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Les niveaux des mers et des océans pourraient augmenter plus vite que prévu

5913 lectures / 10 commentaires20/12/2007, 15:34
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Selon une étude récente réalisée par une équipe internationale de scientifiques financée par l'UE, les augmentations à venir des niveaux de l'eau des mers et des océans pourraient être deux fois plus élevées que les dernières estimations exposées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Ces scientifiques britanniques, allemands et américains ont publié un article dans la revue Nature Geoscience. Ils révèlent qu'autrefois, les niveaux des mers augmentaient à raison d'1,6 mètre par siècle. Le financement de l'UE provient du projet STOPFEN («Sea level, temperature and ocean circulation, past and future. A European network», pour «Niveaux des mers, températures et circulation océanique, passé et futur: un réseau européen»), lequel était financé au titre du programme intitulé «Improving human research potential and the socio-economic knowledge base» («Améliorer le potentiel de recherche humaine et la base de connaissances socio-économiques») du cinquième programme-cadre (5e PC).

Le débat concernant l'ampleur des futurs niveaux de l'eau est loin d'être clos, les estimations du GIEC étant, d'après les scientifiques, incorrectes. À l'heure actuelle, le GIEC prévoit une augmentation de 18 à 59 centimètres des niveaux de la mer d'ici la fin du siècle. Néanmoins, le GIEC fait remarquer que les valeurs supérieures des variations ne devraient pas être considérées comme des limites maximales pour les niveaux de l'eau ; en effet, les modèles utilisés ne tiennent pas compte des incertitudes liées aux réactions climatiques ou du cycle de carbone, ou même les effets des variations de la fonte de la calotte glaciaire.

«Les estimations du GIEC concernent principalement l'expansion thermale et la fonte de la glace de surface ; elles omettent de quantifier l'impact de la dynamique des processus de la calotte glaciaire», explique le professeur Eelco Rohling, de l'université de Southampton. «Jusqu'à présent, les données ne permettent pas de limiter suffisamment la vitesse totale de l'augmentation des anciens niveaux de l'eau au-dessus des niveaux actuels.»

Afin d'approfondir nos connaissances concernant les futures variations des niveaux des mers, le professeur Rohling et ses collègues sont retournés en arrière, à une période connue sous le nom de stade isotopique marin 5e, il y a 124 à 119 000 ans. À cette époque, le climat sur Terre était plus chaud de 2 degrés Celsius par rapport aux températures actuelles et la refusion des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique étaient responsables des niveaux élevés des mers (6 mètres de plus qu'à l'heure actuelle). Les chercheurs ont utilisé une nouvelle méthode pour reconstituer les niveaux des mers afin d'étudier la vitesse de l'augmentation des niveaux des mers au cours de cette période.
«À cette époque, le Groenland était de 3 à 5 degrés plus chaud qu'actuellement, ce qui correspond au réchauffement prévu dans 50 à 100 ans», explique le professeur Rohling. «Nos analyses montrent que la vitesse à laquelle les niveaux des mers augmentent en raison de la fonte des glaces que subissent le Groenland et l'Antarctique est effectivement très rapide. La vitesse moyenne d'élévation du niveau de la mer de 1,6 mètre par siècle est à peu près deux fois plus élevée que les estimations maximales du quatrième rapport d'évaluation du GIEC. Ainsi, elle constitue la première contrainte potentielle de la dynamique de la calotte glaciaire qui n'était pas comprise dans les valeurs principales du GIEC.»

En savoir plus

Références

Référence du Document: Rohling, EJ et al. (2007) High rates of sea-level rise during the last interglacial period. Revue Nature Geoscience, article publié en ligne le 16 décembre 2007.

Liens

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10 commentaires sur cette actualité !
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JakWay - 15/07/2008, 17:14
L'homme est responsable d'un réchauffement climatique. Ce réchauffement est proportionnel à la teneur dans l'atmosphère de gaz à effet de serre. (relire ARRHENIUS Svante sur le CO2 en 1896)

Quand je suis pessimiste je pense qu'"avec de la malchance je verrais la fin de l'humanité autrement dit que je mourrerais avec l'humanité".
Nos enfants ne pourront même pas nous en vouloir parceque nous savions...

Comme je suis optimiste, j'essaye de vivre à 18° l'hivers, j'essaie de vivre sans clim l'été, j'essaie d'être en vélo... J'essaie, et vous!
AGOUZAL Rabat - 27/12/2007, 20:13
Plusieurs études faites par le"GIEC" ont montré que sous l'effet du réchauffement climatique, La fonte des glaciers du Globe est plus rapide que prévue.
Donc il faut s'attendre que les augmentations à venir des niveaux de l'eau des mers et des océans pourraient être plus vite et plus élevées.
Nous sommes qu'au début d'un désastre climatique dont l'étendue va alterer la vie sur cette planète de manière inimaginable si nous n'agissons pas.
Il n'est pas trop tard, l'urgence est là, les solutions aussi.

http://agouzal.over-blog.com
Noirmoutier - 25/12/2007, 21:42
18 à 59 cm on est dans les incertitudes
mais le problème ne s'arrête pas Là
59 cm sur un coefficient de marée de 40, cela n'est pas la mème chose que 18 sur un coéfficient de 120
les hauteurs de marnage changent
et comme les catatrophes sont toujours la conjonction de plusieurs facteurs
si vous ajoutez une tempête sur un gros coéfficient , aucune digue ne résiste
JP - Blois - 23/12/2007, 15:20
Merci à Xyvi de tes commentaires rigoureux. Mais dans la gouvernance populiste mondiale l'exagération est le meilleur moyen de faire bouger les choses. Cela sera toujours inférieur à l'acharnement des grands industriels pour démontrer que les rapports scientifiques sont érronés... mais rassure moi tu ne travail pour ce type de firme...?
Didier Latappy - 23/12/2007, 11:59
Enfin quelqu'un qui analyse les problèmes froidement et sans pation, une démarche scientifique comme je les aime...

Merci, monsieur le Professeur, de votre lucidité et de votre rappel à l'orde...
Leila - Tunisie - 23/12/2007, 11:50
j'ai étudié la modélisation dynamique et écologique et c'est bien connu que tous les modèles existants ne sont pas si efficaces que ça alors comment peut'on laisser l'avenir de la planète dans les mains de ces modèles qui ont été fais par les hommes et qui sont surement inefficaces. Il prendre le problème autrement car le temps presse et des centaines d'espèces animales et végétales sont entrain de disparaitre tous les jours, certaines appartiennent au premier maillon de la chaine trophique, l'homme ne trouvera bientôt plus rien à manger et là peut être il réagira.

jerome-bretagne - 23/12/2007, 11:08
y a pas un problème de calcul?
quelle est la surface d'océan sur le globe?
dire que cela monte d'1 mètre cela représente 1 m3 de glace à fondre multiplié par la surface totale des océans...il y a combien de m3 de glace sur terre??
qui a intérêt a annoncer des théories catastrophiques?
BOUDEY philippe Marmande - 22/12/2007, 18:45
Enfin , un point de vue où la raison l'emporte sur la passion . Le principe de chronologie comparative devrait être expliqué aux médias , voire à certains "scientifiques" ; cela éviterait le déferlement d'inepties que nous constatons . Malheureusement un courant sous-marin engendré par des théories fumeuses telles que les "anti-darwinismes" et autres "scientologismes " , donnent du grain à moudre aux bénéficiaires de l'auditorat "people" contemporain .
Philippe - Québec - 22/12/2007, 08:03
Je me trompe peut-être, mais je trouve tes requêtes plutôt utopiques. On est quand même au bas mot 6.5 milliards d'habitants, une conscience de masse si pointue de la climatologie est illusoire.

Le plus important est que le citoyen soit juste sur le fond. Je veux dire par là ; le problème commence à peine - il est sérieux - il est plus qu'urgent d'agir.. Une conscience sommaire de masse juste sur le fond, pour ensuite appliquer une pression correcte sur les gouvernements. Un objectif à atteindre qui est de toute façon déjà gigantesque.

Je ne pense pas que toutes ces clarifications soient d'une nécessité absolue pour les masses, tant qu'elle ne fausse pas le fond des idées. Je ne veux pas encourager la désinformation, mais si le peu de sensationalisme dont les médias font preuve en la matière peut inciter monsieur tout le monde à s'intéresser à l'environnement, pourquoi pas. En faire un peu trop aura été un luxe moins risqué que d'en trop trop peu.

Le juste milieu est lui aussi illusoire en ce monde.
xyvi-londres - 21/12/2007, 11:26
Requêtes au GIEC


Par Prof. Syun-Ichi Akasofu, Professeur Emérite de Physique, fondateur du Centre International de Recherche Arctique (IARC) de l'Université de Fairbanks Alaska, directeur de l'IARC entre 1998 et janvier 2007.
Avant cela, Prof Akasofu a été Directeur de l'Institut de Géophysique (1986-1999) où il a concentré les efforts de l'Institut sur la recherche arctique.



Nous rencontrons des termes scientifiques tels que changement climatique, réchauffement global, effet de serre et dioxyde de carbone plus d'une fois chaque jour dans les journaux papiers, radio, télé ainsi qu'au fil des conversations. Cela doit être la première fois dans l'histoire des sciences qu'un sujet scientifique spécifique attire autant l'attention du grand public. En tant que scientifique, je me réjouis de cet intérêt du public pour la science. Malheureusement, j'ai bien peur que ce grand intérêt pour la climatologie est largement le résultat d'une prolifération de nouvelles confuses des médias basées sur une mauvaise interprétation des informations au sujet de l'effet de serre du CO2.

Si le GIEC veut représenter ce domaine scientifique particulier, il est de sa responsabilité de rectifier la grande confusion et la mauvaise interprétation des faits scientifiques dans l'esprit du public. Certains des points qui demandent des clarifications et des actions sont :

1. Définir changement climatique, réchauffement global, l'effet de serre d'origine humaine et demander au public de cesser d'utiliser ces termes comme des synonymes (ceux qui font cela ne savent pas de quoi ils parlent).

2. Demander aux médias d'arrêter d'utiliser les scènes de larges blocs de glace tombant à l'extrémité et la fonte printanière de l'Arctique pour illustrer l'effet prétendu de serre d'origine humaine. Les glaciers sont des "rivières de glace", donc leur ablation est normale et la fonte de printemps est un événement annuel normal ; ces deux phénomènes se sont produits depuis des temps géologiques.

3. Demander aux médias de cesser de montrer des maisons s'effondrant sur le permafrost pour illustrer le résultat de l'effet de serre d'origine humaine. Cet effondrement est dû à une construction impropre qui laisse la chaleur de la maison fondre le permafrost dans la fondation.

4. Dire que la glace de l'Océan Arctique n'est pas un seul plateau de glace. L'Arctique est recouvert de la glace de mer qui change considérablement à cause du vent et des courants océaniques, pas seulement à cause de la fonte.

5. Attirer l'attention sur le fait que les phénomènes anormaux, extrêmes et inhabituels ne sont pas directement liés à l'effet de serre d'origine humaine. L'effet de serre d'origine humaine est représenté par une hausse lente de température à un rythme de 0,6°C/siècle.

6. Reconnaître que l'utilisation de la dite "crosse de hockey" dans le Résumé pour Décideurs de 2001 est inappropriée. Elle montre une hausse soudaine de température aux environs de 1900 après une baisse lente pendant 900 ans, en donnant l'impression d'un "changement climatique abrupt".

7. Reconnaître que le réchauffement actuel n'est pas inhabituel ou anormal par rapport aux changements de températures passées. Il y avait eu de nombreux périodes plus chaudes que l'actuelle, qui avaient duré des centaines d'années, pendant l'interglaciaire actuel qui a commencé il y a 10,000 ans.

8. Faire la distinction entre l'effet de serre d'origine humaine et une grande variété de destructions environnementales faites par l'homme qui sont souvent mis dans le même sac par les activistes de la théorie de l'effet de serre d'origine humaine. Sont inclus dans ces destructions la surexploitation des forêts et de la pêche, la pollution, l'extinction de certaines espèces.

9. Arrêter les nouvelles des médias qui disent que le niveau des océans a déjà augmenté de plusieurs mètres ces 50 dernières années. D'après le rapport 2007 du GIEC, la vitesse de la montée est de 1,8 mm/an donc le niveau des océans est monté de 9 cm pendant les 50 dernières années.

10. Les scientifiques qui étudient les données satellites ne doivent pas utiliser le terme de changement "sans précédent". Ils n'ont pas de données satellites avant les années 1970 et ne peuvent pas dire si un changement est "sans précédent", même comparé aux événements entre les années 1930 et 1940, car ils n'ont pas de données comparables.

11. Encourager les médias de masse à ne pas reprendre des annonces scientifiques sensationnelles qui pourraient ne représenter l'opinion d'un seul scientifique ou de quelques-uns uns. Les journalistes qui ne sont pas familiers avec les phénomènes arctiques ont tendance à rapporter les événements normaux comme anormaux.

12. Rappeler aux scientifiques de faire attention de ne pas suggérer des scénarios possibles de désastres liés à l'effet de serre sans avoir de bases scientifiques solides.

Je pense que ce sont des requêtes raisonnables, qui n'ont pas besoin d'être débattues. Le public est alarmé et donc se sent concerné par le changement climatique largement parce qu'il est dans la confusion à cause des points exposés ci-dessus et d'autres désinformation et mauvaises interprétations, pas parce qu'il est particulièrement intéressé par la climatologie. Les gens rappellent ces points et d'autres points non compris quand je discute avec eux au sujet du réchauffement actuel. Je suis inquiet d'un inévitable retour de flamme contre la science et les scientifiques, quand le public prendra connaissance des informations correctes au sujet du changement climatique. Même si le GIEC n'est pas directement responsable de cette confusion, il doit prendre ses responsabilités et entreprendre les actions nécessaires pour rectifier la situation.

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