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De moins en moins de glace en Antarctique

3915 lectures / 6 commentaires08/02/2008, 17:12
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De moins en moins de glace en Antarctique
L'Antarctique perd plus de poids sur les côtes
qu'il n'en gagne au centre

crédit : © Nature Geoscience
Une vaste étude des glaces antarctiques confirme que la calotte polaire est en diminution. Les chercheurs expliquent qu'en 2006 l'Antarctique a perdu près de 200 milliards de tonnes de glace - l'équivalent d'une montée du niveau global des océans de plus d'un demi millimètre. C'est 75% de plus qu'en 1996, précisent-ils.

L'étude fait suite à un rapport paru en 2006 qui concluait également que la perte de masse par fonte des glaces était plus importante que l'apport par les chutes de neige. Ce rapport concluait alors qu'entre 2002 et 2005, l'Antarctique avait perdu en moyenne 152 km³ (139 milliards de tonnes) de glace par an.

Pour Eric Rignot, glaciologue français à l'Université de Californie à Irvine et responsable de l'équipe qui rapportent ces résultats dans la revue Nature Geoscience « Cela renforce la constatation de la perte de masse glaciaire antarctique - qui n'est toujours pas un résultat bien accepté ». Il précise qu'« il est important de le faire avec une technique indépendante ». Les deux groupes d'étude ont utilisé des données satellitaires, mais basées sur des techniques différentes.

Andrew Shepherd, qui étudie la dynamique des calottes glaciaires à l'Université d'Edimbourg en Ecosse, confirme que ces résultats sont en concordance avec ceux d'études récentes et notamment la sienne (Cf. Recent Sea-Level Contributions of the Antarctic and Greenland Ice Sheets). De plus, il ajoute que ces résultats quantifient réellement la glace qui est perdue le long des côtes.

Les scientifiques ont estimé l’épaisseur de la calotte glaciaire par trois voies satellitaires différentes :
- l’altimétrie : mesure de l’altitude du sol
- la gravimétrie (satellite GRACE) : mesure de la masse de glace.
- l’interférométrie (radar) : mesure de la vitesse d’écoulement des glaciers, ce qui permet de calculer la perte de glace sur les côtes.

Rignot a pu utiliser les données des interféromètres sur 85% de la côte et sur trois années (1996, 2000 et 2006), ainsi qu’un modèle climatique préexistant pour calculer les apports à l’intérieur du continent, la partie la plus incertaine du calcul. Il avance que les pertes nettes de la masse glaciaire sont très proches de celles qu’il a calculées pour le Groenland (Cf. Glacial pace picks up).

Isabella Velicogna, aujourd’hui collaboratrice de Rignot à Irvine, était la responsable des recherches réalisées en 2006 qui montraient la perte de glace antarctique. Son étude, basée sur des mesures gravimétriques, utilisaient plus de données mais sur une période moins longue. Elle soutient que ses résultats et ceux de Rignot sont en concordance : « Nous trouvons tous les deux une tendance significative ».

Cette tendance – une augmentation de 75% des pertes depuis 1996 – fait craindre le pire à Eric Rignot : « Dès que les glaciers sont bien lubrifiés par l’eau de fonte, il est difficile de les ralentir, même si le réchauffement global devait s'arrêter ». Il estime que dans le pire des scénarii – le vidage total des bassins glaciaires – la montée du niveau de la mer serait de deux mètres cinquante : un mètre dû à l’Antarctique et un au Groenland ; un demi mètre dû aux glaciers alpins.

Shepherd avertit cependant que cette tendance ne devrait pas être extrapolée dans l’avenir car il y a de fortes raisons de croire que la quantité croissante d’eau froide due à la fonte à proximité des côtes pourrait ralentir les pertes futures.
Rignot accorde que cette tendance pourrait ne pas durer : les causes et conséquences des écoulements glaciaires sont en effet très mal compris. Néanmoins, il pense que le Giec (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) a été trop prudent en ne prenant pas en compte ces possibles pertes glaciaires, qui selon lui pourraient se produire dans le siècle à venir.

En savoir plus

Références

Nature Geoscience, 13 janvier 2008, Antarctic ice loss speeding up

Liens

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Auteur

Institut polaire français Paul-Emile Victor
6 commentaires sur cette actualité !
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Charly / Haiti - 10/04/2008, 20:44
Chers amis, ne croyez vous pas avec toutes ces mauvaises nouvelles que vous devriez vous preparer pour le retour de notre cher Seigneur Jesus Christ? Quand ce n'est pas l'astéroide en 2036 c'est la dislocation de la plate forme glacial de l'antartique ou quleque chose d'autre. Arrêtez de vous plaindre , Remettez tout au Grand Architecte de l'univers, le Seigneur des seigneurs , le Roi des rois. Pensez-y!
Christophe Magdelaine - notre-planete.info - 17/03/2008, 13:45
@ jnoel70 : je vous invite à contacter l'Institut polaire français Paul-Emile Victor et Nature Geoscience pour leur signifier qu'ils mentent.
jnoel70 - 17/03/2008, 13:25
y a un gros probleme dans votre article.je sais pas en quoi ca vous avance de mentir aux gens comme cela.En effet l'antarctique vient de pulverisé son record d'extension des glaces en 2008, la courbe des satellites est absolument incontestable.Depuis 1970, les glaces antarctiques n'ont jamais été aussi élevées

vous auriez du nommer votre article "de plus en plus de glaces en antarctique!

http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/IMAGES/current.anom.south.jpg
Christophe, Nancy - 21/02/2008, 23:28
A propos de la remarque du 09/02:
Premièrement, nous savons tous à quel point l'observation et l'analyse détaillée de ces observation sont difficiles, nécessitant de multiples techniques de mesures, et tellement de prudence...
Il est possible qu'une partie de toute cette surface mesurée, immergée, n'a tout simplement pas contribué à une élévation du niveau moyen des océans.
Deuxièmement, on observe sur le graphique cité en référence une diminution du niveau moyen des océans à de multiples reprises, certes, mais surtout une AUGMENTATION de ce niveau moyen sur 15 ans de 3 millimètres par an, soit le double de la moyenne enregistrée durant tout le XXème siècle où ce niveau s'est élevé de 17 centimètres...

bertrand - belgique - 13/02/2008, 19:53
Je voudrais apporter une opinion très peu technique: Le débat sur ces sujets devrait être jugé très prudemment: En effet, les lobbys industriels et financiers trouveront toujours un "expert" qui contredise les rapports de scientifiques indépendants. Un article très bien payé peut être extrêmement convainquant.
Quant aux issues proposées pour réduire les effets catastrophiques de l'activité industrielle et commerciale globalisée, il ne suffit certainement pas de trouver "LE" carburant alternatif, ou "LA" source énergétique "propre"... Chaque individu devrait réviser ses propres paramètres, pour arriver à modifier son comportement individuel et sa conscience. Mais comment rendre circulaire (ou elliptique) une structure métallique carrée? voilà le vrai problème.
Pierre - région parisienne - 09/02/2008, 15:45
Si les affirmations de M. Rignot étaient correctes, cela devrait se voir sur la courbe de niveau moyen des océans, (à raison de 1 mm pou 310 km3 de glace fondue). On devrait au moins observer un changement de pente.
Or, ce n'est pas ce qu'on constate (http://sealevel.colorado.edu/current/sl_ib_ns_global.pdf)
On voit même une légère baisse pour 2006 à 2007.
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page mise à jour le 09/02/2008, 15:45
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