
crédit : IBM
Grâce à une nouvelle méthode de recyclage, IBM est désormais capable de récupérer les plaquettes non commercialisables de silicium, sur lesquelles sont gravés les processeurs, pour les revendre aux producteurs de panneaux solaires.
Le constructeur américain s’intéresse à l’industrie solaire. Il annonce la mise en place d’un procédé permettant de recycler les wafers, les galettes de silicium sur lesquelles sont gravés les circuits des processeurs destinés aux ordinateurs, téléphones portables et autres appareils électroniques. Ce, afin de les vendre aux fabricants de panneaux solaires, dont elles sont le principal composant. La méthode permettra de récupérer les wafers non commercialisés en raison d’une erreur de fabrication.
Selon
IBM, ces derniers représentent 3,3 % des 250 000 unités produites chaque jour. Soit un potentiel d’environ trois millions de plaquettes par an qui permettraient de générer plus de 13,5 mégawatts d’électricité.
Une méthode de recyclage propre
Jusqu’à présent, ces galettes, qui contiennent des gravures protégées par la propriété intellectuelle, étaient considérées directement comme des déchets technologiques. Le nouveau système permet de les rendre totalement vierges, et donc disponibles à la revente. Le tout, grâce à un procédé qui se revendique respectueux de l’environnement. Exit les produits chimiques, le système ponce les données inscrites à l’aide d’un tampon abrasif et d’eau déminéralisée. Et il semble d’ailleurs séduire, puisqu’il a reçu le prix 2007 du système de prévention antipollution le plus fiable par le
National Pollution Prevention Roundtable, une organisation à but non lucratif américaine dédiée à la lutte contre la pollution.
Vers une pénurie de silicium
Pour le secteur de l’énergie solaire, cette méthode permettra de disposer d’un nombre plus important de plaquettes de silicium. Une offre non négligeable à un moment où le matériau est considéré comme de plus en plus rare à trouver. « Un des principaux challenges auquel l’industrie solaire doit faire face est la faible quantité de silicium, qui risque de contrecarrer rapidement la croissance du secteur », explique ainsi Charles Bai, responsable financier de
ReneSola, une société chinoise spécialisée dans le solaire. D’ailleurs, il ajoute : « c’est pourquoi nous faisons appel à l’industrie du semiconducteur pour nous fournir le matériau de base dont nous avons besoin pour construire nos panneaux ».
Un nouveau marché pour les fabricants de semiconducteurs
IBM aurait-il trouvé la solution miracle ? Voilà qui n’a rien d’impossible, puisque la méthode lui permet également de commercialiser des composants qui étaient jusqu’ici considérés comme des rebuts. Déjà utilisée depuis un an dans son usine de Burlington (Vermont), elle sera bientôt étendue à d’autres sites de la société, notamment à East Fichkill, dans l’Etat de New York. Reste qu’IBM n’est pas le seul fabricant à recycler ses galettes de silicium.
Intel et
Texas Instruments revendraient ainsi chacun environ un million de wafers chaque année aux producteurs de panneaux photovoltaïques. Un nouveau marché est en vue…
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Mathilde Cristiani - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)