connexes
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Rapport sur la qualité de l'eau en FranceAuteur
Institut Français de l’Environnement