Aujourd'hui s'ouvre la conférence de Bali sur le réchauffement climatique. Ces deux semaines de négociations seront l'occasion de rallier les plus gros pays émetteurs de gaz à effet de serre dans la préparation de l'après Kyoto, pour un accord global dès fin 2009.
Quelque 190 pays sont représentés à Bali, une île indonésienne, et plus de 10 000 délégués dont de nombreuses ONG assistent à la
13ème conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et la 3ème réunion des parties au protocole de Kyoto.
La conférence de Bali doit être l'occasion d'initier un nouvel accord mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui sont responsables de changements climatiques inquiétant pour la stabilité des sociétés humaines.
Les objectifs de cette réunion internationale de deux semaines qui se terminera le vendredi 14 décembre sont :
- de rallier les principaux émetteurs de CO2 (Chine, Etats-Unis, Australie, Inde...) aux nouvelles négociations qui devraient durer deux ans
- de préparer l'après Kyoto, accord qui prend fin en 2012, avec une "feuille de route" qui doit conduire à un accord climatique global d'ici fin 2009
Yvo de Boer, secrétaire de l'ONU en charge des questions climatiques a souligné que le nouvel accord devra être conclu avant la fin de l'année 2009 pour éviter qu'il y ait un "vide" à la fin de la première phase du protocole de Kyoto, en 2012. En effet, plusieurs années seront nécessaires pour obtenir la ratification du document final.
Les pays riches doivent s'engager plus fortement alors que tous les indicateurs sont catastrophistes
"La première chose que devraient faire les pays riches serait de balayer devant leur porte et de commencer à réduire leurs émissions", a déclaré à Reuters, à Bruxelles, Rajendra Pachauri, le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), lauréat du Prix Nobel de la paix 2007 avec l'ancien vice-président américain Al Gore.
Cette déclaration est justifiée par l'absence d'impact des mesures globales prises dans le cadre du Protocole de Kyoto. En effet, en 2006, la teneur moyenne en dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère terrestre a atteint
les plus hauts niveaux jamais enregistrés et
les émissions de GES (gaz à effet de serre) mesurées nous placent pour le moment dans les pires scénarios établis par le Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) qui se traduit par :
- une hausse des températures de 6,4°C
- une augmentation du niveau des océans de 60 cm
- une concentration en CO2 de 1 550 ppm.
Ce qui équivaut à un bouleversement total des écosystèmes et des sociétés humaines...
Yvo de Boer a déclaré lors d'une conférence de presse que "cette réunion répond à une urgence désormais sans précédent (...) Nous avons deux semaines très remplies qui s'annoncent, deux semaines au cours desquelles les gouvernements ont une occasion cruciale de fournir les réponses politiques à ce que nous dit la communauté scientifique (...) Nous voyons déjà de nombreuses conséquences du réchauffement climatique", a t'il déclaré énumérant la fonte des glaciers, les sécheresses et l'élévation du niveau de la mer. "Nous avons emprunté un chemin très dangereux".
L'Australie se décide à ratifier le protocole de Kyoto
Le nouveau Premier ministre australien, le travailliste Kevin Rudd, a annoncé ce jour que son pays, l'Australie ratifierait enfin le protocole de Kyoto. La question du réchauffement climatique avait été un des grands thèmes de la campagne des travaillistes australiens, qui ont remporté les élections législatives du 24 novembre, après 11 ans de pouvoir conservateur.
Les Etats-Unis se retrouvent donc le seul pays développé à ne pas avoir ratifié le protocole de Kyoto. L'administration Bush juge notamment que les restrictions induites par cet accord sont injustes car elles n'engagent pas les grandes économies en développement comme la Chine (
premier émetteur de CO2 au monde) ou l'Inde. De plus, les Etats-Unis refusent toute entrave à son développement économique qui s'oriente toutefois de plus en plus massivement vers des technologies moins polluantes telles que l'hydrogène ou le charbon "propre". Et, le président américain George Bush a reconnu la nécessité de "réductions substantielles" des émissions de GES et l'importance d'un accord avant la fin 2009.
La Chine, comme les Etats-Unis ont promis de faire preuve d'ouverture et de flexibilité lors de la conférence de Bali. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao, lors d'un entretien téléphonique dimanche avec le secrétaire-général de l'Onu Ban Ki-moon, l'a assuré que la Chine adopterait une attitude « active, responsable et constructive » lors de la conférence de Bali selon RFI.
Enfin, les pays émergents craignent notamment que la lutte contre le réchauffement ne nuise à leurs efforts pour s'extraire de la pauvreté.
Les objectifs de la France dans les négociations
M. Jean Louis Borloo, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durables représentera la France. La secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, et l’Ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique, M. Brice Lalonde, participeront également aux travaux.
La France s’inscrit dans
le cadre de l'Union européenne (UE), et particulièrement
les conclusions du Conseil européen de mars 2007 qui a pris l'engagement de réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur niveau de 1990 d'ici 2020. La France souhaite que la conférence de Bali débouche sur des résultats ambitieux, capables d’apporter une réponse globale aux défis du changement climatique, notamment :
- la mise en œuvre satisfaisante du protocole de Kyoto pour la période 2008-2012
- la nécessité de pérenniser et de développer les mécanismes du protocole de Kyoto
- et la définition d’une contribution différenciée des pays émergents et des autres pays en développement.
"Nous avons besoin de vraies négociations à Bali", a déclaré Arthur Runge-Metzger, qui conduit la délégation de l'UE.
En savoir plus
Notes
Le protocole de Kyoto a été conclu en 1997 lors d'une conférence de l'ONU au Japon. 175 pays l'ont ratifié et 36 pays industrialisés sont tenus de réduire leurs émissions combinées de six importants gaz à effet de serre sur une période de cinq ans, entre 2008-2012, de 5% par rapport à 1990.
Liens
United Nations Climate Change Conference, Bali, Indonesia, 3-14 December 2007
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le changement climatique
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