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Changements climatiques : 150 millions de personnes seront menacées par la montée des eaux

11437 lectures / 4 commentaires21 janvier 2008, 11 h 05

Changements climatiques : 150 millions de personnes seront menacées par la montée des eauxLes 15 pays dont la population sera la plus affectée par les
changements en 2070. Notons le poids des changements climatiques
sur les changements socio-économiques
crédit : Nicholls et al. 2007, OECD, Paris - Traduction notre-planete.info
D'après un rapport de l'OCDE, co-rédigé par des experts issus des milieux universitaires et du secteur privé, le changement climatique et l'urbanisation pourraient entraîner un triplement du nombre de personnes exposées à des inondations côtières dans le monde d'ici 2070.

Il ressort de cette étude, intitulée Ranking port cities with high exposure and vulnerability to climate extremes, que 150 millions de personnes environ pourraient être exposées à des inondations côtières centennales d'ici à 2070, contre 40 millions actuellement. L'impact financier passerait quant à lui à 35 000 milliards USD d'ici 2070, au lieu de 3 000 milliards aujourd'hui.

Avant sa visite à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Bali, le Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría avait déclaré que les pays du monde entier devaient agir maintenant pour aborder le défi économique du changement climatique : "Le climat a bel et bien commencé à changer, et une action concertée est indispensable pour en prévenir les conséquences les plus néfastes. Pour les combattre, il existe tout un éventail de moyens économiques envisageables et une volonté politique est indispensable pour les concrétiser."

Les chercheurs ont analysé l'exposition des personnes et des biens et infrastructures à une inondation côtière centennale dans plus de 130 grandes villes portuaires de la planète. Un risque annuel d'inondation côtière de 1/100 est un niveau de risque communément admis dans les évaluations. L'objectif est d'aider les responsables de l'action publique à déterminer les cibles de leurs stratégies d'adaptation aux extrêmes climatiques et à analyser les avantages potentiels des mesures d'atténuation de leurs effets. Elle inaugure une série de rapports de l'OCDE consacrés aux répercussions économiques du changement climatique dans les grandes villes.

Dans leurs estimations de l'impact du changement climatique, les chercheurs se sont fondés sur une élévation moyenne du niveau des océans de 0,5 mètre d'ici à 2070. Cette hypothèse tient compte de la fonte des calottes glaciaires, qui s'est révélée importante ces dernières décennies, et elle correspond à un scénario prévoyant un risque moyen à élevé.

Le rapport indique que les stratégies d'atténuation ralentiront et limiteront les effets aggravants du changement climatique sur le risque d'inondation côtière. Cela laissera aux grandes villes un répit précieux leur permettant de mettre en œuvre des mesures d'adaptation. Les études montrent en effet que la mise en place de protections côtières efficaces peut prendre trente ans ou plus. Il faut que l'adaptation devienne une priorité des pouvoirs publics dès maintenant pour qu'elle puisse faire une différence demain.

Environ la moitié de la population totale exposée à des inondations côtières provoquées par des marées de tempête et aux dommages imputables à des vents violents est concentrée dans seulement dix grandes villes. C'est à Mumbai que le nombre de personnes menacées est le plus élevé. Mais en 2070, la ville la plus vulnérable sera Calcutta, dont la population exposée devrait être multipliée par plus de sept, pour passer à 14 millions de personnes.

Dans les décennies à venir, la croissance et le développement sans précédent des mégapoles d'Asie constitueront un facteur clé dans l'augmentation du risque que représentent les inondations côtières à l'échelle mondiale. En termes de nombre d'habitants exposés, Calcutta est suivie de près par Mumbai, Dhaka, Guangzhou, Ho Chi Minh Ville, Shanghai, Bangkok, Rangoon et Hai Phong. Parmi les dix grandes villes les plus menacées, Miami est la seule qui soit située dans un pays développé.

Les villes exposées aujourd'hui qui possèdent les actifs (biens et infrastructures) les plus importants en valeur se trouvent principalement dans des pays développés. Miami est de ce point de vue la plus menacée actuellement et le restera en 2070, la valeur des actifs exposés y passant de quelque 400 milliards USD à plus de 3 500 milliards USD. En 2070, huit des grandes villes les plus exposées se situeront en Asie. Guangzhou, qui se classe au deuxième rang en termes d'actifs, est suivie de New York, Calcutta, Shanghai, Mumbai, Tianjin, Tokyo, Hong Kong et Bangkok.

Ce rapport, où sont classées les grandes villes du monde les plus exposées à des inondations côtières aujourd'hui et dans le futur, fait partie d'une série que l'OCDE prévoit de publier sur le thème "les grandes villes et le changement climatique". La deuxième phase du projet consistera à étudier l'efficacité des mesures de protection contre les inondations et la vulnérabilité des principales agglomérations dans le monde.

Auteur

Organisation de coopération et de développement économiques ; date originale : 21 janvier 2008, 11 h 05

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

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4 commentaires

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avatar douds - 21/01/2008, 14:08

pas tout à fait d'accord pour les villes occidentales exposées. En Europe, vous avez La Haye, Amsterdam et Londres. Ainsi que toutes les grandes villes cotières, Naples, Marseilles, Gènes. CE qui apparaît, c'est que le nombre de personnes atteintes en Asie est phénoménal..

avatar Candide - Paris - 23/01/2008, 09:41

S'il y a un risque certain, pourquoi de nouvelles personnes iraient s'installer ou acquérir des terrains dans ces zones ?

C'est pas comme dans le cas d'une catastrophe naturelle soudaine comme un tsunami. C'est progressif, et prévisible. Donc, je ne vois pas où est vraiment le problème. (A moins de penser qu'on a affaire à des inconscients ou des imbéciles qu'il faut absolument protéger contre eux-mêmes. Mais, ce genre de "gouvernance", ça peut memer très loin, et en tout cas bien au-delà de la liberté individuelle si chère à nos concitoyens. Il faut savoir ce qu'on veut : la sécurité ou la liberté. On ne peut pas avoir les deux).

avatar Pierre Darmangeat - Pouillé les Coteaux (44) - 26/01/2008, 14:12

On va me trouver affreux, mais ce n'est pas grave.

150 millions d'être humains sur une dizaine de milliards, ce n'est pas énorme, l'espèce humaine ne s'en apercevra même pas.



En revanche, le nombre d'espèces animales et végétales irrémédiablement disparues du fait des conséquences de nos absurdités démographiques, industrielles et autres, ça, c'est monstrueux.



L'homme n'est pas seul sur terre mais son égoïsme dépasse les limites de l'entendement !

avatar Bastacorr st.paul - 26/01/2008, 19:01

tout a fait d'accord avec Pierre Darmangeat! Des milliers d'animaux meurent , lors de chaque journée qui passe, par la main de l'humain, dans n'importe quelle circonstance, abattoirs, chasses, pêches, expériences, et cela passe inaperçu!! alors quelques milliers d'individus par an .....on récolte ce que l'on sème! Attendons nous au pire! La loi de la réciprocité existe bien!!!

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