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Mesures d'urgence requises face à la flambée des cours des produits agricoles

3134 lectures / 5 commentaires19/12/2007, 09:32
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A l’heure actuelle, 37 pays dans le monde sont confrontés à des crises alimentaires du fait de conflits et de catastrophes naturelles. En outre, la sécurité alimentaire est mise à rude épreuve par la hausse sans précédent des cours des produits agricoles provoquées à la fois par des stocks mondiaux à leur plus bas niveau historique, des sécheresses et des inondations dues au changement climatique, les cours élevés du pétrole et la demande croissante sur les biocarburants. Les cours internationaux élevés des céréales ont déjà provoqué des émeutes dans plusieurs pays.

Dans son bulletin Perspectives de l’alimentation de novembre 2007, la FAO estime que le coût total des importations de denrées alimentaires des pays à faible revenu et à déficit alimentaire en 2007 dépasserait 107 milliards de dollars, soit environ 25 pour cent de plus que l’année précédente.

"Des mesures urgentes et novatrices sont nécessaires pour prévenir les effets négatifs d’une escalade ultérieure des cours élevés des produits agricoles et pour doper rapidement la production alimentaire dans les pays les plus touchés", a déclaré le 17 décembre M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, au cours d’une conférence de presse au siège de l’Organisation, à Rome.
"Sans un soutien, les agriculteurs pauvres et leurs familles dans ces pays ne seront pas à même d’affronter la crise. L’aide à court terme aux ménages pauvres et vulnérables des zones rurales pour leur permettre de produire davantage est un moyen efficace de les mettre à l’abri de la faim et de la sous-alimentation", a ajouté M. Diouf.

La FAO lance un appel pour une action urgente visant à améliorer l’accès aux intrants pour les petits paysans dans les pays à faible revenu et à déficit alimentaire qui dépendent largement des importations alimentaires. Il s’agit notamment d’engrais, de semences et d'autres intrants destinés à doper, en particulier, la production agricole locale.
Dans ces pays, il serait possible d’améliorer l’accès à ces intrants en délivrant aux paysans pauvres des bons pour l’achat de semences, d’engrais et d'autres intrants destinés aux principales cultures vivrières. Cela devrait accroître la production alimentaire locale et atténuer la menace persistante de sous-alimentation aiguë pour des millions de personnes.

La FAO soutiendra un programme modèle qui jouera un rôle de catalyseur, en étroite collaboration avec le secteur privé. Dans le même temps, la FAO aidera les pays à mobiliser les ressources requises pour renforcer à la fois leur capacité productive, leur accès aux marchés et d’autres mesures assurant la sécurité alimentaire des ménages à long terme.

Succès au Malawi

"Quelques pays, notamment le Malawi, ont montré qu’il était possible de doper la production alimentaire locale en remettant aux paysans des bons pour l’achat d’intrants agricoles", a indiqué M. Diouf.
"Le programme Malawi, aidé par de bonnes précipitations, a débouché au cours des deux dernières années sur des résultats spectaculaires, la production de maïs ayant dépassé, en 2006-2007, d’un million de tonnes métriques les besoins nationaux. La valeur de la production excédentaire était le double de l'investissement. Plusieurs petits paysans en ont profité et accru leur production pour couvrir leur propre consommation. Le succès enregistré au Malawi pourrait être transposé à d’autres pays confrontés à un environnement de production alimentaire contrariant."

Certes, les interventions à court terme ne sauraient remplacer les investissements à moyen et long terme visant à renforcer la capacité productive des pays ciblés. "Au contraire, a ajouté M. Diouf, nous cherchons à alléger le fardeau des coûteuses importations alimentaires qui pèse sur les gouvernements afin qu’ils puissent se concentrer sur des solutions à long terme. Les investissements à court terme doivent être immédiatement accompagnés de mesures pour assurer la maîtrise de l'eau, développer les infrastructures rurales, améliorer la fertilité des sols et garantir la durabilité à long terme de la production agricole."

La FAO financera un programme modèle d’interventions avec les ressources mises à sa disposition par les pays membres et encouragera les gouvernements nationaux, les institutions internationales et d’autres bailleurs de fonds à reproduire et à amplifier les interventions réussies, en droite ligne avec les initiatives internationales en cours.

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Liens

Countries in crisis requiring external assistance - FAO (en anglais)
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Auteur

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5 commentaires sur cette actualité !

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commentaire Arnaud D. Bénin/Cotonou - 04/01/2008, 11:45
Cette reforme de la FAO vise, à nous rendre dépendant des intrans jusqu'à la destruction de nos terres que provoquerait l'utilisation ubusif des engrais/pesticides chimiques à long terme. Alors même qu'on parle de développement durable. Les importations dont semble se préocupé M. Diouf s'imposeront ensuite à nos peuples. Quel est l'objectif de la FAO? Dépossédons- les de leurs terres, pour leurs imposer nos produits.
Si l'on investissait pour une agriculture biologique ...

adhouenon@gmail.com
commentaire Gaëtan, Strasbourg - 22/12/2007, 22:53
Oui, apparement la FAO exporte le modèle de production intensive à travers les engrais et pesticides... J'ai l'impression qu'on cherche de nouveaux débouchés et ainsi la vente de produits alimentaires serait remplacée par la vente des intrants chimiques.

Pour Mustapha, oui en France les courses alimentaires augmentent aussi et plus vite que les salaires ... et les classes moyennes commencent aussi à le resentir.
Ce schéma doit ètre malheureusement le même dans une majorité de pays...
commentaire lionel gaulier chantilly - 19/12/2007, 13:04
bien sur qu'il existe d'autres solutions mais monsieur diouf qui a déja changé d'avis sur la capacité de l'agiculture bio a nourrir le monde ,fait a nouveau fausse route il existe des association qui oeuvrent pour l'agriculture bio de proximité et contre l'exode rurale dans ces pays et cela marche trés bien .Je me demande si un jour on va y arriver c'est décourageant..
commentaire LAMIRI Mustapha - Rabat - 19/12/2007, 10:19
Bonjour,

Au Maroc, faire ses courses alimentaires aujourd'hui coûte plus cher qu'hier. hausse des prix des produits alimentaires et stagnations des salaires. Même les classes moyennes, elles sont menacées par cette situation précaire. S'il s'agit des répercussions négatives de l'effet de serre, le citoyen marocain dit qu'i est victime de la pollution de l'air et c'est les pays industriel et riches qui sont bénéficiaires.

Cordialement,

Lamiri Mustapha
E mail : lamiri_mustapha@yahoo.fr
commentaire Paul J. de Graau/Lentilly/69210 - 19/12/2007, 10:04
Bonjour,
Dans votre texte : "améliorer l’accès aux intrants.../... Il s’agit notamment d’engrais, de semences et d'autres intrants destinés à doper, en particulier, la production agricole locale."
=
N'existe t-il donc aucune solution pour faire en sorte que ces paysans atteignent au moins l'autosubsistence sans recourrir aux engrais/pesticides chimiques qui les rendraient totalement dépendants des modèles de l'agriculture intensive (et de leurs promoteurs) alors que nous en mesurons les dégats désastreux ?
Et le transfert de technologies dont l'ONU et l'UE nous parlent à Bali et ailleurs ?
La culture du coton bio/équitable (par exemple) semble faire des progrès au Mali tout en correspondant à une demande accrue sur les marchés européens et c'est certainement, comme celui du Malawi un autre modèle à suivre.
Paul J. de Graauw
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