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Impact des grèves sur la qualité de l'air en Ile-de-France

3211 lectures / 7 commentaires27/11/2007, 14:05 - mise à jour : 27/11/2007, 15:25
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Les grèves des semaines dernières, en perturbant fortement l'utilisation des modes de transport collectifs ont augmenté l'usage de l'automobile et des deux roues au détriment à la fois de la qualité de l'air et de la santé des franciliens.

Pendant plus de 10 jours, du mercredi 14 novembre au jeudi 22 novembre, une partie des salariés de la RATP et de la SNCF ont fait grève pour protester notamment contre la remise en question des régimes spéciaux. Cette grève, largement suivie en Ile-de-France a eu des conséquences immédiates sur les 37 millions de déplacements quotidiens de la région.
La région Ile-de-France relativement bien pourvue en transports collectifs a donc été fortement affectée par la grève et le premier report s'est naturellement effectué vers l'automobile et les deux roues. Ainsi, le matin dès 8 h 30, le cumul kilométrique des embouteillages atteignait certains jours plus de 350 km contre 250 km en temps normal dans la région Ile-de-France.
L'augmentation du nombre de véhicules motorisés sur les routes additionnée à une congestion nettement plus marquée a eu des conséquences directes sur la qualité de l'air même si l'impact général est difficile à évaluer comme l'indique Airparif puisque le facteur météo est également prépondérant dans la dispersion ou l'accumulation des polluants.

Un impact limité ou amplifié selon la météo

Selon Airparif, "si le temps est nuageux, venteux ou pluvieux, les polluants se dispersent dans l'atmosphère et expliquent des indices Atmo de qualité de l'air relativement bons. Par contre, en cas de temps stable (conditions anticycloniques avec absence de vent et inversions de température), conjugué avec un trafic soutenu, les polluants comme le dioxyde d'azote et les particules peuvent s'accumuler. C'est par exemple ce qui s'est produit le samedi 17 novembre où une mise en vigilance a été faite par Airparif. Le niveau d'information pour le dioxyde d'azote n'a finalement pas été atteint. En revanche, le seuil de 80 µg/m3 a été atteint pour les particules. Cette concentration correspond au niveau d'information prévu par la circulaire ministérielle du 12 octobre." Rappelons que la moitié des particules sont émises par les véhicules diesel et que leur taille microscopique leur permet de pénétrer profondément dans nos poumons entraînant des riques pour la santé : cancers du poumon, maladies cardio-respiratoires...

+ 7% de rejets de benzène en Ile-de-France

Les mesures effectuées toutes les heures par Airparif nous livrent quelques éléments de comparaison grâce au modèle de calcul développé dans le cadre du projet européen Heaven. "Les résultats de cet outil informatique sont disponibles quasiment en temps réel sur le site Internet d'Airparif. Une comparaison entre les niveaux émis pendant la première semaine de grève (du 15 au 20 novembre) par rapport à la semaine précédente (du 8 au 13 novembre) montre notamment des niveaux 7% plus élevés en Ile-de-France pour le benzène, polluant cancérigène. Cette hausse atteint 13% si on se concentre sur Paris intra-muros. On observe la même tendance sur le monoxyde de carbone, autre polluant caractéristique d'un trafic congestionné : + 10% en Ile de France, + 16% à Paris. Par contre, les quantités d'oxydes d'azote rejetés augmentent peu (2% en Ile de France, 4% à Paris) car ils sont plus émis à des vitesses élevées."

Les automobilistes et les cyclistes les plus touchés

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le recours systématique à la voiture et l'allongement des trajets dus à la circulation congestionnée ont surtout un effet néfaste pour les automobilistes. Ils respirent en effet des niveaux de pollution près de deux fois plus élevés que les piétons. Ces niveaux de pollution sont d'autant plus importants que les conditions de circulation sont mauvaises, car ce sont essentiellement les véhicules avoisinants qui influencent la qualité de l'air que l'on respire au volant. Ces résultats sont le fruit de récentes campagnes de mesure effectuées à bord d'un véhicule. Les conducteurs de deux roues motorisés sont également fortement touchés par la pollution avec laquelle ils sont en contact direct.

De plus, profitant de la mise en place récente du système de location de vélo Vélib', de nombreux parisiens se sont reportés avec plus ou moins de chance sur le vélo, redécouvrant un moyen de transport aux multiples vertus. Ainsi, selon des données fournies par JCDecaux, l'exploitant des Velib', les vélos ont été utilisés deux fois plus qu'en temps normal avec, par exemple, près de 175 000 utilisations le 16 novembre.
Cependant, évoluer en vélo au milieu d'une circulation dense émettant de la pollution reste préjudiciable pour la santé, d'autant plus que l'effort fourni à vélo provoque une augmentation de la ventilation pulmonaire nécessaire pour oxygéner les muscles. Cette ventilation supplémentaire se traduit inévitablement par une exposition accrue aux polluants atmosphériques...
Au delà de la qualité de l'air, les grèves ont entraîné une augmentation de 70% des accidents sur la voie publique a indiqué la Préfecture de Police qui note que pour les journées des 15 et 16, les deux-roues à moteur constituent plus des deux tiers des accidents avec plus de 68%, les piétons plus de 13%, les cyclistes 12,6% (au lieu de 6,7% en temps normal) et enfin les automobilistes seulement 5,4%.

Les grèves pourraient-elles initier le retour du vélo ?

Ces grèves pourraient être un levier supplémentaire pour un report modal de l'automobile vers les transports alternatifs, mais l'exemple des grèves de 1995 montre que l'effet est resté limité à la période des perturbations et que les "mauvaises habitudes" ont rapidement repris le dessus.
Toutefois, avec les excellents résultats de Vélib' sur Paris et le doublement prévu du nombre de vélos disponibles pour la fin de l'année, il est possible que les parisiens y voient une alternative intéressante, du moins si le temps s'y prête avec l'hiver qui ne devrait tarder.
Condition indispensable : la démocratisation du vélo à Paris doit s'accompagner de la mise en place de pistes cyclables sécurisées, non accessibles aux véhicules motorisés, voire abritées avec des haies végétales qui diminuent l'exposition aux polluants issus de la circulation routière. Force est de constater le manque de cohérence entre d'un côté la mise à disposition louable de vélos pour le plus grand nombre et la faiblesse du dimensionnement du réseau cyclable, même si la ville de Paris compte 370 km de pistes cyclables.

En savoir plus

Références

Plus de polluants émis en période de grève

Liens

Notre page sur la place de l'automobile
Notre page sur les gestes éco-citoyens dans les déplacements
Notre dossier sur la pollution atmosphérique
En discuter sur notre forum dédié aux transports

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15/07/2007 Paris inaugure Velib', le vélo en libre-service

Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)
7 commentaires sur cette actualité !
Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !
Laísa -Brésil - 07/01/2008, 23:26
C'est indispensable
olive paris - 07/12/2007, 17:34
mais arretez tous utant que vous êtes de parler d'otage, y apas de prise d'ptag en france ou peu alors ne mélangé pas tout, et de totue facon, greve ou pas greve dans 20 ans nous serons tous a pied en velo en tram et en trai alors arretez de vous plaindre bande de privilégié insatisfait

"L'homme est grand parce qu'il decide, non pas de creer mais de ne pas étruire"

la galère aujourdh'ui c'est clle de tout le monde, le rechauffement planetaire du a vos industrie et vos caisses !!!
hématite - 29/11/2007, 10:43
Mon message était plus en rapport au commentaire. Enfin, passons.
Christophe Magdelaine - notre-planete.info - 28/11/2007, 15:43
@ hématite : cet article est un constat sur l'impact des grèves pour la pollution de l'air, pas une réprimande envers les grévistes, d'ailleurs cela n'apparaît à aucun moment et cela n'est aucunement l'objet du site.
Je dirais même plus : l'article permet de mettre en évidence la pertinence des transports collectifs face à des modes alternatifs encore trop fragiles : une raison de plus de soutenir les transports en commun !
hématite - 28/11/2007, 14:36
Je voulais écrire un commentaire lorsque j'avais lu cet article et puis j'ai dit non c'est pas la peine. Mais bon, j'ai trouvé un peu facile de mettre sur le dos des grévistes la pollution de l'air. Les gens ont le droit de se défendre. Ce qui fait que tout le monde crie pour cette gêve c'est que ça leur toucche dans leur quotidien. On ne les entendait pas trop pour les urgetistes ou autres.. vu qu'ils font grêve tout en continuant d'assurer leur services. Fondamentalement à quoi ça sert de faire grêve si tu travailles encore (ok pour le service santé)... !? je ne dis pas également c'est bien ou c'est mal. Y a pas mal de chose qui pollue et parfois beaucoup plus que durant cette grêve.
.. étant actuellement dans la région Iles de France depuis quelques mois et bien je ne me baladerais surement pas en vélo!! Pourquoi? car les automobilistes ici roulent anarchiquement ! Même en voiture c'est dangeureux alors en vélo!!.. et pourtant lorsque j'étais à Lyon je circulais à vélo (avant les vélib).
alain AIRAULT (Illkirch - 67) - 28/11/2007, 06:54
Une belle incohérence avec le Grenelle qui préconise l'utilisation des transports publics. Là la France déraille ! Dommage.
La facilité de la RATP et de la SNCF à se mettre en grève et à prendre les usagers en ôtage encourage le recours à la voiture : allez dire alors à leur conducteur qu'ils émettent du CO2 et favorisent les pics d'ozone surtout si dans leur cas le recours au vélo ou à la marche entraîne des temps trop longs... Et je suppose qu'à cause de ces mêmes grèves, certaines entreprises ont renoncé à faire transiter des marchandises via le ferroutage.
En ce qui est de Strasbourg, la Communauté des Transports Strasbourgeois s'est mise en grève non le 18 mais le 19 Octobre... 2 heures de marche le soir, mais les bouchons étaient assurés avec la voiture. Pas de grève en Novembre, un bon point. Il est vrai que le tram, s'il s'est récemment étendu, est souvent bondé et perturbé, et des quartiers ne sont pas encore desservis. Quant au bus, il reste sujet à des problèmes d'accessibilité, aux manques de fréquence et aux aléas de la circulation.
Je n'ai pas de position tranchée sur les bonnes ou mauvaises raisons qui peuvent pousser les cheminots et personnels de la RATP à se mettre en grève, certainement moins les retraites que les manques d'effectifs, de moyens ou les problèmes de sécurité : là aussi à nous usagers de respecter le transport public, les comportements sont loin d'être toujours vertueux. Pour Strasbourg, que de piétons cyclistes ou automobilistes qui coupent devant les tram, forcent les portes à la montée. Mais si revendications, n'existe-t-il pas d'autres recours que la grève ne pénalisant pas les usagers ?
Sinon le vélo est bien sur une bonne alternative en ville, pour ceux qui peuvent l'utiliser. Les pistes cyclables doivent être plus sures, je suppose que la tâche est énorme à Paris et dans d'autres villes en dépit du vélib et de quelques progrès récents (pour avoir circulé dans Paris en vélo ça fait 6 ou 7 ans, il fallait le vouloir, et être habitué). La CUS (Communauté Urbaine de Strasbourg) a la chance d'avoir un réseau cyclable bien étoffé, malgré certaines "hérésies" style saute de trottoir pour passer de la rue à la piste ou bande cyclable débouchant sur... une place de parking !!! ou encore des sorties dangereuses sur des rues très fréquentées. Des points améliorables. Le piège, c'est surtout le stationnement sur les pistes et trottoirs, les piétons et cyclistes qui ne regardent rien et roulent trop vite aux carrefours ou dans la foule, au risque de se faire surprendre. Indispensable sonnette, car un petit cling vaut mieux qu'un grand choc ! Là encore, rappeler les règles de circulation, et accepter que la vitesse du vélo décroisse un peu avec la densité. Même avec l'allure du promeneur du dimanche, le cycliste urbain est gagnant côté santé, porte monnaie et aussi côté temps s'il parcourt moins de 5 kilomètres.
Le développement des vélos à assistance électrique est à promouvoir : la petite reine verra sa cote s'élever en terrain accidenté ! Et pour les transports publics, OUI au service minimum, au droit à un transport pour aller bosser ! Et oui aux vélos dans les trains, sous réserve d'aménagement des rames bien entendu ! Le transport public n'a pas été assez soutenu jusqu'ici surtout celui de proximité (le TGV, belle réussite, ne fait pas tout, et profite surtout aux grandes viles). Espérons qu'après le "grenelle" la situation va réellement changer. Une question de temps. Affaire à suivre.
SNCF : la galère ne vaut-elle que si elle est partagée par tous ? Pour l'humour si vous galérez trop, prenez vos RTT (Rollers Tout Terrain).
Jérôme - Montréal - 27/11/2007, 23:17
"Condition indispensable : la démocratisation du vélo à Paris doit s'accompagner de la mise en place de pistes cyclables sécurisées": submergez la ville de vélos et même les automobilistes vont unir leur voix pour réclamer des aménagements cyclables. ;-)
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