Incendies à San Diego, Californie le 26 octobre 2007crédit : Andrea Booher - FEMA
L'année 2007 se démarque par une augmentation du nombre d'inondations mais un nombre de victimes bien inférieur à la moyenne. L'Asie fût sans conteste le continent le plus touché par les catastrophes naturelles selon le CRED (Centre for Research on the Epidemiology of Disasters) dont les données ont été présentées avec le Secrétariat de la Stratégie internationale des Nations Unies pour la prévention des catastrophes (UN/ISDR).L'Asie fortement touchée
Huit des dix pays qui ont connu le plus de victimes en 2007 sont situés en Asie : le
cylone Sidr a tué 4 234 personnes au Bengladesh en novembre dernier et plus de 3 000 décès ont été reportés à la suite d'importantes inondations en Inde, en Corée du Nord, en Chine et au Bengladesh. En deuxième position, ce sont les continents américains qui déplorent le plus de morts (12,2 % des victimes), puis l'Afrique (6,5 %) et l'Europe (5,1 %).
Malgré ces records en Asie, le nombre de victimes des catastrophes naturelles en 2007 est inférieur à la moyenne annuelle 2000-2006, une période qui a connu au moins cinq catastrophes particulièrement meurtrières et inhabituelles (tsunami, séismes).
Ainsi, en 2007, environ 16 517 personnes ont péri dans des catastrophes naturelles dans le monde contre une moyenne annuelle de près de 74 000 entre 2000 et 2006.
Malheureusement, le nombre de personnes affectées par les catastrophes naturelles continue d'augmenter et les inondation s'imposent comme la principale source de désastre dans le monde. A ce titre, plus de 164 millions de personnes, dont près de la moitié en Chine entre juin et juillet, ont été touchées par les inondations en 2007 sur un total de 197 millions de personnes toutes causes confondues.
"Les tendances actuelles en Asie sont conformes aux prévisions du Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC). De même, l'ouest de l'Afrique souffre déjà d'inondations plus fréquentes et violentes" indique le Professeur Debarati Guha-Sapir, directeur du CRED.
Si l'on s'intéresse au nombre de catastrophes qu'a connu la planète en 2007, 399 désastres ont été enregistrés en 2007, ce qui est proche de la moyenne annuelle 2000-2006 qui est de 394. Les Etats-Unis ont été les plus affectés avec 22 catastrophes répertoriées, viennent ensuite la Chine (20) et l'Inde (18).
Parmi ces événements, 206 ont été des inondations, contre 172 en moyenne au cours des années précédentes. Les tempêtes et cyclones ont été le deuxième phénomène le plus fréquent l'an dernier, avec 103 événements, contre 107 en moyenne par an entre 2000 et 2006.
Un coût économique de plus en plus lourd pour les pays industrialisés
Un autre point important souligné par le rapport du CRED est l'impact économique des catastrophes sur les pays industrialisés comme le Japon, les Etats-Unis et l'Europe. En effet, en 2006 les catastrophes ont engendré 62,5 milliards de dollars de dégâts, en grande partie à cause de la haute valeur financière des biens et infrastructures touchés dans les pays industrialisés. Rappelons qu'en 2006, la facture avait été de 30 milliards de dollars.
Le
séisme de Niigata au Japon a coûté environ 12,5 milliards de dollars tandis qu'en Europe, la
tempête Kyrill qui a tué "seulement" 47 personnes a généré 10 milliards de dollars de dégâts, dont la moitié pour l'Allemagne. Toujours en Europe, les inondations catastrophiques qui ont touché
l'Angleterre en juin et juillet ont coûté 8 milliards de dollars. Enfin,
les feux qui ont dévasté une partie de la Californie en octobre ont entraîné plus 2,5 milliards de dollars de pertes directes.
"Ces statistiques sont un rappel de ce que nous aurions pu économiser si nous avions investis davantage dans des mesures d'atténuation des risques" note Salvano Briceño de l'UN/ISDR. En effet, en ne prenant en compte que le changement climatique, le coût de l'inaction sera bien plus lourd que celui de l'action comme
le soulignait notamment l'économiste Nicolas Stern. Le changement climatique pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 5 500 milliards de dollars. Cela représentera entre 5 et 20% du PIB mondial, voire plus si les gouvernements ne prennent pas des mesures radicales dans les 20 prochaines années. En comparaison, il suffirait de mobiliser 1% du PIB mondial chaque année (soit 275 milliards d'euros), dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, pour éviter les pires conséquences économiques et humaines du changement climatique.
En savoir plus
Références
2007 disasters in numbers - CRED (format PDF, en anglais)
Notes
Les épidémies, les invasions d'insectes et les catastrophes technologiques ne sont pas comptabilisées dans ce bilan
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)