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La pluie fait une pause pendant le week-end à cause de la pollution

3601 lectures 14/02/2008, 13:00
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Les données concernant les précipitations enregistrées depuis l’espace montrent que les orages d’été du Sud Est des Etats-Unis déversent une quantité de pluie plus importante en milieu de semaine que durant le week-end. Les scientifiques estiment que la pollution de l’air causée par les activités humaines risque d’accentuer cette tendance.

Le lien entre les précipitations et le jour de la semaine est manifeste d’après les données du satellite de la NASA TRMM (Tropical Rainfall Measuring Mission). Les orages du milieu de semaine tendent à être plus puissants, à produire plus de pluie et à couvrir une région plus vaste à travers le Sud Est alors que les week-ends s’avèrent plus calmes et plus secs. Les conclusions viennent d’une étude menée par Thomas Bell, un météorologiste de la NASA du Centre de vols spatiaux Goddard à Greenbelt, dans le Maryland.
Bell dit que la tendance pourrait être attribuée à la pollution atmosphérique produite par les activités humaines, qui culmine également au milieu de la semaine.

Lui et ses collègues ont fait part de leurs résultats le 31 janvier dans le Journal de recherche géophysique – Atmosphères, une publication de l’Union Géophysique Américaine.

Les mesures des précipitations liquides récoltées à partir de pluviomètres installés sur le sol peuvent varier d’un pluviomètre à l’autre en raison de conditions météorologiques inconstantes. C'est pourquoi, pour identifier une tendance significative dans les précipitations sur la semaine, Bell et ses collègues ont étudié des images satellites. L’équipe a collecté des données grâce aux instruments du satellite TRMM qu’ils utilisaient pour estimer quotidiennement les moyennes de chutes de pluie estivales entre 1998 et 2005, à travers tout le Sud Est des Etats-Unis.

L’équipe a ainsi montré qu'en moyenne il pleut plus entre le mardi et le jeudi qu’entre le samedi et le lundi. Les données récemment analysées du satellite montrent que l’été 2007 reprend la même tendance de précipitations accrues en milieu de semaine, avec un pic de précipitations qui survient au plus tard le jeudi. Pourtant, l'augmentation des pluies en milieu de semaine sont plus significatives l’après-midi, quand les conditions pour les orages d’été sont réunies. D’après les données du satellite, le paroxysme des chutes de pluie a lieu le mardi, avec 1,8 fois plus d’eau que le samedi, qui totalise la plus faible quantité de pluie pour les après-midis.

L’équipe utilise des données venant de pluviomètres installés au sol, accompagnés de la vitesse d'ascension du vent et des mesures de la hauteur des nuages, pour aider à confirmer la tendance hebdomadaire des chutes de pluies observées depuis l’espace.

Pour déterminer si la pollution des activités humaines pourrait effectivement être responsable du surcroît de précipitations en milieu de semaine, le groupe a analysé les concentrations en particules portées par le vent et associées à la pollution, à travers les Etats-Unis entre 1998 et 2005. Les données obtenues grâce à l’Agence de Protection Environnementale (EPA), montrent que la pollution tend à culminer en milieu de semaine, ce qui reflète la tendance observée dans les mesures de précipitations. »

« Si deux choses se produisent simultanément, cela ne veut pas dire que l’une a causé l’autre, » déclare Bell. « Mais il est bien connu que les particules ont le potentiel d’affecter le comportement des nuages, et ce genre de preuve renforce l’argument qui démontre le lien entre la pollution et des chutes de pluie plus importantes. »

Les scientifiques se sont longtemps interrogés sur l’effet de la pollution (comme les émissions provenant de la circulation, du commerce et des usines) sur les conditions météorologiques de la semaine. Les chercheurs savent que les nuages sont « gorgés » de particules. L’eau et la glace des nuages enrobent les particules, en formant des gouttelettes d’eau supplémentaires. Certains chercheurs pensent que la propagation de la pollution perturbe les chutes de pluie en dispersant la même quantité d’eau sur plus de grains, en les empêchant de grossir suffisamment pour tomber sous forme de pluie. De plus, d’autres études laissent entendre que certains facteurs peuvent neutraliser cet effet de dispersion.

Dans le Sud Est, les conditions estivales pour des orages importants et fréquents sont déjà en place, un facteur qui perturbe la dispersion. Quand les conditions propices aux gros orages sont réunies, les courants d’air ascendants emportent les plus petites gouttes de pluie gorgées de pollution haut dans l’atmosphère où elles condensent et gèlent.
« C’est le processus de congélation qui donne à l’orage un surcroît de vigueur, ce qui fait qu’il devient plus étendu et monte plus haut dans l’atmosphère », dit Bell. Pour lui et ses collègues, le radar du satellite TRMM montre que les orages s’élèvent à de hautes altitudes plus souvent en semaine que pendant le week-end. Ces orages du milieu de semaine très puissants, alimentés par la pollution des activités humaines, pourraient déverser sensiblement plus de pluie.

Cette tendance ne signifie pas qu’il va toujours pleuvoir lors des après-midis de la semaine pendant l’été dans le Sud-Est. Disons plutôt que « c’est une orientation » dit Bell. Avec l’aide des satellites qui donnent de nouveaux aperçus des effets de la pollution sur la météo, on pourrait un jour améliorer l’exactitude des prévisions de chutes de pluie, ce qui d’après Bell « sous-estime probablement la pluie pour la semaine et la surestime pour le week-end »

En savoir plus

Source

NASA Data Link Pollution to Rainy Summer Days in the Southeast - Kathryn Hansen, Goddard Space Flight Center, NASA

Liens

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Auteur

Cécile Matricon - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)
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page mise à jour le 14/02/2008, 13:00
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